Connexion [s'inscrire]
User :
Pass :
Mot de passe égaré ?

Bienvenue en Chine France

Depuis le début des émeutes au Tibet, on a pu entendre des t...
* Tous les articles *

Garbage

Un beau jour de 1993, une bande de musiciens astucieux aux l...
* Tous les gens *
  Flavie pour Vista 25 
Grande première de notre multinationale préférée hier soir sur TF1 dans les alentours de 20h50 : Flavie Flament, l'animatrice-vitrine du moment caractérisée par une spontanéité débordante et une sincérité à toute épreuve, avait été conviée par Microsoft à tourner quelque spot publicitaire en l'honneur du nouveau système d'exploitation Windows Vista qui sort aujourd'hui sur vos écrans.

Qu'en dire ? Tout d'abord que nous sommes des gros blaireaux à relayer ce genre d'information relevant d'opération marketing des plus pitoyables. Cela fait, attardons nous sur la prestation de Flavie : que nous en avons retenu ? Hé bien essentiellement que Windows Vista permet de mieux lancer la publicité. Quelle classe. Ah oui, et aussi que, Windows Vista, "waou !" (à prononcer avec le ton le plus impossible de la ménagère qui découvre que son linge est plus blanc que blanc).

D'un point de vue plus informatif, nous avons pu apprendre que Vista permet la 3D (putain, on arrète pas le progrès). Il faut savoir qu'il intégre aussi des fonctionnalités déjà courues depuis belle lurette sur d'autres systèmes existants comme c'est le cas pour les icones qui permettent d'avoir d'emblée un premier aperçu de tous nos documents top secrets (ah ben c'est malin du coup). Microsoft continue ainsi tranquillement de copier Apple et son système Mac OS X mais dispose, lui, des moyens de le faire savoir. C'est ça la puissance financière. Bref, on fait genre qu'on trouve ça très nul mais bien sûr on sera tous dessus au final.

Cela dit, si la démagogie vous fatigue (dans ce cas vous êtes surement atteint de fatigue chronique), vous pouvez toujours vous faire un petit luxe sur mesure et vous payer le hors série de Canard PC sur le sujet pour avoir des vraies infos. Attention, ce numéro est vendu sans morceaux de lapin idiot dedans.
Kylord @ 31/01/07 25 commentaires
  TTC World Wide Tour : Escale à Bourg en Bresse 13 
TTC, le collectif de rappeurs décalés, est actuellement en concert-promotion et MdM a eu la possibilité de voir en cette occasion leur prestation ce 20 janvier dans la pittoresque ville de Bourg en Bresse. Le terme «concert-promotion» n’est en l’occurrence pas du tout innocent : nous pouvons en effet considérer que, lorsqu’un groupe en vient à répéter avec insistance et au moins à 3 reprises d’acheter leur dernier disque, sa démarche est avant tout promotionnelle et donc - osons les grands mots – complètement dénaturée. Que ce dernier album s’appelle 36 15 TTC n’est finalement que trop bien trouvé (il ne manque que le tarif à la minute).

Comme me le disait récemment un de nos experts anonymes incognito dans l’ombre : «TTC maintenant c’est que de la frime». Clairement. Il est loin le temps des textes brillants de Cuizinier, Tido Berman et Tekilatex. Il est loin de temps des ambiances subtiles de Ceci n’est pas un disque. Désormais, TTC assène un omniprésent gros beat massif. Cela est d’autant plus vrai que dans cette salle de Bourg en Bresse, la bien nommée « La tannerie », on adore pousser la basse au delà du réel jusqu’à faire frémir la moindre alvéole pulmonaire de toute personne présente. La puissance du son prend de telles proportions que les chanteurs en deviennent totalement inaudibles ; ce qui est plutôt facheux pour un genre musical, le hip hop, où le propos a, a priori, une quelque importance. Quoique, si TTC a évolué dans son style musical, c’est aussi qu’ils se sont largement éloignés de ce genre duquels ils se revendiquent pourtant eux même.

