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Dans la vallée d’Elah (Ella Elle l’a…)

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  Petit manuel à l'attention des cibles de polémistes et autres trolls suffisants 1 


Et mon cul, c'est du poulet a dit :

08/03/10
J'ai vu ce film il y a deux jours : il n'y a aucune ambiguïté sur la fin, tu passes pour un âne. Ton article est nul, la comparaison avec Avatar est à chier, ta culture cinématographique a l'air d'être aussi anémique qu'une top modèle éthiopienne, pond plutôt des chroniques sur le tricot où l'élevage des vers à soie, tu seras (peut-être) moins ridicule.


Voici un commentaire tel qu'il s'est récemment présenté sur un de mes articles à l'avant gardisme incompris (il est pourtant tout à fait génial cet article).

Dans un premier temps, ce commentaire m'est apparu comme un ilot de poésie dans le vide cosmique de la conciergerie de mondedemerde.net en grève depuis quelque temps. Mais après réflexion, je ne sais pas bien s'il y a de quoi être flatté d'être lu par monsieur Eric Naulleau en personne. Me voilà en effet dans la position de l'invité de On n'est pas couché qui se prend un missile Sol-Sol dans la figure et qui se demande bien qu'est ce qu'il peut répondre à ça (elle est bien cette comparaison non ?). J'ai tout de même un avantage par rapport à la victime du samedi soir : hors de la cruelle arène télévisuelle, je suis dans l'antre que je contrôle et ne suis pas à la merci de l'urgence d'une émission guidée par l'audimat.

Alors quels sont mes choix face à cette courageuse attaque anonyme ? Petite liste récapitulative :

petit A : je le prends mal de façon assez primaire. Mais c'est tombé bien vite dans le piège du provocateur chafouin qui n'attend que ce déclic pour ensuite étaler sa condescendance brillante de rationalité évidente. C'est clairement la pire alternative possible comme l'ont illustré avec brio Francis Lalanne ou bien Cali qui ont fait grand honneur au Eric Naulleau sus cité et sont devenus bien malgré eux des icônes de la mythologie de l'émission "On n'est pas couché".

petit B : petite variante de la première option, à l'instar de Jacques Weber, je tape du poing sur la table et je lui cause pu d'abord. GROA GROA. Oui mais trop tard, le choix s'est déjà écarté de lui même.

petit C : je klaxonne, en vérifiant d'abord que je ne traverse pas une agglomération.

petit D : motivé par une vengeance sournoise, je fais un petit mot d'esprit en retournant une grosse saloperie à l'envoyeur l'air de rien. Mais est-ce que l'homme le plus classe du monde se serait mis au niveau de ses détracteurs ? Non, il aurait assurément préféré partir plutôt que d'entendre ça plutôt que d'être sourd.

petit E : à propos de partir, je fais comme Jacques Attali et prend la tangente ; c'est à dire que je ferme le site illico et adios les idioties mondedemerdiennes. Pour un commentaire foireux, c'est toutefois oublier bien vite les milliards de lecteurs accrocs à mon ridicule latent et mes chroniques d'inculte notoire ; ce qui serait vraiment égoïste. Le geste aurait quand même pour lui un élan romantique séduisant.

petit F : je fais un concours de tong avec Mike Tyson et je pars vendre des poissons panés au Tibet.

petit G : je reste stoïque sans mot dire comme Sliimy. Cependant, je deviens alors la victime de cette terrible loi des sociétés humaines qui sévit à travers les ages depuis la nuit des temps : "le dernier qui parle a toujours raison". Dieu sait qu'elle a fait des ravages. Cela dit, présentement dans notre contexte, c'eut été une option tout à fait envisageable. Après tout, cette page web s'appelle monde de merde et toute illustration contribue à la véracité de l'intitulé du site.

petit H (vas-y passe passe le oinj) : plus fort que Sliimy, je fais du positivisme forcené. Comme la gentille Zazie, je philosophe sur les méchants qui sont fatalement méchants mais je leur en veux pas. Ils sont comme ça les méchants, c'est pas de leur faute. Je leur fais même des bisous. Mais là, cela serait trahir la ligne éditoriale du site qui ne s'appelle pas monde de bisounours je te ferais dire.

petit I : j'explique pourquoi je ne suis pas d'accord avec les propos avancés. Point par point, méthodiquement, posément et calmement. Mais bon, pourquoi se faire chier quand la critique originelle est d'abord une provocation pour faire style ? Et puis, la vérité, ça n'a jamais intéressé personne.

petit J :je gifle


Sans avoir la prétention d'être exhaustif, nous avons donc évoqué un large panel d'options. Alors au final, que fais-je ?
Comment réagir au commentaire anonyme d'Eric Naulleau ?
Réponse A : S'emporter. C'est tout moi ça, des fois je m'énerve.
Réponse B : RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!
Réponse C : TUT TUT !
Réponse D : c'est cui qui dit qui y'est
Réponse E : Préférer partir plutôt que d'entendre ça plutôt que d'être sourd
Réponse F : Kamoulox !
Réponse G : la bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe.
Réponse H : kikoo lol ^^
Réponse I : invoquer Michel Rocard.
Réponse J : je gifle.
Réponse Z : la réponse D (ouais c'est pas raccord)
Réponse X : je mets au carré et je retiens 2
Kylord @ 10/03/10 1 commentaire
  L'île de ouf malade 3 
Sur mondedemerde.net, faire découvrir des films qui n'ont pas l'exposition qu'ils méritent, c'est un peu mon sacerdoce. C'est pour cela que j'ai choisi de vous parler ce soir de Shutter Island, un petit film indépendant en provenance directe des US et réalisé par Martin Scorsese, un cinéaste méconnu qui pourrait bien faire parler de lui à l'avenir. Je continue dans les adaptations puisque l'histoire vient du roman éponyme de l'américain Dennis Lehanne (un mec qui a déjà inspiré le cinéma notamment ce bon vieux Clint avec Mystic River).

Au casting, ce sont aussi des jeunes pousses qui débutent, à savoir Léonardo Di Caprio et Mark Ruffalo qui interprètent tout deux des marshalls partant enquêter sur une île de ouf malade. Et pour cause : l'île abrite un asile de fous furieux meurtriers et symbolise le dernier recoin habitable de l'âme avant la perdition totale. Les deux flics vont courir après la disparition d'une patiente forcenée mais vont découvrir bien plus qu'ils ne le pensaient (* musique tendue *).

Voilà, j'ai posé le contexte et maintenant il va bien falloir déflorer le film pour voir ce qu'il a dans le ventre.

Après Avatar qui nous invitait dans l'univers des rêves édulcorées, Shutter Island nous plonge dans le monde de la folie intérieure. C'est assurément un beau monde de merde. Entre évocations des camps de la mort, réminiscences de nazis par-ci par-là, souvenirs d'images sanguinolentes et hallucinations perturbantes, on est soumis à un délire psychique notoire.

Comme Avatar et sa 3D qui avait pour mission de nous mettre dans le même état d'esprit que Jake Scully découvrant le monde tout mimi-flashy de Pandora, Scorsese va s'appliquer avec un talent certain à nous immerger dans le doute perpétuel de la schizophrénie du personnage principal. Les effets spéciaux par exemple sont intégrés en douceur dans le film sans s'étaler en long et en large comme des gros cochons. Certains d'entre eux m'ont rappelé assez étrangement les codes utilisés dans Max Payne (je parle bien évidemment du jeu vidéo aux vertus cinématographiques bien supérieures à sa pitoyable adaptation sur grand écran). Je me permettrai même une remarque de spécialiste que je ne suis pas car j'ai été à plusieurs reprises saisi par la qualité de la photo, à la beauté simple mais évocatrice.

En fin de séance, du murmure de la foule surnagent des "putain j'ai rien compris" (il y a aussi "merde c'était en VO, on s'est planté de séance" mais cela n'est à attribuer qu'à la bêtise crasse de l'ignorance propre à la jeunesse désœuvrée). Autant dire que Scorsese a réussi son coup car il est évident que c'est le type de réaction qu'il recherchait (ou alors s'il a voulu être clair, il a complétement merdé...). Bien sûr, il y a un cheminement, une ligne directrice. Il y a même la révélation. Mais même quand on pense l'avoir saisi, on peut difficilement conclure que nos conjectures personnelles soient la vérité ultime du film. Et ça, c'est vraiment un beau coup de pute du camarade Scorsese car bordel on veut savoir putain de merde ! (oui bon... c'est un petit accès de grossièreté pour rattraper mon quota qui n'était pas respecté ces derniers temps). Mise en abime oblige, on est tout comme l'enquêteur en chef sur l'île qui, comme le montre l'affiche du film, essaie tant bien que mal de faire de la lumière sur l'affaire. Mais avec des allumettes, il est parti pour en chier.

