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Vive La Fête

Un brun ténébreux - un peu ouf dans sa tête le ténébreux - e...
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  C'est une chanteuse, elle est number one 5 
Alors que je pensais la condition humaine, une bière dans une main, une télécommande dans l’autre, une émanation sonore vint perturber brutalement ma réflexion. C’était la sonnerie de l'entrée du QG de la rédaction. Je vins m’enquérir de l’origine de ce trouble. Quand j’ouvris, Emily Haines, chanteuse du groupe Metric, se tenait fictivement devant moi. Toujours fictivement, elle me lança de but en blanc :
- Bon alors comme ça, notre news sur MdM n’a toujours reçu aucun commentaire ? C’est comme ça qu’on est reçu chez vous ? Personne pour nous adresser un petit encouragement ? Dire que Pink a eu plus de 30 commentaires. La vache, j’ai grave les boules.
- D’accord…
- Il faut que vous rattrapiez ça. On va faire une interview complètement fictive où vous me poserez plein de questions pour que je vous parle un peu de ma musique.
- Okayyyy…
- Bon alors, on y va ?
- Non mais attendez. Chère Emily, je suis un professionnel. En vertu du journalisme total, je dois préparer cet interview. Si on doit faire ça, il faut le faire bien. Laissez moi le temps nécessaire.
- Très bien, vous avez raison. Ce qu’il nous faut pour Metric, c’est une interview top of the pop. Je reviens quand ? Demain ?
- Ola non. Donnez moi 5 minutes, ça fera l’affaire.
- Ah euh ok.
5 minutes passèrent, et puis…
- Bon ben vous allez la préparer cet interview ?
- Euh oui pardon, j'étais en train de penser la condition humaine, autant pour moi. Bon ben j’y vais.
- Tsss, quel con ce type.
5 minutes passèrent, et puis… l’interview fictive put commencer. C’est ici que ça se passe.
Kylord @ 25/10/06 5 commentaires
  Metric - Old World Underground, Where Are You Now ? 9 
Mdm : Emily Haines, vous êtes clavier et chanteuse dans le groupe Metric. Bienvenue à Monde de Merde pour cette interview totalement fictive.

Emily : Hi guys, nice to meet you.

Mdm : Ah euh merde, vous ne parlez pas français ? Je croyais pourtant.

Emily : Bien sûr que si, bien que canadienne, je maîtrise parfaitement la langue française (*). L’interview est totalement fictive non ? Regardez, je parle même allemand : Ich trinke des biere gern und Würste zu essen. Cool, non ?

Mdm : Super ! Et vous parlez espagnol aussi ?

Emily : Bien sûr ! Pas de problème ! Regardez : Bailo el flamenco y hablo todo el tiempo.

Mdm : Hmm, mais vous ne trouvez pas que profiter d’une interview fictive pour faire passer des clichés bidons sur les nationalités, c’est pas un peu dégueulasse ?

Emily : Oh ben si complètement, mais bon, c’est pas comme si c’est réellement moi qui avais voulu les dire. Hmm… et si on attaquait cette interview ?

Mdm : Avec plaisir. Emily Haines, vous êtes la première femme interviewée fictivement sur Monde de merde ? Ca vous fait quoi ?

Emily : Pas grand chose à vrai dire. Sûrement comme le premier homme. J’ai envie de vous répondre que vous n’êtes qu’un plouc de journaliste avec des questions pareilles. On dirait David Pujadas.

Mdm : Comme vous y allez. Cela ne vous fait donc rien d’être ici avec nous ?

Emily : En fait, ça me change pas tellement. J’ai l’impression depuis toute petite d’être interviewée fictivement par monde de merde, si vous voyez ce que je veux dire.

Mdm : C’est très profond ce que vous dites.

Emily : N’est ce pas.

Mdm : J’ai envie de vous parler de votre premier album qui vous a propulsé : « Old World Underground, Where are you Now ? » . Il s’est fait connaître notamment grâce à votre prestation furtive dans le film « Clean » qui, soit dit en passant, est un film profondément ennuyeux. Il veut nous faire dire tout le long que la drogue c’est le mal, et la seule chose qu’on ait envie de faire à la fin, c’est de se trouver un fix pour sortir au plus vite de la torpeur qui nous a envahi. Heureusement que vous êtes là pour illuminer les premières minutes du film.

Emily : C’est un peu salaud de me complimenter au détriment du film. Mais j’accepte.

