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  Election de la POUF du PAF 12 
On approche tout doucement de la fin de la saison télévisuelle 2008-2009 et c'est tout naturellement que l'instant pouf revient en force pour en faire le bilan.

C'est donc de la pouf de télé que je vais mettre à l'honneur : pas de pouf chanteuse cette fois-ci et, forcément, pas de Jennifer Ayache.

Mais attention, grosse nouveauté : je vous demande votre avis ! Une fois n'est pas coutume, c'est vous qui choisirez la meilleure pouf TV de l'année. Bien sur, je vous fais une petite présélection quand même histoire d'étaler toute ma culture télévisuelle, mais cela sera à vous de faire le choix final. Il faut être inscrit pour voter car on est pas aux Etats-Unis ici : on organise les élections proprement surtout lorsque l'enjeu est capital comme dans notre cas présent.

Vous avez jusqu'au 14 juillet, date de cloture des votes avant désignation officielle de la pouf télé nationale française. Passé ce délai, votre capital pouf sera majoré de 10% et vous serez condamné à passer le prochain casting de la Star Academy. Alors ne cédez pas cette fois aux sirènes de l'abstention comme vous l'avez déjà fait aux élections européennes (je vous ai vu bande de chenapans... ou plutôt je ne vous ai pas vu).

Avant d'aller déblatérer des insanités odieuses sur ces pauvres petites poufs de télé, faisons une petite analyse préalable pour se donner l'air intelligent et donner une caution intellectuelle à l'exercice pourtant tout à fait puéril de l'instant pouf, exercice qui vise surtout à se laisser couler le cerveau par les oreilles il va sans dire.

Cette année, la pouf en télé n'a pas été si omniprésente aussi surprenant que cela puisse paraitre. On n'est pas couché en est un exemple révélateur car c'est une émission qui s'est choisi des chroniqueurs grincheux en lieu et place de poufs potentiels. En fait, les poufs sont moins affichées partout mais infiltrent le paf de façon plus stratégique. Cette tendance ne s'applique qu'aux chaines hertziennes. Ce qui se passe sur l'ensemble des bouquets de la TNT, du sat, de la TV ADSL etc est bien plus classique avec de la pouf distribuée en pilote automatique. Une mention spéciale est attribuée à Direct 8 qu'on pourrait décorer du titre de chaine pouf. Ils sont même allés jusqu'à appliquer le concept de la pouf qui lit des histoires tard le soir. Ca va très loin.

Mais nous n'allons pas passer en revue toutes les chaines, faut quand même pas pousser mémé dans une piscine remplie de lames de rasoirs. Restons sur la base du PAF, c'est à dire les grandes chaines hertziennes, car cette élection doit être cadrée un tant soi peu (non mais). Les nominées sont :

* grand silence solennel *

Anne Sophie Lapix
C'est la pouf en vogue chez Canal+. Pouf alternative de la sélection et transfuge de TF1, son coup spécial est le sourire perpétuel.

En toutes circonstances, Madame Lapix maintient un sourire dentifrice lorqu'elle présente son émission Dimanche+. Au cours de ses interviews de politique, elle ne le lâche pas une seconde. Elle fait tout de même des "hmm hmm" très rapides pour se donner un genre lors des réponses de ses invités. Mais on voit bien qu'elle se fout éperdument de ce qu'ils racontent tant elle les presse à finir pour passer à autre chose. Lorsqu'elle doit poser des questions, elle se dépêche de les envoyer à la tête de l'invité dans une urgence incompréhensible. Peut être est-elle angoissée à l'idée de ne plus être en train de sourire ?

Bref, son dada, c'est son émission, c'est son sourire. Le reste ? Rien à bat'. Quelle pouf !


Flavie Flament
Pouf historique, Flavie Flament tient toujours et encore l'affiche des pouf télés. Elle maintient une constance tout à fait notable.

Collectionnant les émissions spectaculairement insipides, son côté pouf ressort nettement par contraste (la nature a horreur du vide). Elle partage visiblement notre point de vue tant son implication est criante par son absence. Faut pas avoir fait polytechnique pour s'apercevoir qu'elle n'est absolument pas concernée par ce qu'elle raconte.

En bonne et due pouf, la seule chose qui la préoccupe est son occupation de la scène. Celle-ci est nécessairement inversement proportionnelle à l'intérêt de l'émission présentée. Du coup, la nomination de Flavie est indiscutable.


Daniela Lumbroso
Daniela est le pendant "service public" de Flavie Flament. On pourra dire qu'elle se fait plus rare ces derniers temps mais cela aurait été une véritable faute professionnelle de ne pas la sélectionner pour l'ensemble de son œuvre. Il faut dire qu'elle arrive même à faire parler d'elle lorsqu'elle n'est pas là.

Son style mêlant à la fois niaiserie profonde et ton BCBG condescendant fait d'elle une pouf hors pair. Gageons que, comme à son habitude, la cygale Lumbroso saura revenir glandouiller un peu sur les plateaux télé à l'approche de l'été. Elle pourra alors confirmer que c'est une concurrente de poids dans la course télépoufisuelle.



Faustine Bollaert
Deuxième représentante de France Télévisions (qui a dit que le service public était en danger ?), Faustine Bollaert est une pouf qui s'est trouvée une pure planque pour travailler son narcissisme.

Jeune révélation pouf, son taff est de raconter quelques trucs qui lui passent par la tête à Vivement Dimanche. De temps en temps, elle va aussi récupérer deux trois vidéos trop lol sur l'internet des jeunes pour les montrer à papy Drucker (par exemple des funniest cat videos ever). Bien sûr, il ne s'agit là que de vagues prétextes pour justifier officiellement sa présence.

La mission de Faustine est avant tout de faire la pouf sur le canapé. Pas de doute là dessus, elle a du talent. Elle incarne le renouveau de la classe pouffienne.



Lio
Allez-vous me dire que je transgresse les règles de l'élection de la pouf télé en nominant la chanteuse Lio ? Allons, Lio, chanteuse ? Ne soyons pas hérétiques : c'est avant tout une pouf qui joue à la télé.

De peur que M6 qui l'a mis au jury de La Nouvelle Star se rende compte de la mascarade, Lio donne tout ce qu'elle a pour faire diversion. C'est alors carnaval tous les jours.

A cela s'ajoute un savoir faire incomparable pour parler d'elle même lorsqu'il s'agit des autres (en l'occurrence des candidats de La Nouvelle Star). Ça frôle l'expertise scientifique tant elle est capable de tout ramener à elle en toute circonstance.

Dans notre sélection, Lio est la seule qui n'officie pas dans l'animation proprement dite mais sa présence ici est largement méritée.


Impressionnant panel, n'est ce pas ? Alors, comme j'aurais dit à Julien Lepers : je laisse la main. A vous de pouffer !
Pour vous, quelle est la pouf du PAF ?

Il faut être inscrit pour voter
Anne-Sophie Lapix (vive les sourires bright)
9.1%
Flavie Flament (vive le rose)
18.2%
Daniela Lumbroso (vive la fête de la musique)
0.0%
Faustine Bollaert (vive les canapés)
36.4%
Lio (vive le carnaval de Rio)
18.2%
La réponse D
18.2%
Total votes: 11
 
Kylord @ 18/06/09 12 commentaires
  Deux jours à tuer ? 2 
Loin des festivités de Cannes célébrant un cinéma que nous ne pouvons pas voir (et qui récompense les films des réalisateurs avec lesquels a joué la présidente du jury, c'est du propre, encore magouille et compagnie ct'affaire) et loin des privilégiés qui vont voir en avant première des superproductions hollywoodiennes, je m'attarde ici sur le cinéma qui n'est certes pas tout récent mais qu'on peut voir en DVD ou à la télé (actuellement sur canal+).

Deux jours à tuer ? Serait-ce encore le titre d'un rappeur qui dérappe jusqu'à se faire traquer en justice par Eric Zemmour ? Ou serait ce plutôt le come back de Stalone dans les films d'action à trucider tout ce qui bouge ? Ou alors plutôt Bruce Willis qui tue tout le monde pour sauver tout le monde ? Ou s'agirait-il d'un docu sur des lycéens s'amusant à reconstituer des attaques terroristes à balles réelles avec leurs petits camarades de classe ? Bon... ou alors un film sur un mec qui se fait grave chier en week end et qu'on va suivre dans ses turpitudes pour essayer de s'amuser un peu ?

Lorsque Albert Dupontel se présente pour incarner le premier rôle, on écarte un certain nombre de ces éventualités. On va le retrouver dans la peau d'un cadre sup' qui va décider de prendre la tangente. C'est un doux euphémisme car on pourrait aussi dire qu'il pète les plombs. Boulot, femme, enfants, amis, tout y passe. Tout est remis en cause.

L'intérêt du film est dans la compréhension des raisons qui motivent soudainement Antoine (le cadre sup' joué par Dupontel) à envoyer valdinguer tout ce à quoi il s'était attaché par le passé. Le gros point fort du film est la justesse et le talent immense de Dupontel dans l'incarnation d'Antoine bien soutenu par une distribution judicieuse. Il est bien plus pertinent que dans son rôle de président dans lequel il avait du mal à trouver tous ses repères. Couplé avec une mise en scène intelligente qui nous donne des bribes d'information au compte goutte, les interrogations se succèdent et nous poussent à aller au bout de chaque piste donnée par le héros. Et ça, c'est brillant. Cela donne un intérêt quasiment métaphysico-philosophique au film qui atteint ainsi une portée mystique. Ce qui est en question, ce sont les fondations d'une vie. C'est pas rien et c'est pour cela qu'il est consacré par Monde de Merde(tm).