Cependant, ne soyons pas dupes : sous le prétexte fallacieux d'une vérité obscure et d'une dimension onirique, tout réalisateur peut être très vite tenté par les approximations à tout va : "aller hop on fait n'importe quoi, et on dira que c'est fait exprès, ils n'y verront que du feu". Dans l'absolu, ça peut marcher : le génie ne s'explique pas. Mais ici, bof bof. Si la mise en scène porte le propos, on ne peut pas en dire autant de Léonardo qui ne transcende rien. On cerne difficilement ce qu'il fabrique. OK, Scorsese l'aime bien, c'est son boy, il le trimballe de film en film mais est-ce une raison suffisante pour lui faire endosser un rôle qu'il ne mesure pas en profondeur (le virtuel Max Payne qui traverse tout un tas de situations similaires est bien plus convaincant dans sa BD). Et enfin fichtre, on nous fait encore le coup de la pilule rouge et de la pilule bleue. Je me pose une question : vaut-il mieux continuer à vivre comme un monstre ou mourir en homme bien ?
Kylord @ 07/03/10 3 commentaires
  De la belle musique de tueur 0 
Un article pour la Saint Valentin ? Ça serait bien le premier. Oserait on surfer sur le merchandising de l'amour sur mondedemerde.net ? Mais non, pas de panique. Comme à l'accoutumée je vais vous proposer une chronique aux motivations obscures et à la direction hasardeuse. Je sens bien que je vous perds ces temps-ci chers lecteurs complices (vous avez une petite mine, vous m'avez l'air un peu abattus) mais, tant pis, je persiste. C'est ça aussi le journalisme total.

Cela dit, le premier alter-mondialiste venu aura tôt fait de remarquer que, à partir du moment où j'évoque la Saint Valentin, j'ai déjà perdu la bataille contre le capitalisme de marché récupérateur de toute chose puisqu'il suffit de mentionner la moindre célébration mercantile pour que le monstre puisse grossir toujours et encore. N'y a-t-il pas toujours des marques qui font leur com' sur l'alternative et la dérision sur l'événement ?

Enfin, dans le fond, je m'en contrefous de tout ça. Le train du marketing et de la publicité roule sur les rails de mon indifférence (contrairement à l'alter qui va passer son temps à glorifier son ennemi par son adversité persistante). Donc c'est moi qui gagne finalement, tralalère.

Bref ! Il n'empêche qu'il s'agit de chroniquer aujourd'hui un album qui va complètement à contre courant de la Saint Valentin. L'œuvre en question date de 1999 et a été composée par le groupe Tue-Loup dont les membres, à ma connaissance, ne sont pas chasseurs et n'ont rien contre Ladyhawke (ceux qui ont compris cette référence sont super balaises). Peut être ont-ils plutôt l'ambition démesurée de faire taire le loup qui est tapis en chacun de nous par la grâce de leur musique... ohoh...

Parlons donc de La Belle Inutile car ainsi s'intitule l'œuvre. Belle, oui. Inutile, rien n'est moins sûr. Bon, en fait, c'est d'abord le nom d'un hameau de la Sarthe. Mais comme je l'ai lu distraitement sur l'internet des jeunes il y a peu, "on n'y revient bien trop souvent pour que cela soit par hasard" (l'album, pas le hameau). La formule est très juste et je m'en va vous expliquer pourquoi. C'est en effet un rock construit autour de rythmes apaisants ou languissants, qui ne crient gare, mais qui sont habillés de guitares pénétrantes et d'un chant lourd de significations, sardonique au possible. Plus on y revient, plus on écoute, plus on saisit la densité de chaque temps, de chaque reprise.

Le premier morceau, La Purge, en dit long. Il s'agit pour le chanteur de "purger toute cette connerie". Tout cela s'annonce comme un avertissement en avant-garde des morceaux suivants qui vont partir de plus en plus en exploration des coins obscurs de l'âme. C'est à dire que le chanteur s'annonce déjà comme un porc dans une histoire de ménage à trois.

Mais voilà que l'ambiance de l'album m'habite à nouveau et je suis épris par son atmosphère. Oh lassitude, je m'enterre dans ton royaume. Je suis las comme cet album, mais d'une lassitude éclairée, d'une lassitude qui m'emplit de lucidité (qu'est ce qu'on ferait pas pour justifier le plaisir de l'indolence). Je m'alanguis à l'écoute des guitares car vient déjà le morceau clé du recueil : Merlin. C'est le moment de se faire les pires scélérats du monde : les marchands d'illusions. On pendra Merlin pour l'exemple. Merlin l'enchanteur, tout à fait. Vous savez quoi ? Je sens que ça sent le sapin pour lui. On va l'abattre de dos dans une forêt. Il fera moins le malin. On fera son affaire au son d'une guitare lente mais affutée et incisive. Qu'il sente bien sa douleur. On se délectera de sa souffrance en gémissant des propos incompréhensibles. Oh oui, c'est bon comme ça. On va l'abattre !

Mais tout n'est pas si facile car déjà la culpabilité ronge Tue-Loup qui, au son d'une chanson ironiquement solennelle, veut rayer des noms de son calepin (un calepin en 1999 ?.. hum m'étonnerait qu'ils soient passés sur Facebook depuis). Mais Tue-Loup n'a pas l'air d'y arriver. Alors Tue-Loup va préférer se relâcher dans une musique très lente de façon totalement décomplexée : c'est le Khamsin. L'oxymore indique qu'on est pas à une contradiction près car, pour tourner au ralenti, avachi dans la paresse, je ne crois pas avoir encore trouvé mieux : "je préfère m'assoir.... à défaut..... d'autre chose....". C'est magnifique.

Mais l'avantage, quand on glandouille, est que l'envie de partir en vrille est alors décuplée. Blaise Pascal y voit plutôt lui un problème en plaidant que "tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre". Mais je le soupçonne d'être un poil relou comme mec. Les zikos de Tue-Loup vont quant à eux partir dans une jolie vrille en triple axel double piqué sur Ta Loche. Hmmm il y est encore question de gens cocus. Décidément, y'a l'air d'avoir anguille sous roche.

Ne nous attardons pas car s'ensuivent déjà des morceaux moins stylisés mais plus profonds. Ils associent des paroles mêlant défiance, cynisme, amertume, acidité, à la beauté poétique indéniable, avec des guitares orchestrées très habilement pour dramatiser les montées, les chutes, les pauses. S'enchainent La Mare, Santa Fé, Le Cri de la Chouette entre desquels se glissent de subtils interludes. Les pensées les plus alambiquées, les turpitudes les plus incongrues sont décortiquées et semblent consumer l'esprit indéniablement jusqu'à L'épou. Quant vient l'épou, on a atteint le fond du trip masochiste. Mais, épou ou épou... vantail ?

Avant le résigné Tous A la même enseigne, peut être le morceau le moins percutant (et qui revêt à ce titre un ironique double sens), Tue-Loup se redresse dans un ultime soupir dans Gorky comme le dernier râle d'une tentative désespérée d'adresser un message. La guitare trouve même là un compagnon dans la figure d'un violon.

De bout en bout, La Belle Inutile est sombre et, pourtant, c'est la félicité qui marque son écoute. C'est la grâce de la musique.
Kylord @ 14/02/10 0 commentaire
  La genèse romancée du Jamel Comedy Club 0 
Quand on a envie de glander, aller voir un film sur la glande, c'est un peu le combo suprême. C'est le paroxysme de la fainéantise élevée au rang de chef d'oeuvre artistique. C'est l'état végétatif dans toute sa splendeur. C'est trouver de la spiritualité dans l'inaction la plus totale. C'est tranquille quoi.

C'est dans cet état d'esprit qu'on va fatalement voir Les Barons, une attitude qui est largement suggérée par le facétieux chapeau "glander plus pour vivre plus". On se dit alors qu'on va avoir une version filmée en vrai des Lascars (pas la plus mauvaise vitrine qui puisse être).