Mdm : Dans ce film, on vous voit vous déchaîner sur le morceau assurément le plus célèbre de votre discographie : « Dead Disco ». Ce morceau qui, non content d’être diablement efficace, a aussi l’avantage d’en révéler beaucoup sur votre démarche : il révèle votre énergie, la simplicité tout en intelligence de votre musique, ce clavier agréablement kitsch et puis bien sûr votre charme irrésistible.

Emily : Oh vieux fou, vous me flattez.

Mdm : Vous savez, quand vous nous dites « I know, you tried to change things » ("je sais, tu as essayé de changer les choses") c’est tellement touchant.

Emily : C’est parce que je le sais, je vous comprends.

Mdm : Emily, vous me déstabilisez.

Emily : Je sais, je vous comprends.

Mdm : Vous ne m’aidez pas.

Emily : Je sais, je vous comprends.

Mdm : … bon, euh…. continuons l’interview : maintenant on se connaît mieux, mais si tu nous en disais plus un peu sur comment vous faites votre musique ? Comment ça se passe dans le groupe ? Vos petits secrets et tout ?

Emily : Notre façon de faire de la musique, c’est à l’instant, sur le vif, on essaie de s’inscrire dans un ressenti direct. C’est sûr, bon, c’est super bateau ce que je dis, mais on essaie. J’insiste là dessus parce que ça m’énerve un peu cette manie de la musique actuelle de puiser systématiquement dans ce qui a été déjà fait. Elle est où là l’impulsion vers l’inconnu ? Pas top. C’est d’ailleurs ce à quoi on fait allusion dans « Dead Disco ». Après, avec les gars, on s’aime bien en fait. Etonnant, non ? Y’a Jimmy qui compose, c’est lui le principal responsable de cette pop rock qui tient pas en place. Bon et puisque visiblement vous voulez du ragot : je couche avec le batteur.

Mdm : !

Emily : Je plaisante, en fait, c’est avec le bassiste.

Mdm : Ah ok. Alors James Shaw à la manoeuvre, les musiciens à la musique. Et vous alors ?

Emily : Pour ma part, tout en étant toujours dispo pour aller pianoter sur mon synthé, j’écris ce que je vais chanter. J’ai mes thèmes chéris qui reviennent souvent : la folie des hommes (« Succexy »), celle des femmes aussi (« Hustle Rose »), la mélancolie propre aux rapports humains ( «On A Slow Night » , «Calculation Theme »), et puis l’évocation d’une alternative, d’une évasion à ce monde de merde (« IOU », « Love is a Place »). On nage pas mal autour de l’idée d’un monde souterrain, « underground », un espace fantasmagorique qui transcenderait nos désirs.

Mdm : Mais encore. Dites m’en plus.

Emily : Hé bien cela serait comme la cristallisation d’une volonté cachée de composer nos aspirations autour d’un espace commun qu’on aurait appelée l’instant présent. Vous voyez le truc.

Mdm : Pas du tout, mais c’est pas grave. Continuez.

Emily : Cela nous offrirait la passerelle vers cette harmonie seule capable de nous donner la lucidité de comprendre l'ensemble des ramifications constituant la vérité, elle même multiple. De là, on se rend compte de l'insignifiance des mots, du dilemme de la vie qui est pourtant son essence même.

Mdm : Intéressant. Je vous en prie, poursuivez.

Emily : Ben c'est tout.

Mdm : Je vois.

Emily : Moi aussi, je vois.

Mdm : Euh, arem... l'interview touche à sa fin et je me dis que, mince, on en sait pas tellement sur le contenu même de l'album "Old World Underground, Where Are You Now ?". A quoi doivent s'attendre celles et ceux qui auraient la bonne idée de se le procurer ?

Emily : Et si on laissait la magie de la surprise opérer ?

Mdm : Non mais sans blague.

Emily : Bon, c'est bien parce que vous m'êtes sympathique. Alors pour faire vite - ce que c'est moche comme exercice ce que vous me demandez - disons que nous avons fait là du rock soft mais énergique avec quelques touches électro. Les rythmes sont parfois légers et dansants, parfois langoureux, mais souvent articulés sur des mélodies claires mais subtiles qui ne cessent de se transformer et sur lesquelles seule ma voix aux multiples facettes et tonalités vient s'imposer. Ca va là ?

Mdm : Génial. Emily, je voulais vous dire je vous aime.