Mais il y a tout de même débat à ce sujet. TTC s’annoncait certes avec une première partie assez étrange : c’est un certain DJ Locomel qui entamait le show par des scratchs sur de la musique latina speedé quand ce n’était pas sur du James Brown. Le rapport avec TTC était plutôt douteux. Non pas qu’on a nécessairement besoin qu’on nous abreuve systématiquement de sons attendus, mais il s’agissait là d’une prestation pas franchement très convaincante et, ma foi, si j’avais voulu écouter du James Brown je me serai mis un CD avant de venir.

Reconnaissons que l’exercice était difficile pour DJ Locomel : le nombre de personnes dans la salle devait avoisiner la vingtaine ; la plupart du public, comme tout bon public qui se respecte, étant d’abord venu pour écouter ce qu’il avait dans l’idée d’entendre ; c’est à dire TTC. DJ Locomel le concéda lui même avec un petit numéro de calimero sur mesure : « bon j’ai bien compris que vous n’êtes pas là pour moi mais bon, quand même, faites un peu de bruit pour TTC ». Mais personne ne se sentit pour autant dans l’idée de faire « ouga ouga » en cet instant excepté un seul danseur fou sous acide à qui je rends présentement hommage.

Ca, c’était pour la première partie. Quant à la performance de TTC, elle était mi figue mi raisin. Une lancée assez enthousiaste sur J'ai pas sommeil et sa construction joyeusement alambiqué était de bonne augure pour la suite, comme l’aurait dit Zidane après un match nul contre les Iles Fëroé. Sur ce morceau, le beat n’écrasait pas tout et on comprenait presque les MCs (saviez vous que cela veut dire Master of Ceremony ? Hé ouais c’est ridicule hein). On sentait même comme une connexion se faisant avec le public.

TTC continuant avec ses titres inventifs comme Le chant des hommes, ça le faisait pas mal. Mais cela n’allait pas durer. BOUM BOUM, le chevelu DJ orgasmic derrière son laptop perso avait décidé de sortir la grosse artillerie représenté par le dernier album 36 15 TTC. Dans ces conditions, difficile d’identifier ce qu’on écoutait. Du vrombissement ambiant, il était tout de même possible de discerner certains morceaux comme Travailler ou le single Téléphone. Il y avait aussi probablement celui s’intitulant Paris Paris puisque faisant la description en long et en large de la capitale. Ce fut l’occase pour Tekilatex de révéler son intelligence quasi marketing en remplaçant "Paris" par "Bourg-en-bresse". Là où on voit que Teki est très pro, c’est qu’il a bien eu le souci de prononcer "bourque" et non pas "bourre" comme le premier imbécile venu car, comme chacun sait, c’est bien ainsi qu’on cite la ville bressane. Tekilatex est assurément le showman de la formation et ce ne sont pas ses fantastiques duos de marionnetistes avec DJ Orgasmic qui le démentiront.

Entre deux beats acharnés, on put aussi faire des voyages dans le temps aussi soudains que surréalistes. J’avoue que je ne m’attendais pas à me retrouver sur le dancefloor avec « I like to move it move it » dans les oreilles. Diantre. De la dance. On n’eut pas droit à Masterboy. Dommage.

Pour la fin du concert, les TTC avaient mijoté un petit plan espiègle. Comme la plupart des groupes de mecs qui veulent montrer qu’ils zaiment bien les filles (c’est pas des pédés d’abord !), ils invitèrent les représentantes de la gente féminine sur la scène. L’occasion de cette prestation interactive avec le public était sans doute en rapport avec le morceau lancé à ce moment mais, là, il faut bien avouer que le titre en question n’était pas mémorable (et surtout inécoutable car, comme je vous le rappelle, on captait rien). Par contre, le morceau qui suivait en fourbe était lui plus identifiable. Ce n’était autre que Girlfriend, un morceau direct en la matière. Nous pûmes ainsi voir quelques jeunes filles énervées aux côtés de TTC reprenant « J’aime les chattes ! » ou autre « pute, je suis ton mac, alors suce ma bite gratuit » ; ce qui, ma foi, offrait un spectacle surprenant.