Et pourtant, tout est beaucoup plus compliqué qu'un simple détournement de slogan sarkozyste. Déjà, c'est un film belge sur des arabes. Déjà, c'est louche. Faire travailler des empaffés pareils ensemble, ça peut faire que des problèmes. Bon, si y'en avait qu'un, ça irait. Mais là, y'en a carrément quatre à l'écran. C'est même pas Jamel, et encore moins Zidane, donc je t'explique pas le merdier.

Au début, c'est bon enfant. On rigole bien avec la glande et il y a même des purs effets spéciaux pour qu'on puisse se contenter dans notre quiétude béate. En gros, c'est ce à quoi on s'attend si on s'est un tant soi peu attardé sur les teasers à droite à gauche. C'est plein de petits gags idiots avec Julien Courbey qui fait le C3-PO de la bande (ne me parlez pas de Jar Jar Binks, rien à voir). L'obsession du gus est en effet de se faire accepter parmi les barons (même s'il n'a aucune idée de la raison de la chose).

Mais on va voir ensuite que le réalisateur est très pervers car il a caché un autre film derrière ces pantalonnades. Petit à petit l'ambiance va se densifier. D'abord, le héros Hassan va se poser des questions existentielles (alors les arabes auraient une conscience ? Vlà autre chose). Il va être confronté à ses aspirations profondes, le poids des traditions familiales, son estime personnelle.... oula mais, c'est quoi ce délire ? Serait ce donc un vieux film moralisateur ?... Hé bien parfois, on flirte sur le terrain mais là n'est pas le propos essentiel. C'est d'abord un film qui s'en prend au déterminisme. Le sujet est incarné par les confrontations fraternelles qui vont se produire au sein de la bande, chacun étant tiraillé entre un conformisme ancré dans les moeurs et une envie de se faire plez'.

Et Hassan, c'est quoi son trip à lui ? Ben c'est de faire marrer les gens. Ohoh, vous le voyez là le parallèle avec le Jamel Comedy Club ? Dépasser sa condition par le lolage, ça vous parle ? Une fois de plus, tout a une raison. Outre Edouard Baer étonnamment à l'aise en gérant blasé de cabaret de quartier, on retrouve en effet Amelle Chahbi au casting. Comme de par hasard, cette pro de la pose R&B a sévi maintes fois dans le Jamel Comedy Club (et hop, ça nous fait une mise en abime). Pour Hassan, la demoiselle est justement le symbole de la défiance faite au déterminisme. Embarquée dans une histoire d'amour impossible, elle va le provoquer dans ses certitudes. Et c'est vraiment trop mimi.

Les Barons s'affiche ainsi comme un petit film tranquille et pourtant, mine de rien, il aborde des grands sujets peinard. C'est la classe. Il y a bien des passages bidons mais le ton de ce genre de film donne l'avantage de pouvoir faire croire que c'est toujours voulu.

Kylord @ 27/01/10 0 commentaire
  Lofofora et sa mémoire de fou furieux 0 
D'un côté, il y a Avatar et son mirage de la nature indomptable et indéfléctible à laquelle les hommes doivent se soumettre. De l'autre, il y a la réalité de l'envrionnement qui en prend pour son grade et des réunions de Copenhague complètement foireuses tout juste bonnes à faire du chahut médiatique.

Alors je sais pas pourquoi, mais j'ai eu envie de chroniquer le dernier album de Lofofora et leur "Mémoire de singes". Peut être que l'idée m'est venue au souvenir du clip éponyme qui symbolise tout cela : une atmosphère de fin du monde dans une urgence chaotique avec quand même cette consolation de pauvre fou d'en avoir bien profité et de finir dans un grand show apocalyptique.

Et puis, j'avais loupé la chronique à la sortie et c'est vraiment nul de ma part. C'est d'autant plus vrai que cet album est une synthèse. Oui, je vais encore vous refaire le coup du groupe qui fait son bilan et renoue avec ses origines pour les transcender. Mine de rien, comme Liebe ist fur alle da pour Rammstein, Mémoire de singes est le 6ème album pour Lofofora. De là à développer une théorie fumeuse du 6ème album, il n'y a qu'un pas que je ne sauterai pas pour ne pas faire le chroniqueur vaniteux (même si c'est déjà trop tard).

Mais c'est que j'ai aussi des arguments. On a de tout ce qui fait Lofo dans Mémoire de Singes : la révolte du premier album, la claque de Peuh !, la désespérance de Dur Comme Fer, le fond et la forme de Le Fond et la Forme (hun hun) et le punk de Les Choses qui nous dérangent.

Rappelez-vous !
Chez Lofo, le premier morceau a toujours annoncé le ton. Sur Lofofora, le premier morceau Holiday in France marquait le ton adolescent. Sur Peuh !, Jazz Trash Assassin indiquait la claque à venir (j'insiste mais cet album reste une claque même à la 492329312ème écoute). Au secours annonçait l'âpreté de Dur comme Fer. Le posé premier morceau du Fond et la Forme soulignait la nouvelle production et la tangente qui avait été prise. Les Choses qui nous dérangent de l'album du même nom imprimait bien quant à lui la tonalité punk voulue. Là, Mémoire de Singes rassemble le tout avec un sentiment de détresse et de tension aiguë supplémentaire. Il s'agit bien de "Mémoire".


Lofofora renoue donc avec ses classiques. La religion et le nationalisme auront droit à leur crochet du droit en bonne et due forme. Cela sera Dernier Jugement pour la religion (le jugement dernier ? on appréciera la petite connotation apocalyptique pour assaisonner le tout) et Tricolore pour décrier les turpitudes patriotiques. Dans ce dernier morceau, il y a une petite facétie du chanteur Reuno. Il cite Einstein dans ses paroles avec comme une sorte d'étonnement. On ressent un peu la surprise du gars qui s'est retrouvé dans les propos d'un individu qu'il estimait a priori à milles lieues de lui de par son statut de génie scientifique (et aussi de par sa coiffure).

Rappelez-vous !
Concernant le principe religieux, cela fait longtemps que Lofo a pris ses distances. Dès le premier album éponyme, Reuno chantait "Arrêtez de croire aux divinités puissantes qui détiennent le pouvoir" dans Irie Style. Quant aux nationalismes xénophobes, Amnes History sur Peuh ! a fait figure d'avant garde sur le sujet mais ce n'est que récemment que Lofo y va franchement comme dans Aveugle et Sourd sur Les Choses qui nous dérangent.


Mais ce qui frappe surtout, ce sont la tension et l'écriture qui nous évoquent puissamment Dur comme Fer. Le bourrin Comme des bêtes, le génialissime et électrique Tous les Mêmes sont autant de morceaux qui rappellent furieusement Les Gens ou Au Secours. Le rapprochement est d'autant plus net qu'on retrouve la même contradiction que celle de Dur Comme Fer : à ces textes rêches et mordants, Reuno pose d'autres paroles aux antipodes comme sur Nous Autres ou Trop qui font l'éloge d'une possibilité d'évasion aux sombres décors précédemment décrits. On avait un grand écart similaire sur Dur comme Fer avec Weedo et PMGBO.

Rappelez-vous !
Il y a beaucoup de points de ressemblance dans les textes avec Dur comme Fer. C'est le cas avec La Belle Vie (une sorte de détournement de Plus belle la vie... hum hum). Le propos fait penser à Rêve et crève en démocratie. A l'époque, Reuno décrivait l'existence difficile d'un homme ayant quitté son pays pour venir en occident. Aujourd'hui, Reuno raconte le parcours calamiteux d'une femme aussi expatriée dans le rêve d'une vie meilleure. C'est la même histoire d'espoirs déçus avec peut être encore plus d'amertume qu'avant.


Mais cela serait bien triste si l'album n'était qu'une recompilation du passé même si habilement réalisée. On a heureusement de nouvelles choses. La première la plus stupéfiante (et pour cause... si vous voyez déjà ce que je veux dire) est cette franche fronde rigolarde envers le monde du travail. King Ju des Stupeflip est invité pour l'occasion dans un véritable défouloir sur Torture. C'est un peu bétasson mais qu'est ce que c'est bon ! Lofo fait preuve du même humour lapidaire sur Employé du Mois qui peut s'écouter avec délectation après tout entretien foireux en entreprise. Pour la petite histoire, le stupéfiant King Ju des Stupeflip a aussi réalisé la jaquette de l'album ; ce qui explique pourquoi Lofofora s'est détaché de ses habituelles pochettes en sobriété à la Daft Punk. On peut dire qu'il a bien servi l'affaire en termes d'avant goût d'apocalypse.