C'était tout trouvé pour Albert Dupontel. Il est comme un poisson dans l'eau à jouer des émotions qui mêlent folie, humour et révolte (ah la scène de la réception...) Il cultive cette ambiguité qu'il manie fort bien, celle qui contient un sens fort au premier degré mais qui semble toujours masquer un second degré ironique et cinglant. Il est au sommet de son art.

Alors si vous comptez regarder le film et que vous n'aimez pas tout connaitre à l'avance, je vous arrête tout de suite. Ne regardez pas la bande annonce car elle a été faite par des marketeux qui n'ont rien compris au principe de bande annonce. Au lieu de donner envie en laissant du mystère, ils te résument tout le flim en 2 minutes. Les cons. Ne lisez pas non plus ce qui va suivre car la deuxième partie de cet article vous machera le film. Alors j'attends là ceux qui vont voir le film pour qu'on revienne ensuite un peu sur l'histoire.

...

C'est bon maintenant ? tout le monde a vu le film, on continue ? (c'est trop fort les sauts temporels par l'écriture). Pour les deux du fond qui ne l'ont toujours pas vu, je vous mets la bande annonce (ben oui, elle résume tout) :



Au début, on se met à croire aux histoires de couple à la mord moi le noeud : "tu me trompes", "non c'est toi qui te trompes" et patati et patata. Puis les trucs louches arrivent. Les petits indices. Lorsque Mathilde la femme d'Antoine (jouée par Marie Josée Croze qui est aussi actuellement au cinéma avec Je l'aimais) se tape sa crise qu'Antoine encaisse avec aplomb, on est un peu dubitatif. Il en a rien à foutre ou bien ? Pourtant il enchaine lui aussi sur une bonne crise des familles. Alors quoi ?

Vous vous êtes sans doute demandé comme moi si Antoine au départ n'avait pas eu une simple mais efficace crise de lucidité. Si un événement anodin ou une envie grandissante de renouvellement lui avait fait prendre conscience de son existence dans toutes ses dimensions. Cela faisait du bien de voir ce personnage lacher ses 4 vérités à tour de bras et dont on sentait qu'il libérait son moi intérieur avec un plaisir délectable. Le réalisateur Jean Becker a d'ailleurs avoué qu'il avait construit ce personnage parce qu'il avait lui aussi ce désir secret de prendre des gens en face pour les crucifier sur place (et les casssssssseeeeeeeeeeeer).

Puis, à force de voir Antoine se mettre à agresser tout le monde avec une férocité peu commune, vous avez encore douté. Est-il tout simplement complètement givré ? Ensuite, on le voit se barrer je-sais-pas-où alors qu'il reprochait jusqu'ici à tout le monde de fuir la vérité. Qu'est ce que c'est que ce comportement totalement incohérent ?

C'est alors qu'on va commencer à comprendre le pourquoi de "deux jours à tuer" : c'est deux jours pour faire le point. Deux parties de film. Une partie sur le présent, une partie sur le passé. Comme La Rumeur à travers leurs morceaux (vous avez vu la continuité éditoriale ? c'est ça la puissance intellectuelle), Antoine aussi remonte à ses origines et revient sur son passé pour donner corps à son présent.

Finalement, on va avoir la compréhension ultime. Deux jour à tuer, c'était en fait... deux jours à être tué.

Deux jours pour être tué.

Seulement... il y a un message de conclusion quelque peu fataliste au delà de la simple mort inéluctable : serait-ce uniquement quand on voit venir la mort qu'on se met à défier la vie ? Y'a de quoi se flinguer.
Kylord @ 26/05/09 2 commentaires
  La Rumeur - L'ombre sur la mesure 3 
Suite à mes pérégrinations dans le monde adolescent, c'est dans les méandres du hip hop que je zigzague désormais armé des mes maigres doigts et d'une planche de plastique équipée de petits boutons poussoir (oui, un clavier). Ma mission : reconstituer le triptyque légendaire du rap français d'excellence. Le hip hop français de qualité retrouve en effet ses bases au travers de trois formations complémentaires (un jour je vous présenterai peut être ma théorie fumeuse de la règle de trois applicable à tout). Elles ont les trois un caractère commun : leur propos est marqué par une lucidité exacerbée.

Je vous ai déjà évoqué le cas du Klub des Loosers de Fuzati et son album Vive la vie. Il incarne la partie du triptyque représentant le cynisme monté en dérision. C'est une contestation individuelle face à un système qui le dépasse.

La deuxième partie du tryptique représente le mouvement dont le fer de lance est I am et son album L'école du micro d'argent, leur meilleur album sans aucun doute. I am incarne la conscience éclairée et le rap ludique. C'est une contestation civique face à une société d'inégalités. Le groupe étant tout de même très mainstream, je n'ai pas encore éprouvé la nécessité d'en faire une thèse dans ces colonnes. Peut être que je le ferai lorsque cela sera suffisamment dépassé de telle sorte que cela apparaitra totalement underground d'en parler (y'a une ligne éditoriale à tenir).

La troisième partie du tryptique - et c'est celle-ci qu'on va percer à jour - est La Rumeur et son album L'ombre sur la mesure. La Rumeur incarne la noirceur brute et rude dans la représentation triangulaire. Pas besoin d'inventer ici des raisons à la con pour donner une image underground, le groupe tenant un discours radical jusqu'à se faire poursuivre en justice par le Ministère de l'Intérieur. Cela met en exergue leur contestation politique face à un système d'injustices.



Etudions La Rumeur. Pour présenter la démarche du groupe, je ne vois pas meilleure façon que l'écoute de la première piste de l'album. Ce sont des extraits de textes de Frantz Fanon, psychiatre de son état et homme de luttes. Cette référence met en évidence un point qui n'est pas négligeable : les MC de La Rumeur se la jouent intellos et ce n'est pas seulement un style qu'il se donne. Les deux rappeurs qui constituent le noyau dur du groupe sont largement diplômés. Le premier, Ekoué, est sorti diplômé de Sciences Po et de Droit Public. Le second, Hamé, est titulaire d'un DEA de Cinéma et de Sociologie.

Les propos utilisés de Frantz Fanon ainsi présents sur cette première piste, parasitée par des interférences qui s'effacent progressivement, se renvoient la balle sous forme d'échos : cela évoque la rumeur qui s'apprête à se propager au fil de l'album. Les propos eux-mêmes servent à définir la rumeur et ce qu'elle évoque. Est-ce du concept ou du groupe dont il est question ? Sûrement les deux car le but est vraisemblablement de les confondre et ce n'est pas l'imagerie de l'album, plongée dans le noir avec quelques soubresauts de lumière, qui va me dire le contraire. Au final, on retiendra cette incantation finale : "il y a toujours un double discours dans la rumeur". La démarche est affichée et c'est peu dire qu'elle n'est pas prétentieuse tant les degrés de lecture sont riches. La qualité des morceaux qui vont suivre atteint un sommet jusque là peu égalé dans le hip hop français.


Rentrons dans le coeur du sujet. Le coeur à vif. Ce qui saisit d'emblée, c'est la spécificité des boucles utilisées dans les morceaux. Le beat est lourd, marqué, inspirant la mélancolie (la dureté d'un quotidien inévitable) et la nostalgie (le devoir de mémoire aux parents sacrifiés). Les samples sont jazzy pour certains comme sur L'ombre sur la mesure ou Le coffre fort ne suivra pas le corbillard, sans doute deux des plus puissants morceaux de l'album. Parfois, ils semblent venir d'une musique plus traditionnelle (Ecoute le sang parler, A 20000 lieux de la mer).

Comme Fuzati, pour Ekoué de La Rumeur, le rap est une instru sur laquelle on pose un flow et basta. Comme quoi, avec une démarche simple au départ, on peut aboutir à une œuvre aux multiples ramifications. On sent bien en effet qu'il y a une volonté essentielle et fondamentale de trouver une première boucle inédite qui va graver le flow dans le marbre de nos cerveaux malades.

L'autre aspect majeur qui nous saisit à l'écoute des premières minutes est la qualité littéraire extraordinaire au service du discours du groupe (je rêverais de voir les rappeurs de La Rumeur fermer le clapet d'Eric Zemmour même si c'est techniquement impossible à part avec un fer à souder). C'est dans la perspective de peindre sèchement une réalité crue que ce lyrisme profond et intérieur est mis en œuvre. Les mots sont justes mais aussi durs que les vérités exprimées.

Ok d'accord : dans L'ombre sur la mesure, on ne va pas se marrer mais on va aller au bout des choses et ça va être bien crade. Quoique, pas se marrer ? Si, peut être, mais d'un rire jaune. Voire noir. Les petites annonces du carnage est le symbole d'un humour cynique clamé qui rappelle la verve cinglante de Dieudonné avant qu'il ne parte en bad trip dans ses délires victimaires à qui mieux mieux. D'ailleurs, ce qu'on peut retenir de La Rumeur, c'est cela : une démarche initiale de mémoire et de révolte comparable à celle de Dieudonné mais appliquée avec une exigence intellectuelle portée aux nues. Point de dérive ici bas. Même quand le propos se radicalise, il prend corps dans un cheminement artistique intéressant et justifié. Les juges qui ont relaxé trois fois La Rumeur suite aux attaques du Ministère de l'Intérieur ne me contrediront pas.


