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  Anthony Zimmer ou pas à la fin ? 7 
Une grande tradition de polars s’installe en France et c’est ainsi que toute une panoplie incroyable de nouveaux flims policiers voit le jour. Nous avons d’abord eu 36, quai des orfèvres mais maintenant nous avons aussi Anthony Zimmer (une tradition de ouf, donc). Et c’est ce cas que nous allons aborder ensemble à présent. Car Anthony Zimmer a quelques particularités interloquantes. Petit 1, il y a Sophie Marceau. Il faut oser Sophie Marceau. Surtout dans un policier. Surtout quand on veut la faire jouer une femme fatale sûre d’elle, imperturbable. C’est qu’elle arriverait presque à camper le rôle. Bon ok on sent bien qu’elle lutte et son côté cruche revient parfois en force.

Mais Anthony Zimmer, c’est aussi Yvan Attal, le Al Pacino français. C’est pas moi qui le dis, c’est chez Ardisson qu’ils ont sorti ça. De toute façon, il suffit de le voir prendre la pose pour voir que toutatuneraison. C’est vrai que dans sa manière de prendre à parti son interlocuteur, il y a un peu du « tu serais pas encore en train de me raconter nawak toi encore ? » d’Al (oui je me contente d’Al, je me sens plus pisser, et pourtant c’est pas le rythme effréné de MdM qui m’emporte). Mais dans Anthony Zimmer qui - vous l’avez deviné - n’est pas le personnage joué par Sophie Marceau (votre sens de la déduction ne cesse de m’épater), c’est plutôt d'abord celle-ci qui est mise en avant. C'est elle qui rythme le film dans un premier temps. On notera notamment qu’elle ne s’est pas débarrassée de son envie irrépressible de mettre ses seins à nu, une envie que nous respectons toutefois comme il se doit.

Mais au delà de ça, si tant est qu’on veuille aller au delà, cette première partie, c’est aussi une ambiance qui s’installe de façon très intéressante. Les personnages se dévoilent progressivement : on sait pas qui est vraiment qui, qui fait vraiment quoi (c’est un truc que j’adore). Ca prend le temps (c’est un truc que j’adore) sans toutefois sombrer dans la dérive de faire durer pour durer (car ça, j’adore moins). Pour mettre en place cette atmosphère, on a une ambiance musicale que j’ai trouvé particulièrement audacieuse pour un flim français, mais en fait, c’est pas si extraordinaire intrinsèquement, quand on réalise le truc. Mais dans le contexte du film français, vous verrez, ça surprend plutôt agréablement.

Alors vous me direz que ça a l’air super tout ça. Oui mais non. C’est bien beau d’orchestrer une montée en pression, d’agrémenter le film d’effets qui la densifient, mais après, fatalement, le spectateur s’attend à quelque chose. Hé oui, c’est un grand classique de la vie™ : Si on fait tout un patacaisse avant d’en arriver au fait, il faut que le fait soit à la hauteur, sinon après les gens, hé bien ils sont déçus (on pourrait aussi dire que les gens sont un peu des chieurs et on aurait pas tort). Tout ça pour dire que si on propose pas grand chose au spectateur alors qu’on l’a bien mis sous pression, il l’a mauvaise, le spectateur. Pour situer la chose, disons que Anthony Zimmer ne maintient pas la tension d’un Usual Suspects (comparaison audacieuse, mais c'est avant tout pour faire genre que je sais de quoi je parle... d'ailleurs, c'est M6 qui m'y a fait pensé en nous gratifiant d’une soirée Kevin Spacey avant hier soir, bien à eux, et c’est pas souvent qu’on dira ça ici, pour sûr).

Remarquez, puisque je vous ai prévenu charitablement, vous n’allez pas vous attendre à des rebondissements incessants et peut être que vous serez alors agréablement surpris, qui sait. Comme quoi, il suffit de prévenir que le film ne va pas prévenir qu'il va trop prévenir pour qu’on ne prevoye pas trop. Vous n’avez rien compris, moi non plus, tout le monde est embrouillé, c’est pas grave.
Kylord @ 08/02/06 7 commentaires
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