Depuis Le Fond et la Forme, Lofofora est un groupe qui s'offre aussi à l'intime. Il consacre ainsi la fin de l'album à des textes plus intérieurs. Dans Nuit Blanche, Reuno s'attache à garder une dimension poétique malgré la musique toujours aussi chargée d'énergie métale. Peut être que ce contexte lui sert à y "voir toujours mieux qu'en plein jour". Sur 5h43, il s'inscrit là dans une fiction en hommage à son ami Sarkozy (la prophétie annoncée du 6 mai 2008 ne s'est visiblement pas accomplie puisque Reuno est toujours en liberté). A l'image du discours existentiel, la musique est alors plus torturée, moins frontale que les premiers morceaux.

Mais je ne finirai pas cet article sans vous parler du point d'orgue de l'album qu'est le titre Nobody's Perfect. Tiens, voilà de l'anglais qui pointe son nez. Je vous parlais de Rammstein au début de cet article et justement, comme Rammstein, Lofofora joue aussi d'ironie avec l'anglais. Quand Reuno dit que "personne n'est parfait", c'est un sacré euphémisme. Il s'en prend là au déterminisme avec une amertume jamais vue auparavant : "Chacun sa caste ! Tous dans la secte !". Et de rajouter : "Puisqu'on s'y fait, soyons heureux ! Vivons cachés ! Même un jour sur deux !". Le passé nous montre que le parallèle que je fais avec Rammstein et l'anglais n'arrive pas fortuitement. Lofofora n'attaquait-il pas frontalement les USA dans Nouveau Monde tandis que Rammstein s'en est occupé avec Amerika ? "Toutatuneraison", comme me disait un grand ami philosophe.
Kylord @ 23/01/10 0 commentaire
  Avatar : Un MMORPG grandeur nature au cinéma 11 
Avatar sur ton téléphone, avatar dans ton verre, avatar sur ton écran, avatar ta gueule à la récré... Avatar partout. Dans ces conditions, analyser le film en dehors de tout trafic d'influences et sans réflexe réactionnaire à la pression mercantile est un challenge de haute volée. Mais fort de mon impétuosité arrogante, je vais tout de même le relever. Pour toi lecteur chéri (maintenant qu'on se tutoie, tu me permets cette familiarité ?).

Puisqu'on parle de la force marketing accompagnant le film, évoquons d'abord cette première contradiction : pas la peine de chercher midi à quatorze heures pour comprendre que le film se veut le défenseur d'une société en paix avec sa nature environnante, aux dimensions raisonnables et qui respecte des valeurs traditionnelles et ancestrales dans le cadre d'une communion collective pour ne pas dire tribale. Bref : c'est tout l'opposé même des énergies commerciales mises au service des prouesses technologiques du film et de sa distribution. La grande question qui se pose alors est la suivante : sans déconner, est ce que le message est recevable ? Est ce qu'on peut prétendre quelque chose en étant tout le contraire ? Après tout, c'est ce que font les politiques depuis la nuit des temps, me dirait le premier cynique désabusé. Sans contredire le cynique, il est bon de se rappeler qu'un message ne vaut intrinsèquement rien. Il ne vaut que si on sait qui le dit, dans quel contexte et pourquoi il le dit. Il y a donc de quoi rester dubitatif face au message d'Avatar. On s'en passera donc volontiers pour la suite.

Concernant le récit et ses rebondissements, le décor de science-fiction ne nous masque pas la fatale vérité : il s'agit bien d'une sorte d'histoire de Pocahontas moderne (ou de Danse avec les loups si vous aimez bien Kevin Costner). Un bourrin de marine débarque sur une planète qu'il ne connait ni d'Eve ni d'Adam. Il déboule alors chez les indigènes du coin avec ses grosse boots pour petit à petit sombrer sous le charme de l'exotisme de ses hôtes. Puis il finit par défendre leur cause alors qu'il n'était au départ ni plus ni moins qu'un des facteurs déclencheurs de leur déchéance. Pour la petite parenthèse people, le marine est joué par Sam Worthington, un nouveau prétendant aux rôles bourrins qui monte. On l'avait déjà vu dans Terminator : Renaissance où, comme de par hasard, il incarnait déjà un mec qui avait le cul entre deux chaises

L'analogie avec le tragique destin des amérindiens est donc assez évident. Vu comment le film est très édulcoré, cela fait un peu opération "rachat de conscience" mais il y a de quoi avoir des doutes quant à la crédibilité de l'affaire (Y aurait-il un début de tendance du cinéma américain à faire mine de réécrire l'histoire ? Dans le genre, Tarantino se faisait carrément plaisir avec Inglorious Basterds). Par dessus cette trame de fond, Avatar nous ajoute un grand classique de rivalités à l'hollywoodienne : les gentils scientifiques vs les méchants militaires. Le manichéisme est assez violent pour le coup et le grand méchant semble tout droit sortir de "debout les zouzous" (ou un truc du genre).

Je suis très critique jusqu'ici et, pourtant, l'immersion dans Avatar fonctionne à merveille. Si l'histoire est attendue, l'énergie consacrée à la mettre en scène est assez ouf et on est pris dans l'aventure malgré des séquences aux clichés éculés (le capitaliste cupide, la scientifique obstinée...). Lorsque le spectacle est en 3D, il va sans dire que c'est terriblement efficace et cela offre même le luxe de faire taire le vacarme de la plèbe tant le public en salle se fait happer par le film.

Il faut cependant que j'explique le titre de cet article tout comme celui du film. Si le déroulement de l'histoire est bien prévisible, il reste une spécificité : c'est l'avatar. Pour approcher la population locale et être acceptés, les protagonistes humains utilisent des enveloppes corporelles indigènes qu'ils commandent par influx nerveux depuis une cabine. En gros, ils restent couchés chez eux pendant qu'ils contrôlent un avatar qui sauve le monde. L'analogie avec les MMORPG est toute trouvée (avec tout de même la "légère" nuance que l'avatar est bien réel). Elle s'avère fort bienvenue pour le film en ces temps de succès des jeux en ligne massivement multijoueur. C'est encore sans parler de l'esthétique très stylée jeux vidéos.

Tout amateur de MMORPG peut être d'autant plus interpellé que le film délivre un message inédit par rapport au fait de contrôler un autre individu que soi : finirait-on par devenir celui qu'on incarne quitte à délaisser son identité passée ? Avatar choisit sa ligne. Elle est tout l'inverse d'un autre film récent sur le sujet, Clones, où Bruce Willis mettait fin au règne des machines qui faisaient office d'enveloppes corporelles prêtes à l'emploi pour les citoyens. Ces avatars étaient là dénommés de façon plus péjorative : il s'agissait de "clones". Le film de James Cameron explose tous les chiffres et on doit se taper 15h de queue dans le froid pour le voir. L'autre a fait un flop même pas retentissant avec un Bruce Willis pas très convaincant. L'humanité a-t-elle déjà choisi son camp ?
Kylord @ 07/01/10 11 commentaires
  Suicide d'une chronique annoncée 2 
Suivre l’actualité quotidienne au petit bonheur la chance, être à l’affut de scoops (ou être capables d’en inventer), se constituer un background (prononcer « bakgräwounedeu ») de compétences d’enfumette en tout genre, traverser l’Alaska à pied : bien des épreuves attendent le journaliste total. Son objectif, sa mission, qu’il ne perd jamais de vue, est de parvenir à publier un article qui sera l’osmose parfaite entre théories foireuses et humour de merde. Mais parfois, en dépit d’une déontologie marqué au fer rouge dans son cervelet, il commettra l’impensable : il donnera des éléments d’information (mais bien heureusement totalement inintéressants dans la plupart des cas).

Comment le journaliste total en arrive-t-il là ? comment peut il finir par dévier de ses convictions bornées ? Le peuple a le droit de se poser la question.

Il se trouve que l'interrogation tombe d'autant plus à pic que la rédaction souffre d'un collectif en perte de vitesse pour ne pas dire défaillant. Earl Mayer a disparu à l'étranger pour un motif un peu confus (il serait question d'adopter des wekas), I_am_I n'est pas arrivé au bout de son grand post de 2008 (ce qui, aux prémices de 2010, est fâcheux), Bordel est un peu désorganisée (mais fallait s'y attendre un peu pour une zombie); quant à Dunn, il reste sans doute l'élément le plus efficace dans son domaine, la production de rien, même si nous avons pu assister à quelques accidents bienvenus.