Il faut voir aussi que la moyenne d’age sur scène avait dramatiquement chuté et avoisinait les 17 ans. La vision des trois grands gaillards de TTC entourée de toutes ces frêles silhouettes aurait pu être plutôt déroutante en d’autres circonstances. Nous pourrions aussi émettre à ce sujet de belles théories sur la segmentation des publics selon le style musical mais nous nous en garderons pour le moment car tout vient à point à qui sait attendre, à chaque jour suffit sa peine, à l’impossible nul n’est tenu etc etc.

Quoiqu’il en soit, c’est sur ce dernier forfait que TTC s’en est allé, nous laissant aux mains de DJs sadiques qui tentèrent bien vainement de transformer la salle en dancefloor aux beats redoutables. Hé oui c’était l’heure d’aller se coucher.

TTC continue sa tournée à Niort, Berlin, Nice, Lyon, Paris, Strasbourg et peut être ailleurs aussi. Les dates de ces concerts se situent dans les prochains mois, ou peut être même si ça se trouve déjà dans les prochains semaines.

Kylord @ 23/01/07 13 commentaires
  Rira bien le dernier celui qui aura encore sa tête 7 
Attention - Les faits et les personnes cités ci-après sont parfaitement réels. Toute ressemblance avec une oeuvre de fiction (ou un sketsch des Monthy python) serait totalement fortuite.

Ce qui a de fascinant chez toutes les espèces vivantes (dont nous faisons encore parti jusqu'à nouvel ordre), c'est cette capacité, dans les situations les plus dures, de préférer foutre encore plus la merde plutot que d'arranger un peu le bordel.

Actuellement, le proche et le moyen orient, super bien aidés par le reste du monde il faut dire, s'évertuent à être les plus représentatifs de cette tendance. Ainsi, en Irak, depuis l'intervention complètement réussie de nos amis les américains (god bless america), les hippies fumeurs de beuh (les chiites) se foutent à mort sur la gueule avec les amateurs de bronzette (les sunnites). Du coup, des gens meurent ça et là, et on peut dire sans grand risque de se tromper que ça craint assez.

Comme galvanisées par cette ambiance plutôt hot, les autorités du coin sont en pleine bourre et assimilent la justice à une vendetta sous cocaine plutôt qu'à une application impartiale mais complètement has been de lois d'un état de droit (qui, circonstance atténuante, n'existent pas des masses). C'est dans ces conditions que les représentants de l'ordre irakien se sont récemment choper deux complices de Saddam Hussein dans ses multiples et variés crimes contre l'humanité. Mais emballés qu'ils étaient dans leur irrépréssible envie de justice, ils n'ont pu contenir leur impatience pleine de fougue de les voir pendus haut et court dans les plus brefs délais.

Bilan des courses : cet ardent enthousiasme a provoqué quelques facheuses déconvenues pour les condamnés, particulièrement pour l'un d'entre eux, Barzan Ibrahim al-Tikriti, dont la tête s'est détachée. "Le cas est rare, mais la tête de Barzan s'est détachée de son corps pendant l'exécution", nous précise le porte parole du gouvernement irakien, Ali al-Dabbagh. Un autre conseiller du gouvernement a jugé bon d'ajouter que cette décapitation fortuite était sans doute "un acte de Dieu".

Côté sunnite, on est tout de même mois enclin à la déconne et on tient à rétablir quelque vérité : "Nous avons des doutes et nous voulons demander à des spécialistes et à des médecins s'il est possible que la tête se détache ainsi", a déclaré Issam al Ghazzaoui, un des avocats de la défense. Il a par ailleurs prédit des manifestations de rue. Mais bon, dans un pays où sortir dans la rue pour un oui ou pour un non est devenu très tendance, on peut s'autoriser à se demander s'il s'agit là d'un véritable don de voyance.

Au final, la plus déçue par ce mic mac est l'administration américaine. Chez eux, la mise à mort est une affaire sérieuse et le manque de professionnalisme dans ces exécutions leur fait mal au coeur.