* presque véridique
Kylord @ 25/10/06 9 commentaires
  Cet article est un scandale 7 
Bonjour,

Ceci est un article de nouveau genre. Je vais tout simplement écrire les mots sur mon notepad (pour le coté rustique) tels qu'ils me viennent à l'esprit, quouasi spontanément. Aucune retouche, presque aucun backspace (juste pour les fautes de frappe quoi). Alors pourquoi s'imposer une règle aussi conne vous me direz ? Ben comme ça just for fun. Monde de merde.net doit laisser place aux nouvelles expérimentations, c'est son devoir de site précurseur et visionnaire. Même si cette notion de devoir m'a paru toujours très obscur. Mébon. Donc voilà j'écris tel que je pense et du coup je dis des choses inutiles comme cette phrase. Passionnant non ? Ah oui, je me donne tout de même le droit d'une autocensure si j'en viens à parler de ma vie privée. Vous m'êtes sympathique mais j'ai des principes. Et comme naturellement on en vient toujours à parler de soi, j'imagine que je vais devoir user de ce droit d'autocensurage. Pourtant ma vie n'intéresse personne, il m'arrive même qu'elle ne m'intéresse pas moi même, c'est pour vous dire.

Pour cet article de nouveau genre, inaugurons le avec.... Hé bien attendez que je réflechisse, j'avais un super concept et j'ai même pas pensé à un sujet. C'est ballot ça. Je me disais "tiens coco t'as un super concept alors vas y balance la sauce". Sauf que j'ai pas les ingrédients (ma quel soubtile métaphore). Hé bien je vais vous parler du premier truc qui va me sauter aux yeux sur mon bureau.... Appréciez l'authenticité de la démarche journalistique.

Alors... "le quark et le jaguar - Voyage au coeur du simple et du complexe", de Murray Gell Mann, Prix Nobel de Physique. Hé ouais attendez, le service d'investigation de MdM chome pas, qu'est ce que vous croyez, on est en train de réinventer l'univers pendant que vous vous branlez la nouille. Oh pardon, je m'excuse, j'aurais effacé cette odieuse accusation si je m'étais pas imposé d'être 100% vrai honnête sincère franc dans ma démarche. Encore pardon.

Alors le voyage au coeur du simple et du complexe, c'est une épreuve de force d'un scientifique qui essaie de faire une synthèse des derniers travaux dans les différents domaines de pointe de la physique pour en tirer des conclusions sur ce qui se dessine à l'avenir. Voilà. Hé oui, coup de bol, j'en suis à la page 17 alors je peux pas trop en dire plus en l'état actuel.

Mais voilà que mon regard s'égare sur le numéro du Canard PC de cette semaine. En fait je vous mens comme c'est pas permis, car j'ai commencé à écrire cette news hier, et entre temps j'ai lu le canard pc en question et je me suis dis "tiens mais ouais, voilà, ça va être ça le destin de cette news : parler de ce scandaleux journal qui est en plein chamboulement interne". Ca fait un moment que Canard PC squatte les références de MdM sans que nous en ayons touché un mot. Pourtant ce journal repose sur des valeurs sures : consacré aux zeux vidéos et donc en cela déjà subversif (il faut voir comment le bien pensant commun s'acharne dessus pour s'en rendre compte), ce journal traite de l'actu de ce loisir un peu dans tous les sens, bref, avec la même rigueur journalistique que nous tentons nous aussi de ne pas atteindre à MdM. Mais dans le même temps, Canard PC renie les zeux vidéos et ça, c'est très troublant. Je n'ai pas encore perçu le mystère qui motive les rédacteurs de Canard PC à décrier que les jeux vidéos ne seraient pas un art. Whabon, j'ai envie de dire. Ces gens n'ont visiblement pas joué à Fallout. Si c'est pas une vision artistique ça, une belle image d'une humanité en déconfiture, ben merde.

Quoiqu'il en soit, à Canard PC, on aime se tirer des balles dans le pied, et c'est vrai que ça a malgré tout son charme. Mais s'autodétruire n'est pas leur seule préoccupation et on en revient à leur actu, à savoir fusion-acquisition, développement anarchique, grosses rentrées de cash, dépenses diverses en putes et en coke et enfin domination du monde, excusez du peu. Pour ce qui est de la fusion acquisition, la société de CanardPC s'est emparé entre autres de Gandi.net qui est par ailleurs la boite qui gère le nom de domaine monde-de-merde.net. Comme quoi hein, mon bon monsieur, y'a des choses, on peut pas lutter contre, ça oui. Pour ce qui est du développement anarchique, on a le site web désormais vivant : canardplus.com. Donc si vous avez acheté le journal, vous vous sentez super pas feinté, vous y retrouvez toutes les news de votre magazine copier-collées. Les cons. Non mais j'ai l'air de l'avoir mauvaise mais je les aime bien quand même ces petits gars. D'ailleurs moi aussi j'emmerde le kernel32 (cf Canard PC n°...ben attendez comme si j'avais le numéro en tête, je vais le chercher, c'est le problème de la news en direct live... voilà : canard PC n°130).