Pour comprendre la situation, j’ai donc commencé à fouiller dans tous ces papiers qui n’ont jamais vu le jour. Tous ces embryons d’article qui pour de sombres raisons demeurées incomprises (« oh il neige, je vais gambader dans les flocons», « je crois que j’ai trop bu… oula….beu *censuré* », « j’écris vraiment de la merde laisse tomber quoi »…) n’ont jamais été diffusées sur ce site. J'ai ainsi parcouru des tas de dossiers empilés, j'ai erré dans les archives, j'ai fouiné dans les poubelles. Oui, lecteur, je vais te révéler l’envers du décor. Oui, lecteur, place aux révélations grandiloquentes, aux paroles perfides, aux médisances encensées et aux sales coups de pute applaudis.

Prenons cette ébauche retrouvée que je tiens présentement dans mes mains (pas du tout en fait, mais mettons nous en situation voulez-vous). Cette chronique faillit éclore un beau jour et puis non finalement parce que voilà (le journaliste total ne cherche même pas d’excuse, il est au-dessus de ça).

Il s’agissait d’un article sur un flim : Suicide Club. Voilà qui vient à point après La Route. Sans oublier que cela tombe aussi à pic en cette période de pointe de l'activité post nouvel an (je sais, je suis atroce).

L’auteur de la chronique, mystérieux personnage se dissimulant sous le pseudo d’I_am_I, l'avait judicieusement intitulée « Fight Suicide Club ». On voit déjà un principe récurrent du journaliste total : étaler ses quelques références de partout pour se la péter à mort. Mais rentrons sans plus tarder dans le vif de cet article inachevé tel qu'il a été écrit par son illustre rédacteur à l'époque (je me permettrai quelques remarques en italique au fur et à mesure dans un souci de décryptage du travail du journaliste total) :


Fight Suicide Club

Enfin un thème vraiment tendance sur mdm, le suicide. Quoi t’es pas encore suicidé ? Pauvre vieux pense un peu à soigner ta hypitude ! Venir te cultiver un peu auprès de l’élite sur monde de merde c’est bien, mais ça ne suffit pas. Un suicide réussi t’ouvrira les portes du show business…
Au moment où l’auteur écrit ces phrases, il ne sait pas à quel point sa clairvoyance tombe juste et était le présage d’un battage médiatique qui allait faire du suicide une banale actualité.

Sinon au pire tu peux mater suicide club. Tiens ça tombe bien ça me fait penser que je l’ai regardé pas plus tard que l’autre soir. Bon, j’ai rien compris. Est-ce que ça va m’empêcher d’en parler? Oui.
Ce passage dénote un grand déséquilibre mental chez son auteur. Vous pourrez noter en effet que le sujet se prétend dans l'incapacité de parler alors que c'est justement ce qu'il est en train de faire. Moi je pense que c'est un ouf. Un ouf malade.

Non en fait, je suis un ouf malade moi. C’est peut-être même pour ça que j’ai envie d’en parler. A chacun sa passion, la mienne c’est de passer pour un con.
Ah, au moins, on est d'accord sur un truc.

Un film bien obscur donc. Genre David lynch à coté, c’est limpide. Enfin j’exagère. Je suis quelqu’un qui exagère. D’ailleurs, il s’agit d’un film japonais, ce qui n’arrange rien pour l’occidental moyen. Bien des aspects du flim ont pu m’échapper pour cause de profondes divergences culturelles.
Ce paragraphe est un des plus cohérents qu'il nous sera donné de voir dans ces lignes. Je vous prie d'apprécier ce moment de grâce en respectant 1 minute de silence.

Un film certes bien foireux par certains aspects, mais aussi touchés par de grands moments de grâce…
(ou suicide circle dans lointain pays d’origine), c’est avant tout un titre qui a de la gueule.
Le moment de grâce aura été de courte durée. Ces deux lignes ressemblent à un melting pot de remarques qui n’ont pas été menées à bout. C'est dommage car


Le japon est secoué par des vagues de suicides collectifs irrationnels. Les flics sont sur le coup mais ils sont un peu paumés. Ils trouvent des sacs de sport plein de lambeaux de peau humaine sur les lieux. On peut y voir une sorte d’analyse de la société japonaise (l’effet mouton, d’ailleurs les plus touchés sont les influençables lycéens).

A chaque fois traîne sur les lieux du drame un sac de sport blanc. A l'intérieur, une longue bandelette constituée de lambeaux de peau mis bout à bout. Tout porte à croire qu'il s'agit de suicides collectifs. Mais les victimes ne se connaissent pas et les flics se perdent en conjectures.
Les deux paragraphes ci-dessus sont à peu de choses près les mêmes mais ordonnés différemment. Nous sommes en train de nous rendre compte de l'exigence intellectuelle du journaliste total qui étudie toutes les possibilités envisageables de formulation de sa pensée afin de publier le meilleur de lui même.

Quelques moments d’anthologie (les lycéens qui sautent du toit du main dans la main sur un coup
Là , le journaliste est allé se chercher un café. Drame fatal pour la cohérence de l’article car la parenthèse demeurera à jamais ouverte.

Soyons clair, moi, j’ai à moitié rien capté.
Drôle de mise en abime, car c’est un peu l’effet qu’on ressent quand on lit les bribes de cet article.

Merci de m’éclairer dans les commentaires ceux qui l’ont vu (c’est la raison qui me pousse à faire cette chronique). A la fois un thriller (des suicides apparemment liés à un site web, des sacs de sport rempli de lambeaux de peau humaine, et des flics perdus)
(pas tout pigé)
Là, le journaliste insiste bien qu’il ne comprend rien. Je sais pas si c’est moi mais le mystère s’épaissit. Concédons que cette démarche de solliciter le lectorat pour trouver réponse à ses propres questions est inédite et aurait fait date dans l'histoire du journalimse.

Un genre de thriller, délicatement parsemé de scènes insoutenables dont on se demande si elles sont bien à leur place (aaaaah nan pas la meuf qui se coupe le bras, non sérieusement un conseil, ne regardez jamais ce flim)
Voilà une preuve, s'il y en avait encore besoin, que le journaliste total est prêt à tous les sacrifices pour accomplir son devoir d'information.

Un film tout de même dérangeant, certaines scènes sont vraiment gores (surtout lorsqu’elles sont accompagnées d’une musique onirique) font mouche, dans le sens insoutenable. (Moi le film je l’ai regardé en 2 fois, une scène en particulier m’a un peu traumatisé. Sûrement un traumatisme enfoui de mon enfance. Alors oui c’est glauque, mais en même temps
En même temps quoi ? On ne saura jamais. Lire cette ébauche est un véritable travail de résistance à la frustration.

De l’horreur, vraiment, qui fait dans la bidoche collée aux murs, pas dans le psychologique. Parfois vraiment peu ragoûtant… Alors je sais ce que tu te dis, ami lecteur, ‘est ce que je dois regarder suicide club ou pas alors ?’. Boah j’en sais rien moi. T’as de ces questions franchement.
Tout ça pour ça.... Après coup, on réalisera que ces phrases sont la conclusion de l’article. Étrangement, elles apparaissent ici, en plein milieu de la chronique. Elles sont cependant un signe que le journaliste est en proie au découragement... le premier signe du destin tragique de l'ébauche...

Dérangeant aussi, cette manie qu’a le réalisateur de passer du 1er degré le plus tragique au second degré burlesque. Notamment cette scène où les horribles punks pervers sortent la guitare et nous offrent une bien jolie chanson (Impossible de ne pas penser au Rocky Horror Picture show) Parait que le réalisateur a tourné un porno gay. Ça se tient.
Alors que le reporter I_am_I arrivait au bout de son article, on se rend compte qu'il lui restait des anecdotes à placer. Mais il n’a vraisemblablement pas envie de chercher à les replacer l'air de rien dans le corps de l'article. Alors il les laisse à la fin pour maintenir l’architecture déstructurée de l’ensemble. C'est du journalisme total.

En fait, il s'agit peut-être d'une espèce de socio-analyse sur le problème des suicides au Japon. C'est gore, il y a une trame de thriller derrière, des passages à prendre au second degré et une ambiance malsaine, si bien qu'au final on se demande un peu quel est le message que le réalisateur voulait faire passer.
Voici une deuxième conclusion (qu’en conclure sur l’auteur ? qu’il aime bien conclure ?)