Voilà une actu glauquissiment surréaliste qui démarre 2007 sous de bons hospices. Auspices pardon (remarque les deux vont bien). Meilleurs voeux.

Source : L'Express - 15/01/2007 : Deux co-accusés de Saddam Hussein pendus

Kylord @ 16/01/07 7 commentaires
  Emily Strikes Back 7 
Cette fois-ci, je n'étais pas en train de penser la condition humaine (car c'est fatigant, mine de rien, de penser la condition humaine). Je me contentais juste de dresser le business plan de mondedemerde.net à partir du bilan financier des différents pôles d'activité du site pour l'exercice 2006. Dans un premier temps, je me suis rendu compte que c'était une véritable catastrophe ! L'activité n'est vraiment pas du tout rentable, c'est du grand n'importe quoi ! C'est alors que je réalisa que Monde-de-merde.net n'avait aucune vocation commerciale, et je repris donc à zéro l'orientation de mon analyse. Finalement, penser la condition humaine, je crois que c'est encore plus simple.

Alors que j'étais pris dans ces réflexions trépidantes, on me demanda à l'accueil de la rédaction (qui est exactement à 2m20 des bureaux de travail). C'était Emily Haines qui faisait à nouveau irruption fictivement dans les lieux et, malgré l'interview que nous lui avions récemment donné, elle n'avait pas changé de ton :

- Bonjour, M. Kylord. Alors déjà un, votre pseudo est ridicule, c'est pas possible, en plus on sait jamais comment le prononcer. Mais surtout, deux, il parait que vous avez organisé une semaine à mon sujet sur MdM.net et qu'apprends je ? Vous n'avez meme pas parlé du dernier album de Metric, "Live it Out" ? Vous vous foutrez pas un peu de ma gueule par hasard ?

- Mais non je me fous pas de vot' gueule Emily ! Jamais de la vie !

- Alors vous m'expliquez ça comment ?

- Hmm... euh... je dirais.. par un manque profond de cohérence éditoriale ?

- D'accord.... dites, je ne peux compter que sur vous pour la promotion française de Metric ?

- Il semblerait qu'il n'y ait pas d'autre organisme aussi prestigieux que Mdm.net pour vous soutenir dans votre démarche publique en France.

- Oh ça va, gardez votre blabla.. je suis pas aidée... Bon... vous voyez ce qu'il vous reste à faire là non du coup ?

- Oui clairement. Je suis désolé, c'est vrai, la rédaction est un peu crade, mais je vais passer l'aspirateur dès que possible. C'est qu'on doit faire des économies sur le personnel de ménage, je me suis rendu compte que notre société ne faisait aucun profit tout à l'heure et ça fa...

- Non mais... je m'en cure les pastèques moi de vos soucis sanitaires !

- Oh ! Vous êtes belle quand vous êtes énervée. Je vous ai déjà dit que vous étiez sublime ?

- Non mais... Vous allez prendre votre petit clavier là et vous allez dire à toute la population de l'internet comment vous avez trouvé le dernier album de Metric. A quel point il est formidable, comment le groupe s'est inspirée d'une énergie rock toute nouvelle donnant une dimension encore plus géniale à ce qu'il fait. Vous voyez ?

- Ok, j'ai juste à dire ce que je pense alors ? Ca va être facile. Voilà, regardez, j'ai déjà fini, c'est là. Oui des fois, ça me vient d'un coup comme ça.
Kylord @ 08/01/07 7 commentaires
  Metric - Live It Out 1 
Après le succès du premier album qui a pris tout le monde au dépourvu même le groupe lui même, Metric s’est embarqué dans une tournée qui s’est rallongée, encore rallongée et encore rallongée.

On se serait sans doute imaginé qu’après un tel tour du monde, les musikos de Metric auraient décidé de prendre un peu de recul (comprendre un peu de bon temps) pour revenir plus tard avec le fameux album « pas mal mais quand même c’est plus aussi bien ».