Parlons-en du cheminement. Comme tous les grands albums de musique de ce monde, L'ombre sur la mesure est un tout. L'attention qui est portée aux interludes à la con entre les morceaux m'en est témoin (en fait ils sont pas cons, ils sont très intelligents). On repérera un fil conducteur particulièrement sophistiqué. Les premiers morceaux installeront un climat anxiogène (un mot qu'ils aiment bien les psychologues) avec la présentation d'un décor sombre (Les coulisses de l'angoisse, Je connais tes cauchemars) contre laquelle des réponses agressives seront données (Le prédateur isolé). Puis, parce qu'on ne peut pas tenir dans ces conditions, le groupe va prendre du recul : Ecoute le sang parler, Le cuir usé d'une valise, Moha. On remonte peu à peu aux origines des maux d'aujourd'hui, de ces générations urbaines d'origine immigrée et stigmatisées dans le malaise. Il est fascinant de remarquer à quel point ces phénomènes ancestraux sont admirablement décrits tant est si bien qu'ils semblent pouvoir se généraliser aux problèmes d'exclusion de toutes les sociétés humaines.

Puis... blam. La compréhension des maux d'aujourd'hui par la connaissance d'hier n'a pas du tout apaisé les esprits, bien au contraire. Cela n'a permis que de mieux cerner les injustices en cause. L'album finit alors dans une colère, une révolte qui ressurgit encore plus violemment qu'au début. Elle est tellement puissamment authentique qu'on sera surpris de trouver des morceaux aussi sublimes en fin d'album. Les plus belles illustrations sont Le silence de ma rue et A les écouter tous dans lequel on trouvera en featuring Le Téléphone Arabe (La Rumeur feat Le Téléphone Arabe, ça ne s'invente pas).



Contrairement à d'autres artistes qui terminent dans l'apaisement en fin d'album (les choses sont dites, voilà c'est cool), La Rumeur fait l'inverse et conclut par un morceau de sortie clair et net : "Un maximum de bruit, il reste plus que ça à faire".


La Rumeur n'a pas fini de circuler.
Kylord @ 20/05/09 3 commentaires
  Dexter VS Scrubs 12 
Notre monde de merde inaugure présentement une nouvelle saga : celle des « Versus ». Oh il ne s’agit pas de faire "Israel vs Palestine" ou bien "Sarko vs Sego" ou alors "Britney Spears vs Christina Aguilera" (l’instant pouf s’en occupe déjà bien assez), ni non plus "Street Fighter vs Mortal Kombat" (un peu vintage cette dernière comparaison, j’avoue). Bref, tous ces « Versus » sans surprise ne sont pas dignes de notre approche underground totalement alternative.

Les versus que nous allons entreprendre ici viseront plutôt à rapprocher des entités pour lesquelles le rapprochement n’est pas spécifiquement conventionnel et n'est pas spécialement attendu non plus. Par ailleurs, les critères de comparaison choisis seront totalement arbitraires histoire de vous faire flipper dans votre confort bourgeois.

Je vais commencer le premier épisode de cette saga par un des grands phénomènes actuels télévisuels qu’est la série Dexter. La saison 3 s'est achevée il y a peu sur Canal+ et la saison 1 sera possiblement bientôt diffusée sur TF1 pour les plus pauvres d'entre nous. A quoi donc bien pourrais-je bien confronter cette série à haute qualité cinématographique de façon totalement surprenante (vous demanderiez-vous à juste titre) ?

Je vous propose une autre série américaine qui a aussi son petit succès mais opérant dans un registre pourtant hautement différent : Scrubs, la comédie en milieu hospitalier. Diffusée largement par M6 il y a quelque temps, on peut la retrouver à l'occasion sur le paf notamment sur TF6. Tout comme Dexter, les premières saisons sont excellentissimes (tiens, un point commun).

Ce point mis à part, on pourrait croire que ces deux séries n’ont rien à voir. Et pourtant, si. Les comparer serait même hautement révélateur des astuces employées par les scénaristes américains pour accrocher le téléspectateur. L’astuce essentielle en l’occurrence correspond à l’utilisation de profils de personnages récurrents bien spécifiques. Oui, c’est vrai, l’une officie dans le thriller alambiqué tandis que l’autre officie dans la comédie délurée. Et pourtant...

Comparons de suite les personnages, et vous allez tout de suite y voir très clair dans les pratiques odieuses des scénaristes américains (qui ne se gênent pas pour autant pour faire grève à la moindre occasion).


Dexter Morgan vs John Dorian

Premier personnage à comparer : le héros de la série, bien sûr. Dans l’une, nous avons Dexter Morgan, expert en criminologie dans l’étude des traces de sang sur les lieux de crime, et serial killer à ses heures perdues (chacun ses hobbies). Dans l’autre, John Dorian, jeune médecin généraliste qui ne rate pas une occasion pour passer pour un abruti. A priori, tout les sépare, l’un étant froidement calculateur, l’autre étant un joyeux luron. Et pourtant... (oui c’est la troisième fois que je fais "Et pourtant"... et pourtant, je ne regarde pas particulièrement Faites entrer l’accusé).

Les deux héros ont tout d’abord une particularité fondamentale : ils se parlent à eux même très souvent et c’est d’ailleurs ce qui rythme la série. Ces voix off illustrent les réflexions personnelles des héros et surtout la perplexité voire la candeur des deux personnages face aux situations sur lesquelles ils tombent. Oui oui, il y a aussi de la candeur pour Dexter qui passe beaucoup de temps à se poser des questions quand il n’officie pas dans la charcuterie sauvage.

Bref, ce système de « petite voix dans la tête » est vraiment top of the pop pour que le téléspectateur s’identifie au personnage. Le spectateur n’a même pas à spéculer sur les pensées du héros car celles-ci lui viennent en prêt-à-porter : on peut dire que ce sont des séries pour flemmard.

Les voix off sont donc similaires pour chacun des héros avec une spécificité dans Scrubs : autant dans la première saison la série reste plutôt sobre, autant dans la suite ça délire de plus en plus et les passages en voix off sont carrément l’occasion de faire des scènes imaginaires complètement décalées. On a même droit à une petite mise en abime, les autres personnes l’interrompant consciemment dans ses délires d’introspection.

Voilà pour le héros : il se cause à lui même, est plutôt candide, mais il apprend. Ce dernier point est encore très important pour l’identification car c’est toujours rassurant quand on en voit d’autre qui essaient de se sortir de leurs merdes comme nous, pauvres téléspectateurs que nous sommes.

Regardons maintenant les autres personnages qui trouvent pour chacune des deux séries leur parallèle. Le rapprochement est opéré par le profil du personnage et non pas par son rôle. Vous allez voir. Bon d’accord je vais peut être faire quelques rapprochements tirés par les cheveux mais arrêtez de m’embêter avec vos critiques d’abord. Pour le fun et le groove, pour chacun des profils, je vais donner celui des deux séries qui s'en sort le mieux.


L’excité du bulbe
A ma gauche : L'inspecteur Deborah Morgan
A ma droite : Le docteur Elliott Reid

Très proche du héros dans les deux cas (petite sœur pour l’un, super copine pour l’autre), l’excité du bulbe donne du relief au recul que prend le héros notamment dans ses délires d’introspection. Pas mal dans le genre obstinée, elle n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat. Du coup, elle n’en rate pas une en général pour foutre la zone ou se planter royalement (voire les deux en même temps). Mention spéciale pour Deborah Morgan dans la saison 1 de Dexter (c'est pourquoi Elliott Reed est vainqueur d'office).

Ce comportement tout feu tout flamme permet au héros de se donner un rôle protecteur et pédagogique. C'est un peu le grand frère. Mais dans les deux séries, il en chie pas mal pour assurer ce rôle car ce n'est pas spécialement sa tasse de thé.

Reste que "l'excité du bulbe" est toujours dans des rapports compliqués avec les mecs ; ce qui donne pas mal de matière aux scénaristes.





Le bon vivant
A ma gauche : Le détective Angel Batista
A ma droite : Le chirurgien Chris Turk

Les deux incarnent le bon copain du héros. Parler de « bon pote » vis-à-vis de Dexter est peut être un peu abusif vu le côté quelque peu marginal de ce dernier. Pour Turk vis à vis de John Dorian, là, c’est moins ambigu.

Il n’en reste pas moins que les deux cocos Turk et Batista ont des similitudes. Ils ont un franc parler et agissent souvent en bon camarade. Ils ne la jouent pas trop dans l’inhibition et apprécient les plaisirs simples de la vie (pour faire clair : la bouffe et le sexe). N’hésitant pas à faire des remarques au héros, ils font office de régulateurs sociaux. Je m’explique : dès qu’une histoire prend des tournures bizarres ou tordus, ce sont les premiers qui vont réagir en général pour mettre un ola ; ce qui est très opposé au héros qui va dans les extrêmes bien souvent. Du coup, une nouvelle fois, c’est un rôle type qui met en relief les agissements du héros.

Turk est clairement vainqueur du duel car les enquètes menées par Batista sont toujours foireuses alors que Turk maitrise plutôt bien son sujet. Côté vie privée, Turk est en pleine idylle tandis que l'autre vit un divorce difficile. Bref à tout point de vue, y'a pas photo, le docteur l'emporte sur le policier.





L'immigrée battante
A ma gauche : Le lieutenant Maria Laguerta
A ma droite : L'infimière Carla Espinoza

Femmes de caractère, ces deux là sont toutes deux d'origine étrangère (cubaine pour Laguerta et de république dominicaine pour Carla). Est ce la raison qui les pousse d'autant plus à vouloir s'imposer ? Cela n'est jamais trop précisé mais on s'en doute. L'immigrée battante inspire ainsi le respect.