Il ne s'agit pas non plus ici de faire de ce site un lieu de rencontre pour futurs suicidés. De toute façon, en matière de suicide, les japonais sont les meilleurs. Leur expérience leur donne un avantage certain, toute concurrence serait ridicule.
Enfin, pour terminer l'article, on sent hélas le journaliste vraiment en banqueroute car ces quelques lignes sont en fait extraites d'un autre article, le tout premier paru sur MdM. Oui, c'est du vol et du plagiat. Cela étant dit, on ne sait pas vraiment précisément quel était le but de cette copie si ce n'est de combler de façon complètement désordonné un article qui n'en demandait pas tant. On remarquera toutefois que ce cross-over conclut simultanément l'article sur le film et notre enquête sur les coulisses du journalisme au sein de la rédaction de mondedemerde.net. Voilà qui est opportun. A vous les studios.

Kylord @ 01/01/10 2 commentaires
  Fêter Noël avec Rammstein 7 

Roter Sand
Waidmanns Heil
Liebe ist für alle da
Haifisch

Paroles
Rammlied
Ich Tu Dir Weh
Waidmanns Heil
Haifisch
B********
Frühling in Paris
Wiener Blut
Pussy
Liebe ist für alle da
Mehr
Roter Sand

Clips

Pussy



Ich Tu Dir Weh

Voilà le message de fin d'année : l'amour est là pour tous. C'est beau. En tout cas, c'est ce que dit Rammstein avec Liebe ist für alle da. Cette revendication de leur sixième album a le mérite de détonner dans le paysage mercantile de Noël.

Mais que vaut ce dernier album des six allemands ?

Hé bien, après le mélancolique Rosenrot, ils signent là un opus en force avec un retour à l'énergie en bloc qui fait penser à leurs débuts. Le prélude Rammlied, l'éponyme Liebe ist für alle da, l'excellent Waidmanns Heil, le moins bon Mehr et l'étrange B******* sont autant de morceaux qui déménagent carrément, riffs saignant à l'appui. Saignant me semble le mot adéquat surtout lorsqu'on pense à la pochette mettant en scène les bouchers de Rammstein autour d'un cadavre. Tout premier degré serait mal placé mais, visiblement, c'est l'Allemagne qui a le plus de mal à appréhender la chose car c'est elle qui les censure tout particulièrement (mais tout ceci a une logique : s'il y a provoc, c'est qu'il y a une gène à provoquer.... et s'il y a gène, c'est qu'il y aura forcément censure...).

En tout cas, les rockeurs aiment décidément bien festoyer autour d'un bon steak humain. On se rappellera le clip Sick Sick Sick des Queens of the Stone Age qui donnaient lieu aussi à un joli banquet du genre (mais là c'étaient eux qui se faisaient bouffer). Cela fait toujours une suggestion d'idée pour le repas de Noël.


Dans une démarche plus introspective, le groupe se penche particulièrement sur son propre cas dans cet album. Cela fait penser à l'étape Take a look in the Mirror chez Korn (et je ne dis pas ça uniquement pour ressortir mes vieilles chroniques). Il y a bien sûr le punchy Rammlied qui fédère les membres dans leur quête musicale. Mais il y a aussi le moins évident Haifisch, superbement original et intéressant à décrypter. Aux sonorités Dépeche Modienne (sisi), le chanteur Tidd Lidemann use et abuse de métaphores pour évoquer les états d'âme de lui et ses comparses dans leur parcours existentiel d'artistes. Par exemple, il parlera de "6 coeurs qui brûlent" comme les 6 membres du groupe... mais aussi comme les 6 albums qu'ils ont sorti jusque là. En partant de cette vision, on peut alors s'attarder sur le refrain :
Und der Haifisch der hat Tränen
Et le requin a des larmes
Und die laufen vom GesichtQui coulent de son visage
Doch der Haifisch lebt im WasserMais le requin vit dans l'eau
So die Tränen sieht man nichtAussi les larmes ne se voient pas.

Avec un peu d'imagination, le "requin", c'est la provoque de Rammstein, qui revêt des dehors agressifs, et "les larmes qu'on ne voit pas", ce sont celles des clowns tristes que sont les membres du groupe. C'est très psychologique.


Mais recentrons-nous sur la musique car elle mérite bien aussi notre intérêt. Comme je le disais, Rammstein revient à des valeurs sûres de riffs énergiques. Waidmanns Heil ou Rammlied constituent des piliers de l'album avec des lancements dignes de Links à l'époque de Mutter. Cela, Rammstein le fait tout en continuant à développer leur tryptique à succès : solennité, puissance et contrôle. Ich Tu Dir Weh en est une belle illustration et le groupe ne s'y est pas trompé en choisissant le morceau pour en faire leur deuxième clip.

A propos de clip... cela m'amène au premier sorti qui a fait son petit buzz. C'est en effet Pussy qui a été choisi. L'habillage du titre (ou plutôt son déshabillage) est plutôt explicite à l'instar du sens des paroles. Mais justement : AMES PRUDES S'ABSTENIR ! NE REGARDER PAS LE CLIP PUSSY ! OLALA NON C'EST CHOQUANT ! NE SURTOUT PAS REGARDER !... c'est bon ? tout le monde a vu ? J'en fais des caisses mais le clip mis à disposition ici est bien censuré. En plus, la qualité de la vidéo est dégueulasse, son y compris (ne vous perdez pas en conjectures sur la baisse de la qualité de production chez Rammstein).

En concert, lors de leurs mégashows, Pussy permet au groupe de montrer à quel point il est content de voir son public. Cela devient particulièrement intéressant quand tout le monde se met à chanter "You've got a pussy, I have a dick, so what's the problem ? Let's do it quick".

Ce ton employé dans Pussy rappelle fortement l'ironie d'Amerika de l'excellent album Reise, Reise. On remarquera pour le coup que le groupe utilise l'anglais quand il se veut terriblement ironique ; ce qui peut faire penser à de la défiance vis-à-vis de la culture anglo-saxonne. Cette correspondance de ton avec une langue n'est pas propre à la langue de Shakespeare. Le français a aussi sa part belle. Mais autant pour l'anglais il s'agit d'ironie, autant pour le français il s'agit de faire dans la dramatique romantique. Dans Liebe ist für alle da, il y a tout un morceau dédié à une romance parisienne, Frühling In Paris avec des vrais bouts de français dedans. C'est quasi du mélo. On se souviendra que le français avait été utilisé dans une même veine sur Reise, Reise avec Amour. Voilà ce que nous, français, symbolisons aux yeux de Rammstein. La dramatique romantique. C'est émouvant.

Rammstein ne parle pas cependant d'amour qu'à la française. Dans Liebe ist für alle da, il en est aussi question en version 100% allemande. De façon prévisible, c'est alors plus carré mais il n'empêche que Tidd Lindemann ne sait pas trop ce qu'il raconte. Un coup, y'a de l'amour pour lui. Un coup, y'en a plus. Il est pas très clair.


Au final, ce nouvel album de Rammstein est quand même un peu court et il y a bien quelques morceaux de moindre saveur. Par exemple, Mehr n'est pas spécialement brillant musicalement même si les paroles ont une portée intéressante puisqu'elles décrivent ce besoin d'en vouloir toujours plus (dans quelle mesure s'agit il d'amour ici ? hm hm...). Mais globalement, le tout est une bonne surprise particulièrement si on s'attendait à du trop réchauffé. Entièrement dédié aux multiples voies que prend l'amour, il en évoque même certaines formes inédites comme celle employée par Joseph Fritzl (pour ceux qui resituent le bonhomme...) et dont il est fait allusion dans Wiener Blut.

En hommage à la féérie des fêtes de fin d'année, Rammstein nous envoie même un ange de Noël....

Oh un ange passe...
Kylord @ 22/12/09 7 commentaires
  Le chemin de croix 5 
Attention, article qui dévoile pas mal de trucs mais c'est con si tu le lis pas, tu vas rater tous les trucs super intéressants que je dis (hé ouais je te tutoie maintenant tavu, c'est moderne).