C’est là que Metric va clouer tout le monde sur place avec Live It Out. Alors qu’on s’était imaginé Metric comme un groupe confiné à un rock pop plutôt gentil (avec certes beaucoup d’énergie à revendre), voilà qu’Emily Haines et ses acolytes débarquent fraîchement un son plus brut marqué puissamment par une guitare qui va prendre ses aises à tous les niveaux.

Le premier titre Empty va ainsi se jouer de nous (une façon plus classe de se foutre de notre gueule). Le morceau va se présenter avec une petite mélodie récurrente en toute innocence. A ce moment là, on est cool : « Ah je m’y retrouve ! ce que je me sens bien là tranquille avec cette petite guitare, et cette douce voix au timbre si charmeur ». Mais on est bien naïf, car déjà on a raté un détail révélateur : le son d’ambiance spatial en arrière plan, comme symbolisant le calme avant la tempête, le suspense qui monte avant le chambardement général. A la fin du premier couplet, il stoppera net pour... un lâcher de guitares énervées et une batterie tapageuse insistant sur cette libération soudaine. "SHAKE YOUR HEAD, IT’S EMPTY", entend-t-on, ce qui, si je me permets une traduction de fortune, nous intone « Secoue ta tête, c’est complètement vide ! » Hé oui, la chanteuse Emily Haines se fout clairement de notre gueule, et en plus, on aime ça, on est déjà en train de remuer la tête n’importe comment, c’est n’importe quoi, bref, c’est génial.

Metric va alors continuer ce cheminement dans le rock affirmé sur Glass Ceiling. Dès le début du morceau, on dirait que les amplis peinent à contenir la décharge des guitares annoncées. On est moins taquinée ici, mais le plaisir électrique est là et explore des voies très plaisantes. Cette montée progressive va atteindre son paroxysme sur le tube Monster Hospital : Emily se lâche pleinement, elle hurle à la lune au sujet de cette guerre immuable contre laquelle elle s’est battue mais qui, inexorablement, ressort toujours victorieuse. Le rythme endiablé nous enjoint à nous laisser prendre totalement dans le tumulte de guitare.

Mais Metric à travers Emily Haines va aussi se rapprocher de nous en complice. Elle nous avait déjà montré comment elle savait y faire sur des morceaux tels que Combat Baby sur OWUWAYN (c’est ce que donne les initiales du premier album : "oh wou wayne", ptet une allusion à John, le cowboy du Tekzas). La chanteuse du groupe continue donc d'installer cette atmosphère avec l’auditeur (ou le public pour un concert (pour ceux qui ont la chance de les avoir vu sur scène (moi j’ai pas pu encore) (oui je pleure)))).

Ici sur Live It Out, cela va même encore plus loin, on est très intime avec Emily ouloulou, nous voici tout choses. C’est particulièrement vrai sur Poster of a Girl. A la manière de Visage et de leur increvable tube Fade to Grey (vous savez, ces gens qui veulent "devenir gris"), Emily y glisse des phrases murmurées sur un air entendu. Et en français je vous prie. On voit là bien leurs origines canadiennes et leur irrépressible tendance de taquiner la langue pour se la péter. Emily entonne ainsi qu’«on ne peut pas fabriquer la vérité». Une fois de plus, elle a tout compris et c’est très déstabilisant. Même dans les phases énergiques, on ressent aussi cette connivence, comme dans Empty par exemple. Pour qu'elle puisse savoir que notre tête est vide, il a tout de même fallu qu'on se livre un peu non ?

A travers des textes chantées non sans une certaine conviction, on retrouve par ailleurs l’astuce d’Emily dans sa façon de relever l’absurdité des choses. Sur Handshakes, accompagné de son clavier décalé, elle décriera «BUY THIS CAR TO DRIVE TO WORK, DRIVE TO WORK TO PAY FOR THIS CAR»; ce qui, en d’autres termes (les termes français), rappelle la folie d’un quotidien bien partagé qui est d’aller bosser pour s’acheter une voiture alors qu’on va s'en servir essentiellement pour se conduire au boulot. Ah ben ouais c'est plutôt couillon. Ce premier non sens n'est mis en avant que parce qu'il n’est que le prémisse de tout un tas d'autres folies folles du même acabit. A l'image de ce qu'il représente dans la conscience collective, il sera même repris en répétition par Emily comme dans une sorte de rite incantatoire.