Dans le fond, sous ses dehors cassants, elle cache un coeur gros comme ça et une situation extraordinaire sera souvent prétexte à l'exposer. A noter aussi que toutes deux ont une affection toute particulière pour le héros qu'elles prennent bien volontiers sous leur aile.

Déterminer la vainqueur du duel ici est encore assez facile : Laguerta se fera bien souvent mener par le bout du nez ou se prendra un poignard dans le dos (Doakes, Miguel....). De l'autre côté, Carla est une véritable référence et revêt une image d'infaillibilité professionnelle dans l'hôpital. Carla est ainsi la première dame (ça nous en fait deux).




Le sociopathe révolté
A ma gauche : le sergent James Doakes
A ma droite : le docteur Perry Cox

Personnage très compliqué, le sociopathe est intéressant dans la mesure où il est totalement névrosé. Sous des dehors agressifs et cyniques, il cache une personnalité sombre et réservée, l'humanité ayant bien déçu son idéalisme premier. Par conséquent plutôt solitaire, demander de l'aide aux autres est ainsi la dernière pensée qui lui vienne à l'esprit. James Doakes le paiera cash... tandis que le docteur Cox, lorsqu'il arrive péniblement à ravaler son orgueil, est capable de reconnaitre ses erreurs. Quoiqu'il en soit, les deux sont plutôt brut de décoffrage et - lien de cause à effet - ils ont souvent les politiques dans le nez.

Là encore, c'est évidemment le représentant hospitalier qui est vainqueur car c'est le plus vivant des deux d'un point de vue tout bonnement médical. De plus, même si sa communication se résume souvent à de longs monologues acerbes, il arrive au docteur Cox d'échanger avec ses collègues tandis que le policier fougueux part en bad trip assez facilement.





Le politique paternaliste
A ma gauche : Le procureur Miguel Prado
A ma droite : Le docteur Bob Kelso

Bizarrement, le politique est le personnage qui irrite par définition. Le docteur est le gestionnaire de l'hôpital et il est détesté unanimement par le personnel. Le procureur agit davantage en sous marin mais lorsqu'il est démasqué il suscite tout autant le mépris de ses congénères.

Dans l'idée, ces deux gaillards croient détenir la sainte vérité et se contrefoutent royalement de ce qu'on peut penser d'eux. Bien souvent, l'enjeu du héros par rapport à ce personnage sera de se défaire de son emprise.

Là encore pour d'évidentes raisons de bilan de santé en fin de parcours, c'est encore le représentant hospitalier qui ressort gagnant du duel.





La mère
A ma gauche : Rita Benett
A ma droite : Jordan Sullivan

Entre Rita, personne fondamental pour Dexter et Jordan, la femme "officielle" de Cox, nous avons deux représentantes de la cause maternelle.

Jordan a la particularité d'être un des rares personnages à incarner plusieurs profils singuliers. Avant d'être mère, elle passe en effet par le profil dit de la succube : elle en fera voir des vertes et des pas mures au candide John Dorian et au docteur Cox. Par ailleurs, lorsque son statut de mère passe au second plan, elle retrouve un visage d'autorité. Bref, l'actrice se voit affubler d'un personnage aux multiples facettes et on fera pas l'étonné lorsqu'on apprendra qu'elle couche avec le producteur de la série (hmmm... le rôle de succube est sans doute le seul qui ne fut pas de composition).

De l'autre coté, Rita, plus exclusivement consacrée à son profil de mère, collectionne les emmerdes et on ne peut pas dire que se trouver un serial killer comme petit copain est nécessairement une brillante idée de sa part.

Entre les deux, c'est évidemment Jordan qui s'en sort le mieux.




La présence fantomatique
A ma gauche : Harry Morgan
A ma droite : le technicien de surface (identité non déclarée)

Ce personnage là est très particulier. Il est tout entier consacré à l'épaisseur du personnage principal. C'est la figure du père (normal pour le père de Dexter dans un sens). Il incarne cette figure sous forme de flash pour Dexter et sous forme de moqueries dévalorisantes pour John Dorian. Il est fantôme car il n'interagit quasiment avec aucun autre personnage important de la série. Même le père de Dexter, qui est aussi celui de Deborah, est étranger et lointain pour cette dernière.

Pour des raisons évidentes, le technicien de surface ressort vainqueur car, même s'il n'a pas le métier le plus valorisant qui soit, il offre à Scrubs les moments les plus méchamment gratuit. Par ailleurs, sa vie privée semble aller alors que pour le père de Dexter nous pouvons soulever quelques interrogations éthiques.




L'obsédé sexuel
A ma gauche : Le légiste Vince Mazuka
A ma droite : Le chirurgien Todd Quinlan

L'obsédé sexuel fait très fort dans son genre. Le plus extrême des deux est Todd car la justification de sa présence dans la série ne tient qu'à ça. Mais mine de rien, alors que Todd et Mazuka sont bien souvent pris à la légère, ils assurent grave dans leur taff. Cela dit, les deux, l'un comme l'autre, mitraille les vannes douteuses et sont largement reconnus pour ce talent.

Tandis que Todd s'épanouit pleinement dans ce rôle, Mazuka n'est pas toujours très à l'aise avec ses difficultés à obtenir quelque reconnaissance de ses collègues. Donc là encore, le gars de Scrubs est gagnant.




La garce
A ma gauche : Lila West
A ma droite : Julie Keaton

On pourrait aussi définir la garce comme une véritable allumeuse et une sacrée salope. Ce n'est pas gratuit : dans les deux séries, le personnage est hautement travaillé pour ne reculer devant rien. Kate la blonde est ainsi l'incarnation féminine à qui personne ne résiste tandis que Lila la brune arrive toujours à ses fins par le jeu de ses perversions.

Assez pugnaces dans leur genre, les deux atteignent leur objectif qui est bien entendu de mettre dans leurs filets celui qui leur résiste le plus : Dexter pour Lila et le docteur Cox pour Julie.

Cela dit au final, elles se prennent toutes deux une sérieuse veste dans la gueule. A l'issue, il n'en restera qu'une seule encore opérationnelle dans le monde des vivants et c'est Julie. C'est donc elle la vainqueur et la plus belle salope des deux. Si je puis dire.




Le petit ami gentil
A ma gauche : L'indic Anton Briggs
A ma droite : Le plongeur Sean Kelly

Nous avions commencé la liste des personnages avec l'excité du bulbe. Nous la terminons avec le profil de celui qui fera son concubin une bonne partie du temps. Personnage assez étrange, on dirait qu'il n'a jamais eu d'existence avant d'avoir rencontré l'excité du bulbe. Plutôt en dehors du cadre dans les deux séries, on ne le voit pas spécialement avoir d'autres interactions en dehors de ses rapports intimes avec la demoiselle.

Assez calme, il s'oppose aux délires exacerbés de sa compagne jusqu'à finir par cesser d'être gentil à force d'encaisser sans broncher. En fait, il constitue un peu le miroir de l'estime de soi assez volatile de Deborah Morgan dans Dexter et d'Elliott Reid dans Scrubs. De vraies sujets d'études sur le psychisme humain ces séries...

Vu ce que l'indic doit subir dans Dexter, pas de doute une fois de plus : le gentil Sean de Scrubs est gagnant.




Voilà, malgré ce très large panel, je suis loin d'avoir été exhaustif sur les similitudes des profils psychologiques. Mais revenons-en au héros de chacune des séries. Vous aurez remarqué que, pour chaque personnage, c'est toujours celui de Scrubs qui se fait la belle (et on pourrait dire que celui de Dexter se fait la bête... ho ho ho). Logique dans un certain sens vu le ton plus gilleret employé dans Scrubs.

Si on y réfléchit bien, cet état de fait est tout entier construit par rapport au héros : si dans Scrubs, tous les personnages s'en tirent bien, c'est parce qu'ils se placent bien souvent en supériorité par rapport à l'ingénu John Dorian (tout est dit dans le générique : "I'm no superman"). C'est tout l'inverse qui se produit dans Dexter. Même si le justicier criminel Morgan Dexter est parfois dans de sacrées impasses, c'est bien souvent lui qui tire les ficelles (il vaut mieux être un personnage secondaire dans Scrubs... surtout si on est un acteur payé sur le nombre d'épisodes hun hun hun). Dans le duel qui oppose John Dorian à Dexter Morgan, c'est John Dorian qui passe à la trappe.

Par le jeu des comparaisons, nous avons donc abouti à une puissante exégèse de chacune des séries sans compter les tuyaux que cela nous fournit en matière de création : alors voilà, c'est simple, vous prenez un environnement (ex : l'armée), vous donnez un ton (ex : tragico-comico-hilarant-dramatique) et vous tapez dans chacun des profils énoncés ci-dessus. Vous remuez le tout, et vous avez votre petit série à succès (hmm j'aurais pas réinventer MASH là ?).

Pour encore mieux garantir votre petit succès, assurez-vous que, comme dans Dexter et Scrubs, vos personnages évoluent d'épisode en épisode. C'est ce qui fait une des qualités principales de ces deux séries, particulièrement quand on les suit sur le long terme. On peut constater comment leur situation personnelle évolue certes, mais aussi comment leur psychologie change. C'est vrai que, pour cet aspect des choses, il y a moins de recette miracle mise à part cette vieille technique assez bateau qui consiste à avoir du talent.

Bon en ce qui me concerne, je le fais pas, j'ai un peu la flemme de me lancer. Mais allez-y je vous en prie.
Kylord @ 08/05/09 12 commentaires
  Une petite histoire de cinéma toute en sobriété 3 

Une fois n'est pas coutume, je vais faire une petite news rapidos (mais attention, ne vous leurrez pas, j'ai de gros dossiers en préparation). Il s'agit d'une petite news pour un petit court métrage : Un regard (ne) suffit (pas) de Arsène Humblot. C'est un titre bien choisi car on se demande fatalement à quoi le regard ne suffit pas.