Voilà une nouvelle adaptation de bouquin, celui du même nom : La Route de l'amerloque Cormac Mc Carthy (auteur déjà adapté avec le pas dégueu No Country For Old Men). Cette fois, j'ai vu le film, mais pas lu le livre. Je n'ai pas trop de scrupules à faire les choses dans cet ordre car tout portait à croire que l'œuvre était très orienté sur l'ambiance (rien à voir avec un polar et son importance du fait). Parfait pour une transposition réussie sur grand écran et au vu de quelques critiques glanées à droite à gauche, la transposition l'était, réussie.

Alors quid de l'histoire ? C'est un père et son fils débarqués dans un univers apocalyptique. C'est vraisemblablement la suite logique à 2012 (mais je n'irai pas voir cette immense entreprise de racolage actif, j'en fais le serment ici même). La seule chose qui leur reste, c'est un infime espoir de survivre et ils vont tacher de s'y accrocher.

Les œuvres qui font giga réfléchir sur la condition humaine, vous savez, j'adore ça. Avec La Route, j'ai bien pris mon pied. Outre les conneries habituelles "la famille c'est important" et "on est rien sans pétrole", il y a trois grands thèmes bien particuliers qui sont développés avec subtilité tout au long du film. Un deux trois, les voilà :


    - D'abord, l'affrontement entre la réalité vécue et l'idéalisme utopique. C'est le père qui incarne le principe de réalité en rappelant constamment sa famille aux préceptes de survie. Le comble est qu'il cultive un look à la Jésus : la barbe fine, les yeux clairs, la maigreur provoquée par la faim. C'est tout au plus une version un peu plus musclée. Mais ce parallèle avec le fils de Dieu est sans doute voulu : le père développe un sens aigüe du sacrifice. Avec un peu d'imagination, on retrouve même la scène du banquet. De l'autre côté, le gamin incarne l'idéalisme. Le comble est que son paternel le compare à Dieu. Le père a donné la vie au gamin mais c'est le gamin qui donne vie au père en tant que représentant divin sur terre (putain c'est beau ce que je dis). Mais tout n'est pas si simple. Si du gamin rejaillit un idéalisme forcené, c'est parce qu'il est d'abord initié par son père (genre tu 'ois, la métaphore de Jésus qui rachète les hommes au yeux de Dieu).


    - L'autre thème, c'est la paranoïa. Dans un tel monde de merde, tout le monde se suspecte en permanence. Chacun voit en l'autre un survivant prêt à tout pour repousser l'échéance de son dernier soupir. Dès lors, c'est un beau merdier plein d'enculés, entre Mad Max et La Nuit des Morts-vivants. Dans ce contexte, le rapport gamin idéaliste/père réaliste prend toute son ampleur. Ils vont être sans cesse en confrontation :
Le gamin : "mais le monsieur il a faim, faut l'aider, c'est trop triste"
Le père : "à quoi ca sert de donner à manger à un gros enculé ???!!"
Je synthétise un poil. En extrapolant, c'est toute la symbolique de la différenciation gauche/droite ou France/Etats-Unis qu'on aborde là. C'est dire la puissance évocatoire des situations.

Mais ce qui est intéressant aussi, c'est la perte de lucidité engendrée par cette paranoïa exacerbée. Le film donne de belles illustrations qui montrent comment parfois la paranoïa peut rendre très con. Paradoxalement, il montre aussi qu'elle peut sauver la vie.... c'est tout le dualisme de l'existence (ce film fait vraiment giga réfléchir). Un exemple très révélateur est l'impression qu'ont la plupart des survivants d'être suivis en permanence : la question "pourquoi vous me suivez ?" posée à tort et à travers à la moindre personne qui apparait donne un caractère absurde aux rencontres. Le comble veut que les seules personnes qui en suivaient d'autres étaient en fait bienveillantes.


    - Le troisième thème, c'est la légitimité du suicide. Il y a tout un débat latent sur le caractère personnel de cet acte individuel et la juste volonté de s'autoterminer lorsque les conditions de vie deviennent insupportables (et par extension, ne s'agit il pas aussi de la légitimité de l'avortement ? (j'extrapole trop ce soir, c'est ouf)). Alors c'est sûr, rien à voir avec cette idiote de Kirsten Stewart qui veut mourir juste parce que, voilà, Robert, il est parti gnagnagna (faut pas t'étonner ma vieille, il est célèbre maintenant, il va se faire plein de gonzesses). Sur La Route (toute la sainte journée), le père va même enseigner le suicide à son fils malgré son obsession de survie, c'est dire à quel point il en considère la juste nécessité.


Donc voilà, si vous aimez les films qui font giga réfléchir, La Route est faite pour vous. Faut pas croire, La Route a aussi d'autres avantages. Si vous aimez les décors passionnément gris, elle peut vous plaire. Ça marche aussi si vous aimez les fesses de Vigo Mortensen. Là je m'adresse au lectorat féminin : enfin il y a une justice après tous ces instants pouf même si le profil est un peu maigrichon pour le coup. Plus globalement, Vigo Mortensen est très bon mais, je sais pas pourquoi, j'ai l'impression qu'on se tape ses fesses à chacun de ses films. Il aurait un côté pouf que ça m'étonnerait pas.
Kylord @ 11/12/09 5 commentaires
  Le Filmillénium 2 
Attention : article qui dévoile plein de trucs (mais pas la fin)

Après Millenium les livres, voici venu l'heure de Millenium, le film. Me voilà dans le cas où je connais le bouquin avant le visionnage. Il me sera donc techniquement impossible d'être sans a priori vis à vis du déroulement de l'histoire. D'ailleurs c'est le problème de toutes les adaptations dans un sens ou un autre. Impossible d'être dans l'inconnu à la fois pour le film et le livre. Jamais je ne saurais ce que ça fait de voir le film sans rien savoir préalablement. Quel terrible constat. C'est un peu comme quand on se rend compte qu'il est impossible de se voir les yeux fermés. Ce sont les grandes tragédies de la vie.

Quoiqu'il en soit, mon sens critique sera acerbe, ma verve impitoyable, d'autant plus que le film était sorti au moment où je lisais les bouquins et je me demandais au fur et à mesure comment l'interprétation avait été faite et tout et tout. Je suis donc sur les starting block pour critiquer à bâtons rompus.

Déjà, avant toute chose, je ne saurais que trop conseiller de vous mettre au suédois. Si vous n'êtes pas convaincus, l'échantillon de doublage très mauvais de la bande-annonce en VF devrait vous en persuader ("Hé oui, c'est comme ça".... lôôl...).

Cela étant clarifié, posons désormais la situation de départ : les livres originelles m'apparaissent comme un cadeau pour un réalisateur. La dynamique et la construction de Millenium, avec les différentes trames qui se développent en parallèle, sont élaborées de telle sorte que la mise en scène est déjà pré-conçue. De nombreux passages possèdent notamment en préalable une haute valeur cinématographique.

Seulement, il reste les deux grands problèmes classiques et difficiles à résoudre pour les transcriptions de polar sur grand écran : restreindre fatalement le nombre de rebondissements sans altérer le fil scénaristique et faire le ménage inévitable dans les personnages mis en valeur à foison (et beaucoup sont blonds ; ce qui est assez troublant, mais c'est la Suède, faut s'y faire). Cela dit, l'adaptation cinématographique ne fait pas la folie de vouloir reprendre les trois bouquins en un seul film. Il ne s'agit ici que du premier tome, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes. Le défi n'en reste pas moins ardu.

Le premier choix qui a été fait se constate rapidement : la partie journalisme total, à mon grand désespoir en tant que représentant foireux de la cause, a été largement éludée. C'est assez cocasse quand on sait que le nom de la trilogie Millenium est en fait le nom du journal dans l'histoire. Pourquoi ce choix ? Il semble que le réalisateur ait voulu faire un polar pur jus. Ainsi, tout ce qui n'était pas directement raccroché à l'intrigue policière du premier tome a été écarté dans la mesure du possible. Mais c'est fort discutable : c'est écarter ce qui fait la particularité des livres et c'est aussi enlever toute l'ironie du ton, la dimension de recul et de distance que confèrent les problématiques du journal (notamment l'aspect anti-fasciste).

Outre ce choix destiné à diminuer le nombre de pages du scénario pour faire plaisir aux requins de la production, le réal a choisi d'être hyper fidèle à la narration du livre. En partant de ce principe, il aborde même un maximum de passages descriptifs et il se retrouve alors dans la délicate situation que, à ce train là, il aurait aussi bien pu faire trois films pour le premier tome. Pour éviter le drame, il choisit une bonne vieille technique éculée bien connu chez les films de sportif : la technique du montaaaaaaaaaaaaaage. Plusieurs fois, cela lui sera bien utile. Mais bon, c'est frustrant pour tout le monde : celui qui a lu le livre aimerait bien aussi retrouver le détail du passage, et celui qui n'a rien lu n'est pas sûr de bien comprendre ce dont on parle.