Ensuite le développement anarchique. Hé bien, il est basé sur le business plan de Free. Mais pourquoi vous partez comme ça en courant ? Allez, reviendez quoi. Free c'est quand même la société qui va tous nous interconnecter avec des gros tuyaux de partout comme en témoigne leur dernier projet d'installation de fibre optique à grande échelle. Mais pour en revenir à leur modèle économique (roo mais arréter de partir en courant nom d'une pipe en bois), Canard PC va encore plus loin que Free. Certes Free utilisait la concierge pour faire la Hotline, mais Canard PC va plus loin : il utilise ses lecteurs qui, non content de ne recevoir aucune rémunération, paient en plus le journal. Quel bande de malins. Et donc la mission que le comité d'administration de Canard PC confie à ses lecteurs est la suivante : agresser vos buralistes et profitez des stocks de cigarette pleins à craquer tellements ils sont hors de prix pour vous lancer dans la contrebande et ainsi pouvoir faire augmenter d'une pierre deux coups les chiffres de la violence urbaine et du crime organisé.

Non en fait c'est pas ça. Whabon. En fait, il faut juste demander à votre gentil buraliste (avec le sourire s'il vous plait) de mettre les Canard PC de la boutique à un endroit plus visible, devant les paquets de cigarettes par exemple. Après vous pourrez faire une photo souvenir sans oublier de faire "ouistiti !" à votre malicieux petit camarade prenant la photo. Après vous pourrez aller courir dans les près, une paquerette dans la bouche, et vous vous serez trouvés mignons et .... enfin peut être qu'avant ça, la population surexcitée et super violente de la jungle urbaine vous aura sauté dessus pour vous faire un wamagashi (je dis ça au pif) parce que "HEY JE SUIS PRESSE MOI JE DOIS ACHETER DES TIMBRES POUTAIN AAHH SI J'AI PAS MES TIMBRES TOUT DE SUITE CA VA M'ENERVEZ JE VAIS RATER LES BOUCHONS DE 18H30 ET JE POURRAIS PAS KLAXONNER TOUS CES ABRUTIS DANS LA RUE QUI SE METTENT AU MILIEU DE LA ROUTE QUAND JE VEUX AVANCER AVEC MON GROS 4x4 QUI FAIT TROIS RUES DE LARGE ALORS QU'EN PLUS LA DERNIERE FOIS QUE JE SUIS ALLE DANS UN ENDROIT AVEC DES CHOSES VERTES PAR TERRE QUI SE DEPLACENT AU GRE DU VENT CA REMONTE AU PRINTEMPS 1967 AAAH JE MEURS... *ploc* ". Outch.

Bref, Canard PC demande des sacrifices de votre personne pour assurer l'activité de son service "Démarchage & Marketing". Nous à MdM, on a accepté d'être leur missionnaire, mais selon une autre alternative : par cet article qui inaugure la catégorie "je pense donc je dis nimp", j'espère vous avoir donné de solides arguments pour vous abonner au plus vite à ce scandaleux journal. Finalement, un journal qui ne dépense pas d'argent pour se foutre de not' gueule, quelque part, c'est sympathique.
Kylord @ 12/10/06 7 commentaires
  Un bouquin passé au scanner 10 
Les adaptations de bouquin au ciné, c’est toujours des grands moments de discussion qui débouchent inévitablement sur « ah ouais mais stu veux ça sera jamais aussi bien que lire le livre quoi ». Tout le monde sera d’accord là dessus et pourtant personne ne l’aura lu, le livre. Un seul obscur individu l’aura réellement lu (ce qu'il n'oubliera pas de mentionner), l’autre rigolo en prétendant autant n’aura en fait lu que le 4ème de couverture (ce qui ne l’empêchera pas d’insister sur ce fait).