On a donc lancé la vidéo, on s'est calé dans son fauteuil car on a senti venir potentiellement le truc bien chiant en noir et blanc avec du piano à rallonge. Mais le piano n'a pas duré. Puis, on s'est surpris à se mettre intellectuellement dans la peau du gars qui prend sa pause dans ce silence de ville. De là s'installe une tension progressivement amenée et qui utilise très justement le temps pour s'installer. C'est ni trop, ni pas assez. Le classicisme de la situation se marie très bien avec la touche de modernité contemporaine du cadre.

Il n'y aura pas un mot et pourtant dieu que les messages et les spéculations possibles sont nombreux.

C'est alors qu'on revit la même situation mais... c'est différent.
Kylord @ 30/04/09 3 commentaires
  SOS ! Rio ne répond plus ! 3 
* Attention : article avec petits bouts de spoilers ajoutés *

C'est l'actualité sur grand écran qui aujourd'hui nous ramène à la genèse de MdM. En effet, Michel Hazanavicius (un nom détourné que ça m'étonnerait pas), le père de La Classe Américaine, origine de l'hommage fait par notre site et référence des détournements cinématographiques, vient de sortir sa nouvelle réalisation : OSS 117 - Rio ne répond plus.

Bien accueilli par le public, plutôt apprécié par la critique, le film semble promis à une bonne réussite comme le premier opus OSS 117 - Le Caire : Nid d'Espions

Mais une fois n'est pas coutume, je vais faire rien qu'à critiquer et montrer que tout n'est pas rose dans ce film de vacances mis en boite par une bande de bons copains.

D'abord, OSS 117 est porté essentiellement par un Jean Dujardin en état de grâce. Il faut bien le reconnaitre, le point majeur du film est en effet l'incarnation du "meilleur agent français" OSS 117 autrement dénommé Hubert Bonnisseur De La Bath (ou Noël Flantier...). Passant des pitreries les plus grotesque aux scènes d'actions rythmées mais néanmoins tout aussi farfelues, Jean Dujardin maintient une constance dans l'absurdité du personnage assez exceptionnelle.

Mais c'est là que le bat blesse : cela ne fait que renforcer la faiblesse du reste du casting.

Avant d'en aborder les détails, replaçons nous dans le contexte : Rio ne répond plus joue plus que jamais le détournement de James Bond. Cela est encore plus criant que le précédent épisode. On se retrouve dans une sorte de pastiche entre les James Bond de Sean Connery et ceux de Roger Moore. Parfois on dirait presque que Jean Dujardin interprète les dialogues doublés de Roger Moore dans Derrick vs Superman, autre détournement à l'actif de Michel Hazanavicius. Sans parler de l'affaire de la quiche qui nous fait demander dans quelles proportions ce film pourrait bien receler de références autobiographiques.

C'est dans cette atmosphère que nous nous retrouvons dans une aventure mêlant un scénario rempli de hippies, de nazis et de James Bond girls. Du côté de celles que nous appellerons plutôt les OSS girls, la gentille est désormais jouée par Louise Monot (avec un look sixties Emma Peal du plus bel effet) en lieu et place de Bérénice Béjo. Pour la messante, Reem Kherici (Amy Winehouse avec des gros seins) remplace Aure Atika. A noter que, à chaque fois, l'actrice faisant la gentille a un nom franchouillard tandis que celle jouant la méchante a un nom à coucher dehors (enfin vous êtes pas obligés de noter, cette remarque reste une remarque inutile et stupide).

Soyons honnêtes : si le film ose plus que son précédent volet, ce n'est pas le cas des deux OSS girls qui, même s'il est agréable de ne pas avoir affaire à des visages connus, sont nettement moins incarnées que dans le premier épisode. C'est particulièrement le cas pour la méchante dont on verra davantage la poitrine que la présence même dans l'histoire.

Côté Nazi, même chose, même faiblesse : le grand chef nazi est surjoué. Pas surjoué comme Jean Dujardin qui maintient une puissance dans la débilité tout à fait étonnante, mais surjoué comme un acteur qui en fait tout simplement trop. Plus de sobriété aurait sans doute créé plus de décalage par rapport à l'agent français et ça aurait été pas plus mal.

C'est en fait ce point qu'on peut reprocher à OSS 117 : Rio ne répond plus. A vouloir faire de la connerie à ne plus savoir qu'en faire, il en met à des endroits pas forcément nécessaire et même à tel point qu'il n'y a même plus quelques secondes de premier degré auxquelles se référer. On se demande même si le réal s'intéresse à son fil conducteur. Pourtant, comment justifier un second, troisième voire quatrième degré, s'il n'y a pas de premier un tant soit peu ?


Le film est ainsi un délire hallucinant mais c'est aussi pour cela que, de l'autre côté de la balance, il assure. Les limites de Caire : Nid d'Espions sont largement repoussées et la mise en scène n'hésite pas à consacrer plusieurs minutes pour installer un gag monstrueux (dans tous les sens du terme). On a donc à la fois la médaille et le revers de la médaille car, même si on reste parfois médusé face à certains délires, ça n'en reste pas moins jouissif (tel l'exemple des canardes). Il faut dire que les moyens sont là, le succès du premier OSS ayant donné sans doute beaucoup plus de liberté dans la réalisation.

Au niveau des dialogues, c'est la même chose. La souplesse de Jean Dujardin permet à Michel Hazanavicius de se défouler. Bêtise incommensurable, autosatisfaction sans borne, racisme de bas étage, numéros de charme complètement idiots : tout y passe. Les dialogues de La Classe Américaine sont là mais en un peu moins décalés. Faut quand même que ça reste accessible au commun des mortels du grand public ma petite dame.

Les délires se retrouvent aussi dans la mise en scène. La caricature des retournements de situation et celle des fameux flashback (une lubbie de Michel sans doute) sont poussées à l'extrême. Concernant les effets de style, on notera la reprise de la manie des séries d'époque à découper l'image en multitude de vues (les jambes de Dolores seront particulièrement multipliées). Le ridicule de la mise en scène n'a rien à envier au ridicule de l'agent "un un sept".

On aimerait qu'un film de ce type puisse devenir culte. Mais ça n'est pas le cas. On ne saisit pas trop ce qui empêche la sauce de prendre complètement, mais il n'y a pas cette saveur unique et magique du détournement totalement réussi. Le casting peut être... ou des dialogues extrêmes et décalés qui ne sont néanmoins peut être pas assez suffisamment marqués par l'empreinte historique de Michel Hazanavicius... Va savoir.

En tout cas, c'est un gros délire bien sympathique et qui évidemment dénote grandement dans le cinéma français. Déjà rien que pour ça, allons-y gaiement.

Kylord @ 19/04/09 3 commentaires
  Histoire d'une humiliation programmée... 11 
... ou comment se rendre compte que la télévision n'est effectivement que la version moderne des jeux de Rome.

Replaçons nous dans le contexte : nous sommes samedi soir, le 11 avril 2009, veille de Paques. Au programme sur le service publique de France 2, comme chaque samedi soir, un des rares talk show de la télévision française (qui doit surement davantage son succès à cet état de fait qu'à une réelle qualité supérieure au reste du PAF), j'ai nommé On n'est pas couché, présenté par Laurent Ruquier. Il est 23h car l'émission commence plus tôt depuis qu'il n'y a plus de publicité sur les chaines publiques (une des conséquences inestimables des mesures préventives à la crise venant de Sarkozy).

Il s'agit de la 100ème édition d'On n'est pas couché. Une réussite pour la production donc. Comme pour reprendre une des trop habituelles déviances de la télé qui est de se regarder le nombril, ce 100ème numéro sera l'occasion de commémorer "les grands moments" de l'aventure. Nous verrons donc des pastiches de comique, des montages orientés d'intervenants tels que les très (trop ?) starisés chroniqueurs Eric Zemmour et Eric Naulleau, ou bien encore des petites sessions d'auto congratulation.

Dans tout ce brouhaha, quelques invités viendront se frotter à l'exercice habituel de l'interview. Parmi ces invités, Erika Moulet, jeune journaliste sur LCI en pleine ascension médiatique. Elle fait parti du lot d'animatrices de JT de la chaine d'information (et n'allez pas me faire dire que j'ai choisi exprès le mot "lot" !).

Lorsque c'est le moment pour la journaliste de se faire interroger, le plateau est drolement garni : les grincheux Eric Zemmour et Eric Naulleau bien sur, mais aussi Guy Carlier, ex-chroniqueur acide des ondes, ainsi que Patrick Timsit qui n'est pas spécialement connu pour garder sa langue dans sa poche. A quelques minutes près, on a failli avoir droit aussi à la présence du "boucher de Bern" Stéphane Guillon. Heureusement qu'il ne fut point là pour compléter le tableau, car c'eût été peut être la goutte qui aurait fait déborder le vase (ou plutôt couler le navire Erika (ah-ah elle est bien bonne celle là)).

Oh je vois que la curiosité est montée à son paroxysme. Mais.... que s'est il donc passé donc ???!!!!

La réponse, en images :



Édifiante joute télévisuelle, n'est ce pas ?