Mais être fidèle, c'est aussi s'exposer comme un guedin à la critique des lecteurs car le rapprochement est alors super facile. L'occasion est alors toute trouvée pour comparer les personnages entre leur version pellicule et leur version papier. C'est justement ce que je vais faire. Let's go !

Lisbeth Salander
Commençons par la perle. Noomi Rapace incarne drôlement Lisbeth Salander. On la retrouve, asociale, rude, directe, brillante. Avec un film à sa hauteur, elle aurait pu envisager une reconnaissance du métier tant c'est un rôle-à-oscar (tm). Cela dit, on ne ressent pas autant la blessure telle qu'elle est décrite dans le livre. On la sent moins borderline. Elle revêt même un trait de glamour qui n'est pourtant pas le caractéristique première de sa description littéraire. Moins frêle, elle encaisse assez bien tout ce qu'elle prend dans la gueule ; ce qui n'est pourtant pas évident. De plus, assez prudemment, le film ne prend pas le risque de développer les relations tortueuses qu'elle entretient : on n'en reste qu'à la suggestion. Le personnage est quoiqu'il en soit une réussite : il retranscrit une Lisbeth marquée mais habillée de nuances. La caricature a été évitée. Ouf.



Mikael Blomkvist
Le cas de Mikael Blomkvist est plus délicat. Sur l'écran, il a une distance et un flegme qui ne correspondent pas au personnage original. On me dit dans l'oreillette que Michael Niqvist, qui aura eu au moins le bon gout d'avoir le même prénom que son personnage, est assez reconnu dans son pays. Voilà peut être le problème. Dans l'histoire originelle, Mikael Blomkvist, le héros journaliste, est d'emblée remis en cause de toute part. En opposition, son intransigeance qouasi obsessionnelle, ses questionnements continuels en font un personnage piqué à vif. Ce n'était probablement pas en phase avec un acteur établi comme Michael Niqvist.


Erika Berger
L'analyse va être simple : le personnage d'Erika Berger, la rédac chef aux moeurs libérés, a été complètement sacrifiée. OMG. Personnage fondamental dans le livre, elle est zappée à l'instar de toute l'équipe du journal qui est pourtant censé être le filet de sécurité pour Mikael Blomkvist. C'est donc un pan entier de la psychologie de ce dernier qui disparait étant donné sa complémentarité initiale avec Erika. C'est aussi enlever le caractère féministe latent à l'univers car Erika Berger en est clairement une représentante en force. Directive mais sensible, habile diplomate mais prête à en découdre, c'est une véritable icône de la gente féminine. Rien de tout ça dans le film. En plus, l'actrice, une blonde bien fadasse, ressemble trop pas à ce que je m'étais imaginé. Erika Berger = tout faux.


Henrik Vanger
Le syndrome qui a touché Mikael Blomkvist frappe aussi ici. Originellement, Henrik Vanger est un patron d'empire industriel à la retraite. Fort de cette expérience, il est doté d'une puissante force de conviction pour arriver à ses fins. Le vieux est aussi charmeur et sa prestence est renforcée par une autorité naturelle. Certes, il est vrai que c'est un personnage usé physiquement. Mais de là à en faire un vieillard sénile et peu amène comme le fait le film... Cela concoure à fausser le jeu car on comprend moins bien alors pourquoi tout le monde se laisse si vite impliquer par les problèmes de ce papy un peu à l'ouest.


Nils Bjurman
Là c'est mieux. Nils Bjurman est bien un gros salopard des familles. Cependant, le film ne se donne pas le temps de cultiver la perversité entre l'image publique bien proprette qu'il se donne et la nature profonde de son être bien médiocre qu'aura tôt fait de débusquer Lisbeth Salander. L'avocat apparait plus rapidement comme un gros abruti qui débarque avec ses gros sabots. C'est dommage car les passages liés servent à révéler la personnalité de Lisbeth au travers de ses réactions plutôt... radicales.


Le mot de Jacquot

Non seulement Mikael Blomkvist affiche une mine déconfite à l'écran, mais il se découvre aussi très prude. Au fil des pages des trois tomes de l'oeuvre de Stieg Larson, on s'était habitué à le voir très réceptif aux hormones femelle. Mais là, on sait pas ce qui se passe, il est tout ranplanplan et il a l'air vraiment choqué la seule fois où il se fait solliciter. Il a peut être oublié de prendre son Actimel (héhé oui les petits amis, Jacquot ne perd pas le nord et n'oublie pas de faire un clin d'oeil aux collègues !)
Jacques S.

A vouloir raconter un maximum de rebondissements et travailler l'énigme du meurtre, c'est la psychologie des personnages qui a subi des coupes sévères dans l'adaptation. Pour les personnages secondaires, c'est toutefois moins choquant pour le peu qu'on en voit. Du solide professionnel Dragan Armanskij à l'angoissée Cecilia Vanger ou le bonhomme Martin Vanger, de l'affable Dirch Frode à Plague le gros nerdz, les interprétations sont justes. Mais il faut dire que les caractères en question ont des développements moins complexes. La seule surprise parmi ces personnages sera le commissaire Morell qui fera des apparitions récurrentes alors que ça n'était pas prévu. Cela colle avec le ton du film : l'intrigue policière étant mise sur le devant de la scène, quoi de plus normal que de nous coller le commissaire.

D'un livres assez original, on a donc fait une superproduction suédoise qui n'a rien de bien extraordinaire si ce n'est d'avoir conservé la personnalité de cette héroïne inédite. Je suis quand même sévère puisque je n'ai pas vu passer les 2h30 de film ; ce qui est plutôt bon signe. Millenium s'inscrit cependant dans la catégorie de livre pour lequel il vaut mieux ne pas voir la conversion au cinéma avant de l'avoir lu. Ce n'est pas toujours le cas notez : j'ai vu plus d'une fois les films du Seigneur des Anneaux et je vis plutôt bien le fait de n'être toujours pas arrivé au bout du bouquin.
Kylord @ 05/12/09 2 commentaires
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Des gens connus

Celle qui danse toute seule

Ayaka Ioko

Spin Me Round and Get Out

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Les Japonais, c'est bien connu, quand ils se lancent dans un truc, ils y vont comme des grands malades. Aussi, quand ils produisent une petite de 20 ans pour en faire une icone popstar, ils mettent le paquet : musique éléctro totalement psychédélique et mise en scène kitscho-moderne. Par contre, on est encore loin de la précision d'exécution des vieux de la vieille.


Ceux qui jouaient à pile ou face

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Tuons le temps en attendant la mort. C'est ce que propose le collectif de la Buffalo Corp en signant d'excellents court métrages trippant sur un jeu bête comme chou. Certains en font une expertise alors que d'autres en font un défi à la mort. D'autres encore le détournent en d'espiègles facéties. Mais il y a aussi ceux qui en sont complètement terrorisés. Choix du hasard ou du destin ? Étonnamment, Corynne Charby n'a pas participé.


Celle qui souffre

Amelle Chahbi est Melissa qui souffre

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Celle qui s'est fait connaitre en criant la difficulté d'être glamour alors qu'on fait caca comme tout le monde est aussi une comédienne multi-casquettes pouvant interpréter Rachida, Melissa ou même Malika dans les Barons avec le même naturel.


Ceux qui parlent aux Michel

Camille Combal et son orchestre

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Camille Combal est le croisement d'un cancre de la guerre des boutons et d'un canard pervers polymorphe. Germent alors des concepts radiophoniques très vicieux destinés à rendre les gens hallucinés, véners ou même complètement fous. C'est aussi un mec qui raconte beaucoup de conneries mais c'est pas forcément la fête tous les jours.


Celle qui ment effrontément

Carmen Maria Vega - La menteuse

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C'est une sorte de mix entre Liane Foly et Edith Piaf... euh nan, pas du tout... c'est plutôt les Rita Mitsouko qui se seraient mis à faire du Django Reinhardt... hmmm nan... c'est Jennifer Ayache qui aurait remplacé Thomas Dutronc... hmmmm non plus..... en fait, c'est Carmen Maria Vega quoi. De la belle interprétation.


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