C’est pas qu’on a pas envie de lire les bouquins, c’est juste qu’on pas le temps. On a tellement de choses importantes à faire. Un acte politique courageux et d’utilité publique serait de réduire les bouquins à leur 4ème de couverture. Hé oui n’est ce pas une idée de génie, pourquoi personne n’y a pensé avant.

Bien, maintenant que nous avons bien tourné autour du pot et avons découragé tous les aficionados de l’efficacité textuelle, parlons du sujet de la news : A Scanner Darkly, l’adaptation impressionnante de Substance Mort de Philip K. Dick. Si vous avez la chance d’être à moins de 300 km d’une des deux salles diffusant le film en France, faites vous plaisir, allez le voir. Non vraiment, c’est dans votre intérêt.

A Scanner Darkly est présenté comme un film d’animation car usant d’un procédé bien trouvé pour le coup : le « rotoscoping ». Cette technique consiste, après avoir tourné le film dans les conditions classiques, à entièrement revisiter son aspect visuel pour donner une dimension mi-bd mi-réel à l’image. Dans les faits, cela se traduit par une impression bizarre dans l’interprétation de l’image. Malgré soi, on a parfois la sensation de percevoir une photographie du réel alors même qu’on baignait dans une imagerie clairement surréaliste dans le plan précédant. Ce doute visuel permanent colle diablement bien à l’ambiance. Si vous pensez que c’est de la connerie de journaliste tout ça, détrompez vous, je croyais ça aussi.

Quant à l’adaptation, elle est très précise. Toutes les scènes clefs sont là et le parti pris est incroyablement proche de celui de K. dick. S’il y a une approche esthétique personnelle claire du réalisateur, sa vision se fond complètement avec celle de l’auteur. Ainsi, on retrouve dans A Scanner Darkly les grands traits récurrents de K. Dick présents dans Substance Mort : la perte de prise avec le réel, la paranoïa exacerbée mais aussi la délicieuse dérision à travers les tribulations des junkies.

Il s’agit ici de suivre les déboires d’un agent des stups en infiltration et cela, dans la dimension « psychique » chère à K. Dick. L’idée n’est pas, comme bien souvent on le montre, de voir un type qui se sent perdu parce que, voilà, toutes les 30 minutes il prend une pilule alors, voilà, cet acte serait bien suffisant pour expliquer tout le désarroi de l’individu. Là, au contraire, la drogue en elle-même n’est pas si présente alors pourtant même qu’elle est dans le cœur du sujet.

A ce niveau comme à tous les autres, le film respecte avec une justesse hallucinante le bouquin. Si vous l’avez lu, je vais vous faire une révélation : c’est ballot mais vous ne serez jamais surpris par l’histoire. J’irai même plus loin (au moins jusque là) : l’adaptation est si bien faite qu’il se pourrait bien que vous vous trouviez face aux scènes exactement comme vous les aviez imaginé. Je dois dire que j’étais pour ma part sur le cul. Exemple : le personnage facétieux qu’est Barris était incroyablement ressemblant avec ce que j’en avais projeté. C’était stupéfiant. C’est l’occasion de souligner que les acteurs sont balaises : Robert Downey Jr est ultime dans le rôle de Barris, mais Winona Ryder n’est pas mal non plus dans celui de Donna Hawthorne (et n’est pas brune ! c’est sans doute la plus grande largesse prise avec le scénario original).

C’est à ce moment là que dans le rôle principal on retrouve... Keanu Reeves. C’est dingue ça. Comment fait il. Bon, il n’est pas mauvais. Heureusement, sinon j’aurais du mettre un contrat sur sa tête et j’aime pas avoir à employer ce genre de moyen. La violence, c’est comme le racisme, c’est vraiment pas bien. Mais pourquoi être allé chercher ce grand type carré pour incarner un homme dont les repères partent en vrille ? C’est un peu embêtant car parfois il joue Neo alors que, hého, t’as changé de film coco. Bon bah c’est ce qu’on mettra dans notre petite liste des pas super top bien.

Enfin... cela n’empêche pas de replonger dans l’univers de Substance Mort sans l’impression d’avoir été dupé. Jamais je n’aurais pensé qu’on puisse donner aussi bien corps aux combinaisons de camouflage d’identité décrites par K. Dick (j’avoue y avoir même plus cru dans le film que dans le bouquin). Jamais je n’aurais pensé que cette adaptation allait garder la démarche de K. Dick à savoir celle susceptible de perturber le spectateur routinier : le film n’en rajoute jamais dans la forme, comme le livre. Il laisse l’entière liberté au spectateur de mesurer la valeur de ce qui se passe à l’écran. C’est un des grands plaisirs lorsqu’on lit du K. Dick. Et là, on le retrouve ce plaisir, ce déroutement qui peut aussi parfois faire perdre le fil.