Ce qui est très intriguant, lors de cette interview, c'est à quel point, en tant que spectateur, on se retrouve le cul entre deux chaises. D'un côté, on aimerait bien qu'il y ait un déclencheur qui fasse exploser la situation dans un sens donné et que Erika Moulet craque ou contre les persiflages. Ce non dit général est en effet terriblement frustrant lorsqu'on regarde une émission de débat (et quand on regarde la télé, on n'aime pas être frustré, ça non alors !). De l'autre côté, par compassion pour l'animatrice martyrisée, on souhaiterait que ce cirque se termine au plus vite et qu'on passe à autre chose.

Mais en fait, les enjeux sont finalement plus tarabiscotés que ces deux sentiments un peu surfaits qui nous viennent naturellement lorsqu'on suit le débat et qui nous font prendre assez rapidement le parti pris de la prétendue victime Erika Moulet.

Premièrement, attardons nous sur le look de la jeune demoiselle, chose que Laurent Ruquier n'aura pas manqué de faire, à défaut de poser d'autres questions. Lorsqu'on arbore une telle extravagance, surtout lorsqu'on va dans une émission de divertissement (sur LCI, elle peut certes le dissimuler sous le couvert de l'information), c'est qu'on sait jauger de l'importance du style en télé pour se faire remarquer et donc mesurer que, inévitablement, cela va faire parti intégrante de son intervention.

Son propos constant à répéter comme une demeurée qu'elle est là uniquement pour son travail et représenter la chaine est d'une mauvaise foi comme rarement il est donné de voir (et pourtant dieu sait que des politiques sont déjà passés par là). Le summum de son hypocrisie est atteint lorsqu'elle affirme avec aplomb qu'elle "a d'autres choses à faire que de s'occuper de [son] look". Difficile à croire lorsqu'on semble venir tout droit du Moulin Rouge de Star Trek (en admettant que ça puisse exister).

Disons alors qu'elle a été bêtement naïve, qu'elle ne s'attendait pas à autant de considération, qu'elle pensait normal de se vêtir ainsi (en célébrant l'avènement du quatrième millénaire et l'explosion de l'étoile Noire par Luke SkyWalker) car tel est le lot des émissions de divertissement. Mais... quelle est sa profession, dites moi ? Journaliste, nessepa. Comment ne pas connaitre alors les ressorts d'une émission référencée comme celle de Laurent Ruquier lorsqu'on est journaliste ?

Bon... encore qu'on puisse imaginer que les émissions de variété ne soient pas son domaine de prédilection... mais quand on est journaliste, on se renseigne ! (et je sais de quoi je parle). Erika Moulet aurait par exemple appris que, la semaine dernière, des danseuses du Crazy Horse étaient venus à l'émission dans le seul but d'agrémenter le plateau et d'être prétexte à quelques bonnes vieilles blagues (pas forcément dans le genre fines). A partir de ce moment là, comment ne pas anticiper les risques ? comment ne pas voir venir la dérive excessive du débat vers les apparences lorsqu'on arbore un look d'extraterrestre ?

Pourtant, malgré le peu de précautions qu'elle a prise pour éviter de se retrouver dans la situation inconfortable de la cible des nunucheries des chroniqueurs, elle a eu plusieurs fois l'occasion d'en sortir. C'est Zemmour qui lui a tendu deux perches qu'elle n'a pas vraiment saisi :
  • la question sur l'utilisation de l'image et particulièrement celle des femmes sur les chaines d'information
  • le ton des chaines d'information sur la venue d'Obama en France (à un autre moment de l'émission).

Certes, sur les deux points, il a été féroce. Mais là, Erika Moulet n'a vraiment aucune excuse pour ne pas s'y être attendu. Elle ne pouvait pas ne pas connaitre les méthodes du journaliste revêche, chroniqueur sur la chaine concurrente I-télé notamment.

Bon, on pourra éventuellement lui concéder qu'elle a peut être été déstabilisée par le niveau du débat qui précédait... Soit. Mais d'un autre côté, elle a joué la suffisance.

Au final, bref, elle a refusé le débat sur la forme, et elle a refusé le débat sur le fond. Que lui restait-il ? Rien. Son attitude au ressort de l'interview, que l'opportuniste productrice Catherine Barma n'aura pas manqué de capter, nous indique qu'elle a bien eu conscience de ce qui s'est passé. Cela tend même à nous faire rejeter l'hypothèse de sa naïveté.


Donc... si elle n'est pas si naïve et si elle a un tant soit peu été consciente du déroulement de l'interview, pourquoi Erika Moulet a mené sa barque ainsi ?

Regardons les faits : elle a envoyé balader Patrick Timsit qui se faisait son allié en début d'émission en lui fournissant à la fois les arguments pour contrer les questions idiotes de Ruquier et en s'interposant aux numéros des deux chroniqueurs (ayant pris son "rateau", il lui rendra la monnaie de sa pièce après coup...). Ensuite, elle a encouragé celui qui rendait l'interview ridicule par ses questions, Laurent Ruquier, en n'opposant jamais une réfutation nette voire même l'inverse.

Bref, son attitude a différé selon chaque interlocuteur. En y réfléchissant bien, on se demande même si elle n'a pas cherché elle même à brouiller les cartes, en allant systématiquement à l'opposé de ce qu'on attendait d'elle. Ou alors est ce la conséquence de trop fréquenter le milieu de TF1 qui pousse à prendre tout le monde pour des cons ? Mais elle a failli payer cash ce jeu là (en témoigne certaines mimiques laissant entrapercevoir une tension intérieure évidente) car, contrairement à son "journal dont [elle] porte la responsabilité", elle n'avait pas là le programme des titres devant les yeux.

Surtout que tout le monde a du déjouer.

Eric Naulleau, qui habituellement est impatient de faire son show de clown de mauvaise foi, a préféré laisser sa place.

Patrick Timsit, qui habituellement ne lâche pas le morceau, a été contraint de cesser d'espérer une réaction de la journaliste à ses invectives (la perche de Naulleau lui aura été utile).

Eric Zemmour, qui reproche parfois aux invités de ne pas prendre part au débat, n'a ici pas insisté.

Laurent Ruquier, qui habituellement gagne toujours la sympathie de l'invité par le jeu de sa convivialité, a été renvoyé dans les cordes (on se rappellera tout de même que Clotilde Courau lui avait déjà fait un coup similaire)


Au final, personne n'est ressorti gagnant mais personne n'est ressorti perdant non plus, et c'est peut être ce qui est inédit car le statut quo est finalement très rare en télé (même si tout ceci ne ressemble qu'à une grosse farce de mauvais gout).

Quoique... personne ne ressort gagnant ?... Si en fait : moi car j'ai pu écrire toutes ces conneries grâce à ce moment de télé et Erika Moulet qui se distingue encore plus de ses collègues de LCI grâce au buzz généré, le tout en ayant pas foutu grand chose.
Kylord @ 15/04/09 11 commentaires
  It's evolution baby ! 14 
Dans la foulée de la chronique "Vive la vie", j'ai réfléchi aux thématiques à côté desquelles un site intitulé "Monde de Merde" ne peut passer. Le visiteur lambda tapant "merde" dans son moteur de recherche n'est en effet point innocent et ma profonde mansuétude me tend à vouloir lui donner entière satisfaction. Tout en veillant à ne pas tomber dans la caricature bien entendu. Un peu de finesse s'il vous plait.

La chronique de "Vive la vie" sur "Monde de merde", il fallait le faire. Ca c'est fait. J'ai pensé à un autre thème qui trouverait naturellement sa place dans ces colonnes. Douglas Adams parlait de la vie, l'univers et le reste. Moi je vous parle de la vie, de ce monde de merde et de l'évolution. C'est donc de l'évolution que nous allons parler présentement car cela conclut le triangle cosmique de l'ordre des choses.



Voilà un concept bien vague que l'évolution lorsqu'il est balancé comme ça à froid. C'est là que je fais intervenir le clip de Pearl Jam Do the Evolution (album Yield, 1998) qui est la quintessence de la représentation de l'évolution.

Il résume ce que bien des discours de vulgarisation auraient du mal à faire ressortir en quelques minutes :

Déploiement de l'univers, apparition de la vie et processus biologiques, écosystème, représentation des sociétés, sciences humaines, technologies, idéologies, industrialisation, développement personnel, travail, capitalisme, violence, génocides, rituels, rapports de hiérarchie, politique, justice, sexe, maladie, religion, guerre, ségrégation, extrémismes, voracité, mise au pas de la nature, urbanisation, instrumentalisation de la vie, informatisation... toute l'évolution et plus spécifiquement l'évolution des sociétés humaines sont réunies ici et se terminent dans une gigantesque apocalypse.

Apocalypse qui est en fait... le retour aux sources. L'image de la cellule du début du clip passe en surimpression de la planète détruite à la fin. Comme quoi la vie ne serait qu'un éternel recommencement...

C'est d'une beauté expressionniste assez sublime. Seul l'interlude de la petite fille gambadant dans les champs sur les paroles "Alluelia alleluia" du chanteur semble indiquer un répit dans cette course infernale. Et pourtant non, putain, même pas : même cette greluche qu'on pourrait bien vite croire pure et innocente, comme nous l'inspire les images et la musique, est une tueuse. Elle écrase les fourmis. Elle écrase la vie. Tout comme les soldats dans les tranchées dans les secondes suivantes. Voilà un enchainement lourd de significations.

Un ange de la mort hante le clip. Comme une sorte de dieu sauce manga qui représenterait les grands délires émotionnels humains, de la volonté de domination à l'amour, cette succube représente à la fois la vie et la mort. A ce titre, elle se cape d'une jolie tête de mort très seyante par moments. C'est ainsi que c'est dans la prunelle de ses yeux que s'achève l'anéantissement de la planète (c'est beau ce que je dis).