L’adaptation est si vraie qu’elle débouche sur le même épilogue que le livre. Dans une salle de cinéma, ça fait bizarre. Surtout dans un UGC. Rien que pour ça, ce film est déjà génial.
Kylord @ 07/10/06 10 commentaires
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Des gens connus

Celle qui joue du violon

(sisi on le voit à un moment)

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Une fois encore j'arrive après la bataille avec une belle découverte : Lindsey Stirling. Cette violoniste surdouée a repris des musiques de jeu vidéo et autres icônes de la culture geek (Star Wars, Lotr...), avec parfois un type qui fait des beuleubeuleu avec la bouche. Mais c'est surtout avec ses 2 albums qu'elle a cristallisé un art du violon qui transcende le moindre beat idiot de dubstep et permet au passage d’assommer moults zombies et autres cowboys. Sa maîtrise est parfaite, sans ombrage. Elle domine les éléments. Mais j'ai peur qu'elle se brise. Hors Shatter Me avec l'énervée Lizzy Hale, les collaborations sont souvent foireuses et pourtant de plus en plus fréquentes. Une telle virtuosité au service d'une production massive de soupe musicale est totalement angoissante. Normal que Lindsey en vienne à se poser des questions métaphysiques, mais quelle tristesse de la voir jouer un morceau 1000 fois entendus dans le métro et s'en remettre alors à Jésus parce qu’on l’écoute pas (alors qu'il suffisait de jouer autre chose et laisser ce Jésus là où il est)


Celui qui aime bien la pipe

Usul parle à ses chers contemporains

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Usul est devenu mon mentor. Il a d'abord modestement élaboré des chroniques sur le jeu vidéo, avec une distance qui le distingue de la presse spécialisée partisane et une acuité qui le sépare du "journalisme" généraliste (qui massacre le jeu vidéo habituellement, à l'exception d'arrêt sur images). Il nous a remémoré de grands moments télévisuels (El Didou, Anne-Lise, spéciale dédicace). Il a introduit cette juste dose de réflexion philosophique dans les débats, en évoquant des thèmes aussi variés que la violence, l'humour ou le rêve. Il s'est moqué allégrement de la gente féminine et, là où c'est fort, avec sa contribution. Il a même charmé le sexe opposé sans vergogne. Désormais, il développe des analyses politiques à travers de savantes vidéos (tu ne t'intéresses pas à la politique ? tu devrais). Je n'ai jamais fait de commentaire de people aussi long. Usul je t'aime. Et puis je suis sûr que Drolyk s'entendrait bien avec Unul.


Celui qui va vous révéler un secret gratuitement car l'industrie du tabac le déteste

Alby's Hobbies

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Alby a eu un parcours difficile. Se perdant d'abord dans des créations hasardeuses mettant en scène des licornes (ça n'a jamais rien donné de bon, enfin il me semble), il a fini par se trouver en réalisant de vrais chefs d'oeuvres tel son hommage au bilboquet (quelqu'un a le tel number de la brune de la vidéo?). Les plus grands talk show font désormais la promo de son film de ninjas (oui c'est l'émission d'une patate qui parle) et il réalise des montages bistrip avec les plus grandes célébrités. Forcément à ce stade, il ne lui restait plus qu'à produire une sex tape. Trop cool.


Celle qui rêvait d'un autre monde

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Sponsor malgré elle de Monde de Merde™, Jennifer Ayache retrouve Superbus pour chanter un autre monde de Téléphone, hommage à peine dissimulé au susdit Monde de Merde™. Mais ça ne reste que du rock quoi. La reprise de Nirvana avec des paillettes était plus audacieuse.


Ceux qui faisaient du tourisme en Grèce

(et prédisaient les dégats de l'austérité avant l'heure)

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Cette série abrégée des Chevaliers du Zodiaque est datée mais un tel cas d'école de détournement sous cocaine ne peut rester sous silence. Les mangas me sortent souvent par les yeux (qu'ils ont énormes) et l'astrologie me fait une sorte de fussoir mais ce dessin animé à l'imagerie ambiguë a carrément de la gueule vu sous cet angle. Moins frime que le remake d'Orelsan.


* tous les people *