Voilà donc ce qui constituerait la mythologie version Pearl Jam. C'est une mythologie assez rock & roll, comme en témoigne l'hystérie sur le petit solo de guitare (au bout d'1 minute et quelques du clip) et c'est bien cela qui fait tout la force évocatoire de ce clip : il nous rappelle à chaque instant la folie des hommes (petit extrait audio). C'est comme un hurlement à la lune de 4 minutes, un embrasement crescendo, une défiance à toute les turpitudes humaines passées en revue.

Côté texte, on retrouvera des paroles qui, outre les références à l'évolution, rappelleront les grands moments de l'homme pressé de Noir Désir.

Bref c'est du grand art.



Puisqu'on est sur l'évolution, sortons un autre clip de derrière les fagots. Dans une veine assez similaire mais avec une approche différente, voici celui de Korn :

Ici, le titre est appelé plus sobrement Evolution (album Untitled, 2007) et se cantonne plus essentiellement au développement humain. La conclusion est assez similaire dans le sens où l'être humain est présenté comme la vérole qui attaque la planète (monde de merde...). On remarquera aussi que les différents aspects des sociétés humaines sont aussi représentées chez Korn mais, au lieu d'être imagés, ils sont personnifiés : la religion par le curé, la science par les scientifiques, l'industrie par un texan...

A la différence de Pearl Jam, le discours est ici plus morbide et plus nihiliste (assez cohérent venant de la part de Korn). Il ne décrit pas la montée en puissance façon Pearl Jam. Pas de folle poursuite en avant, pas de course technologique. Ici, l'être humain s'est contenté d'essayer de se mettre debout, puis ça n'a pas duré, il s'est vite rabougri à nouveau. Même le singe est tout aussi doué.

Alors que chez Pearl Jam le quotient intellectuel de l'être humain lui permet de tout asservir et de faire des folies disproportionnées, il ne sert ici qu'à masquer des comportements aussi bestiaux que les espèces animales (cela dit... les deux postulats ne sont pas totalement incompatibles). Chez Korn, Les hommes sont considérés comme n'importe quel singe (comme ce cher Georges W.). La scène des intervenants hypnotisés par l'argent qui est jeté dans la salle de conférence rappelle terriblement les poissons dans un aquarium dans lequel on aurait jeté un peu de nourriture. Cela nous renvoie à une actualité insolite récente : les conséquences du jet de billets de banque sur l'autoroute.

En fait, l'homme est présenté comme un animal qui se renie. Lorsque la bimbo présente la banane et l'argent au singe, tout le monde se félicite que le singe choisisse la banane. L'homme aurait bien entendu choisi l'argent ; ce qui en ferait soit disant sa supériorité. Sauf que l'argent ne sert techniquement à rien pour le singe puisque sa valeur n'est que ce que l'homme en a décidé lui même avec ses congénères (remarque, le singe aurait pu se faire passer pour un être humain, prendre l'argent et aller acheter des bananes... mais bon).

A la fin, le dossier du déclin de l'espèce humaine est "rejeté" alors même que tout le clip s'acharne à démontrer le contraire. Cela serait comme pour dire que l'humanité a beau aller droit dans le mur, elle n'en ouvre pas les yeux pour autant si tant est qu'on lui adresse une habile démonstration de marketing (la bimbo numéro 2 qui retourne le tableau notamment...). Ca fait réfléchir.

Il est à noter un parallèle malicieux avec le clip de Pearl Jam. Là où chez ces derniers l'évolution humaine se termine dans les yeux de la prêtresse de la mort, elle finit dans les yeux du singe chez Korn ; ce qui synthétise chacune des deux visions assez puissamment.


It's the evolution baby !
Kylord @ 11/04/09 14 commentaires
  Vive la vie 0 
Fin 2004, aux prémisces de MdM, j’annonçais la chronique à venir de Vive la Vie du Klub des Loosers. A peine plus de 4 ans après, me voici fièrement aux premières lignes de cette chronique. Une véritable leçon de réactivité.

Pourquoi chroniquer le Klub des Loosers maintenant ? Mais car c'est la cerise sur le gateau au positivisme ambiant ! A force de mettre à l'honneur l’égalité sociale, la relance économique, la fraternité des peuples, la générosité solidaire, c'est le moment rêvé pour en parler.


(…)


Peu importe. Revenons à la réalité crue de la vie à laquelle Fuzati - l’unique membre du Klub des Loosers (c’est vraiment la lose) – sait rendre hommage avec justesse. Ce MC officie dans le hip hop français non conventionnel (pas le genre Booba). Le phrasé est atypique, travaillé et les samples originaux (violons psychotiques sur Le manège des vanités, saxo façon film érotique sur Ne plus y croire). Pour illustrer la nature du personnage, Fuzati est vêtu d’un masque dont la signification reste ambiguë : est-ce pour se protéger de la « vision de toutes nos têtes » ou pour sauvegarder un zeste de dignité sous le couvert de l’anonymat ? En tout cas, il ne retient pas son flow à la fois dévastateur et plaintif.

Dans Vive la Vie, Fuzati s’attèle à montrer trois choses avec allant et détermination :

  • Les gens sont détestables : Le manège des vanités, Toute la vérité, De l’Amour à la haine, Baise les gens (le fameux BAYESE BAYESE)

  • Les gens sont décevants : Dead Hip Hop, Avec les larmes, Ne plus y croire, Sous le signe du V

  • Je suis pathétique (Fuzati, pas moi… quoique... mais là n'est pas le sujet bande de freluquets) : Pas stable, Depuis que j’étais enfant, Un peu seul, Perspectives.


Je vous prie de savourer les 4 extraits sélectionnés qui donnent une idée de l’efficacité des morceaux dans chacun des styles. De la dénonciation pure et simple du misérabilisme des comportements (Baise les gens) à la mélancolie du triste constat du lot des rapports humains (Ne plus y croire) tout en passant par les lamentations mélodramatiques sur son sort (Depuis que j’étais enfant), c’est comme si Fuzati expérimentait toutes les attitudes les plus négatives imaginables.

Toutefois, certains titres se détachent un peu de cette classification un peu simpliste. Il en va ainsi de Poussière d'enfants par la poésie étrange qu'il dégage et cela même malgré son caractère morbide évident. On pourrait presque y trouver de la compassion.

On remarquera néanmoins que l’album se construit pas mal autour des trois idées générales s'exprimant chacune à travers des tons différents, du plus agressif au plus las. Le tout est fait dans un équilibre très juste et on se demande si la loose décrétée et affichée de Fuzati ne cache pas un adroit funambule. Il en va tout autant des constructions musicales audacieuses servies par des DJs au service des évocations du MC.

La liste des morceaux commence avec virulence avec le Manège des vanités (des paroles qui font blam) et finit peu à peu par être tiraillée entre le dépit et le désespoir ; ce qui constitue un album résolument conseillé pour la déprime (parfaitement). On note ainsi une évolution progressive de la haine vers l’abandon, le tout regorgeant d’ironie cynique et d’autodérision à ne plus savoir qu’en faire.

Le prétendu Looser n’est cependant pas refermé sur lui même comme en témoigne la participation des musiciens de Air sur Sous le signe du V (qui parle de Versailles, point commun entre Fuzati et les zikos de Air), celle du rappeur Tekilatex sur Pas stable et aussi l’intervention de luxe de Jonathan Lambert sur Baise les gens (BAYESE BAYESE).

La chute de l’album, qui ne survient qu'après quelques minutes de pause, apparaît comme le point d’orgue de la descente aux enfers. La toute dernière phrase du flow de Fuzati, dans la continuité du cinglant Perspectives, laisse un silence de mort. Littéralement.


(…)


Bon, de façon plus légère, on pourrait s’attarder aussi sur Anne Charlotte, l’objet vain de l’amour de Fuzati et pour cause : c’est une connasse typique. Cette Anne Charlotte est mise en scène tout au long de l’album à travers les tentatives maladroites et inutiles de Fuzati pour s’en approcher. Ceci constitue un nouvel élément à mettre à l’actif du Klub des loosers dans la cristallisation des frustrations universelles. De quoi faire écho au public ou… d’être rejeté en bloc (hé oui, étrangement, certains n’aiment pas qu’on leur renvoie leurs nullités au visage).

C’est tout le paradoxe de l’album Vive la Vie du Klub des Loosers : il exprime avec talent la médiocrité humaine que le tout à chacun préfère éviter d’entendre pour ne pas la regarder en face.
Kylord @ 25/03/09 0 commentaire
  Watchmen 5 

Parce qu’MDM est tout à fait capable de chroniquer des films sortis l’été 1992 (avant J-C), ça ne signifie pas qu’on ne sait pas être à la page. Et puis vous aurez sans doute remarqué notre nouvelle  monture graphique pas peu chère payée (pas payée du tout en fait, mais chut c’est notre secret de fabrication) et c’est pourquoi nous nous sommes dits qu’il était temps de se la donner grave sur le contenu éditorial. Après notre magnifique chronique du dernier opus de Superbus, c’est maintenant au tour de Watchmen de subir les foudres exhaustives de notre impitoyable critique. C’est donc avec un sens du devoir et du service exacerbé que j’assistais hier matin à l’avant première presse de Watchmen afin de vous délivrer en totale exclusivité une belle chronique sur ce qui sera, où ne sera pas, le film évènement de la semaine prochaine.




Le pitch :

Nous sommes en 1985, dans une Amérique où les super héros autrefois adulés ont été mis à la retraite. Ces justiciers masqués, mis au placard par les autorités et la pression populaire, sont devenus obsolètes le jour où l’un d’entre eux, le docteur Manhattan, est devenu seul garant de la paix mondiale. Cet ancien physicien, victime d’un malencontreux accident lors d’une expérience scientifique, a acquis un pouvoir quasi divin le plaçant au-delà du statut de super héros, faisant de lui un dieu vivant et omnipotent.  Ceux qui formaient autrefois les Minutemen, sont morts ou vieillissants. Leurs successeurs, les Watchmen (les gardiens), ont également pris une retraite anticipée, à l’exception du Comédien qui accomplit la sale besogne du gouvernement sur son temps libre, et de Rorschach, qui continue illégalement sa lutte contre la vermine des bas-fonds. Pourtant, la guerre froide s’est intensifiée et le monde redoute le plongeon vers la  guerre nucléaire. Richard Nixon, toujours président grâce au soutient de son surhomme et investi d’un 5ème mandat, se prépare au pire pendant que les Watchmen ont rejoint l’anonymat de la vie civile. C’est sur ce fond d’apocalypse ambiant que le Comédien se fait assassiner. Œuvrant toujours dans l’ombre, Rorschach démarre une investigation clandestine, convaincu que ce meurtre est le premier d’une longue série visant l’éradication de ses anciens frères d’armes, qu’il va essayer de rallier à sa cause pour reprendre du service.




Le comics :

Avant d’être le 3ème long métrage de Zack Snyder (Dawn of the Dead, 300), Watchmen est avant tout l’un des plus célèbres romans graphiques (pour pas dire comics, parait que ça fait vulgaire) de tous les temps. Ecrit par l’écrivain culte Alan Moore (V for Vendetta, From Hell,…) et illustré par Dave Gibbon (Green Lantern, Doctor Who, Batman Vs Predator, Judge Dread,…), Watchmen est à l’origine une série de 12 publications visant à déconstruire les codes traditionnels du genre tout en reflétant les angoisses et l’anxiété des années 80 concernant la guerre froide et la peur panique d’une 3ème guerre mondiale. Plus tard réédité en 1 seul volume, l’œuvre est considérée depuis comme un indéniable tour de force de narration graphique et un chef d’œuvre de la littérature contemporaine.




L’adaptation :

Il va de soit qu’un tel monument de la culture geek rassemble indéniablement une armée de fanatiques qui seront sans aucun doute déçus par certains aspects du film. Si ce dernier est incroyablement fidèle au bouquin, Snyder et son équipe n’auront pu s’empêcher de laisser leur empreinte sur la pellicule. Tout comme 300, le film regorge de ralentis bien léchés qui exaspéreront les moins réceptifs à cet héritage des clips musicaux où Snyder a fait ses armes. Néanmoins, si ces derniers sont effectivement un peu trop présents durant les premières scènes du film (un moyen de se la péter et accrocher le spectateur somnolant), ils disparaissent petit à petit jusqu’à ne réapparaitre que sporadiquement lors des quelques scènes de combats. Ou bien alors on s’y fait, allez savoir.


Pour le reste, c’est un sans faute. A part le casting qui ne conviendra forcément pas à tout le monde, c’est l’évidence, Watchmen respecte à la lettre, au détail, à la réplique, au montage, au plan (utilisation minimale de la steadycam pour respecter les plans de la bd), aux clins d’œil, aux couleurs, à l’esprit, à l’ambiance, la sacro-sainte bible. Dave Gibbons avoue lui-même avoir été bluffé de retrouver, sur un mur, un coin de table, les détails visuels qu’il avait rajouté aléatoirement sans trop réfléchir, pour meubler. Certaines scènes, visant à étoffer les personnages, leurs troubles, leurs obsessions, leur passé, qui auraient pu être sacrifiées dans la compréhension générale sont conservées, affinées, présentes, étirant le film à 2h40 (et encore plus sur la director’s cut qui sortira en DVD).  A ça je dis chapeau, car c’est tout ce qui fait la réussite du film. L’essence même de Watchmen, livre et film confondu, n’est pas en soit de raconter une histoire somme toute banale bien que finement narrée, mais de dépeindre un univers, une ambiance, développer des personnages qui sont le centre du réçit. Un travail qui ne supporte aucun raccourci sous peine de rater la cible. Et c’est le piège que Snyder et son équipe ont su éviter, accomplissant l’exploit qu’on jugeait jusqu’il y a peu impossible : adapter Watchmen sur grand écran.


Alors bien sur il y a des choses à redire. Le film s’étale sur quelques longueurs que le spectateur lambda trouvera superflues. La B.O. également, si elle regorge de petites perles puisées dans l’héritage culturel des 70’s et des 80’s, est truffée de thèmes un peu djusts. La richesse du scénario sera peut-être également un point faible au premier visionnage. Le néophyte se sentira potentiellement perdu face à la quantité massive d’information et d’histoires entremêlées, quand l’aficionado aura pour cœur de faire en permanence la comparaison avec le comics en oubliant de profiter simplement du spectacle.


Et puis il y la fin. La fin spectaculaire, si spéciale, si peu conventionnelle, si inattendue du bouquin, que Snyder a travesti. Il l’avait annoncé préventivement, levant une armée de boucliers de la part des fans apeurés… « Non. Non ! » hurlaient-ils. « Pas la fin, ne touchez pas la fin ! Ne blasphémez pas ! Sainte-Marie mère de Moore, pas ce sacrilège ! »


Snyder l’a dit. Snyder l’a fait. Et il a eu raison. On me bannira certainement des conventions de San Diego pour oser le dire, mais la fin de Watchmen, si puissante dans le fond, était objectivement ridicule sur la forme. Du moins, elle l’aurait été au cinéma. J’irais même plus loin dans le blasphème, cette nouvelle fin mitonnée par Snyder, David Hayter et Alex Tse, est plus intelligente que celle de Moore. Mais rassure-toi fan éploré, car si elle change radicalement de forme, le fond n’en est que renforcé et son essence parfaitement intacte et tout aussi violente, voir plus. Je n’irais pas plus loin, faudrait pas qu’on m’accuse de spoiler le lectorat.




Les personnages

Comme dans la bd, le personnage le plus intéressant reste Rorschach. Interprété par l’ancien kid-star Jackie Earle Haley qui avait disparu d’Hollywood pendant 15 ans, il reste l’enfant maudit paranoïaque et sociopathe qui ne fait aucun compromis. Patrick Wilson quant à lui, malgré les doutes qui ont fleuri sur les forums, incarne un Night Owl plus vrai que nature, même si les puristes le trouveront un peu trop jeune pour être parfait, comme pour les autres personnages. Néanmoins, la performance des acteurs pare à cet handicape avec brio. Même chose pour Matthew Goode aka Ozymandias qui sous ses airs de freluquet donne corps à merveille à Adrian Veidt (le flegme british de l’acteur anglais remplissant parfaitement cette fonction). La seule erreur sera peut-être le choix d’utiliser Carla Gugino pour interpréter Sally Jupiter vieille et jeune (dans les flashbacks) car malgré l’extrême finesse de son maquillage, on peine à lui donner 67 ans. En ce qui concerne Docteur Manhattan, là par contre il n’y a rien à dire, la précision du détail donnant une dimension nouvelle au personnage qui devient encore plus énigmatique que sous le trait de Gibbons.




Verdict 

Watchmen, le film, supporte mal la comparaison avec le comics. Cela il faut l’avouer. L’œuvre originale atteignant la perfection, c’est avec un esprit ouvert qu’il faudra replonger dans l’univers, sous peine de se focaliser sur ce qui dérange. Mais le film est sans conteste une grande réussite.  Pour ceux qui découvriront ces héros d’un genre nouveau, l’expérience est à faire sans la moindre hésitation, que l’on ait ou pas apprécié 300, qui n’a rien à voir. Et comme on n’est pas bégueule sur MDM, voici la bande annonce :


 





Earl Mayer @ 27/02/09 5 commentaires
Des gens connus

Ceux qui étaient éléguants

Jean Ji et Jean Jo

sur Goom Radio

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Mac Fly, c'est aussi de la découverte de talents comme Jean Ji et Jean Jo. Ces deux énergumènes, issus tout droit d'un sketsch de Francois Perrusse qui aurait mal tourné, rendent hommage à la grossièreté avec une énergie peu commune.


Ceux qui donnaient un cocktail surprenant

Lofofora - Employé du mois

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Lorsqu'on mélange du Lofofora à du David Guetta, on suspecte un mix assez malsain. Pourtant, les facéties de l'actrice fétiche de Guetta conviennent admirablement bien aux paroles de Lofo (qui elles conviennent bien à la conjoncture).


Celle qui t'emmerde

Lily Allen - Fuck You

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Quand Lily Allen sort son fameux "tube de la maturité", il s'appelle tout naturellement Fuck You. Ca tombe bien car beaucoup de monde emmerde beaucoup de monde. C'est aussi un cas d'étude idéal pour illustrer les pathologies liées à l'usage intensif d'Iphone.


Celle qui avait tout fait en accéléré

Susan Boyle à l'école des fans

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Tu vois cette femme ? C'est Susan Boyle. Elle est très connue. Mais avant c'était une parfaite inconnue. Dans le genre heure de gloire hyper soudaine et rançon du succès quasi instantanée, Susan Boyle se pose là. Elle a déjà eu droit à son South Park (mais Wing était déjà passée par là) et son Simpsons. Même les Sims s'y mettent. Bientôt les figurines dans les Frosties.


Celui qui faisait le buzz

McFly - Je fais le buzz

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Quand l'animateur de Goom Radio prend le mic,c'est pour faire du buzz, mais suffit-il de se blinder de références pour avoir la classe ?


* tous les people *