Metric, c'est aussi toujours cette mélancolie latente exprimée dans une douce ironie. Patriarch On A Vespa incarne typiquement ce ton. Mais ces ambiances mélancoliques sont toujours posées pour en ressortir avec une énergie nouvelle, et c'est assurément cette terre de contrastes qui fait aussi le charme du groupe, comme le démontre le morceau éponyme Live It Out qui fait le contrebalancement de l'amer Ending Start.

Mais rien ne vaut aussi quelque petit plaisir gratuit. C'est pourquoi Metric reprend en bonus track leur tube intergalactique Dead Disco. Sauf qu'au lieu du morceau rock habituel, le voici sous forme purement électro voire carrément dance. La malice voudra qu'il s'intitule alors Dead Rock&Roll. Emily, qui a bien compris que son petit "I know you tried to change things" avait son petit effet, nous en met ici une double couche. Hé oui, dans ces quelques mots qui donnent traduits "je sais que tu as essayé de changer les choses", c'est dingue tout ce qu'on peut y voir comme significations :
  1. La reconnaissance de l'existence de l'autre, ce qui est quand meme déjà un truc vachement balaise.
  2. La compréhension des aspirations de l'autre, ce qui est encore plus balaise.
  3. L'acceptation sous jacente des limites posées à notre volonté de contrôle sur les choses. Super balaise.
Tout ce qu'il nous reste aujourd'hui, c'est de la funk morte, du rock mort, de la disco morte, nous dit Emily. Mais par ce titre bonus, elle nous indique que le groupe, lui, n'a pas fini d'explorer.

L'aventure Metric n'est pas terminée.
Kylord @ 08/01/07 1 commentaire
Flux RSS
Des gens connus

Celle qui joue du violon

(sisi on le voit à un moment)

0

Une fois encore j'arrive après la bataille avec une belle découverte : Lindsey Stirling. Cette violoniste surdouée a repris des musiques de jeu vidéo et autres icônes de la culture geek (Star Wars, Lotr...), avec parfois un type qui fait des beuleubeuleu avec la bouche. Mais c'est surtout avec ses 2 albums qu'elle a cristallisé un art du violon qui transcende le moindre beat idiot de dubstep et permet au passage d’assommer moults zombies et autres cowboys. Sa maîtrise est parfaite, sans ombrage. Elle domine les éléments. Mais j'ai peur qu'elle se brise. Hors Shatter Me avec l'énervée Lizzy Hale, les collaborations sont souvent foireuses et pourtant de plus en plus fréquentes. Une telle virtuosité au service d'une production massive de soupe musicale est totalement angoissante. Normal que Lindsey en vienne à se poser des questions métaphysiques, mais quelle tristesse de la voir jouer un morceau 1000 fois entendus dans le métro et s'en remettre alors à Jésus parce qu’on l’écoute pas (alors qu'il suffisait de jouer autre chose et laisser ce Jésus là où il est)


Celui qui aime bien la pipe

Usul parle à ses chers contemporains

0

Usul est devenu mon mentor. Il a d'abord modestement élaboré des chroniques sur le jeu vidéo, avec une distance qui le distingue de la presse spécialisée partisane et une acuité qui le sépare du "journalisme" généraliste (qui massacre le jeu vidéo habituellement, à l'exception d'arrêt sur images). Il nous a remémoré de grands moments télévisuels (El Didou, Anne-Lise, spéciale dédicace). Il a introduit cette juste dose de réflexion philosophique dans les débats, en évoquant des thèmes aussi variés que la violence, l'humour ou le rêve. Il s'est moqué allégrement de la gente féminine et, là où c'est fort, avec sa contribution. Il a même charmé le sexe opposé sans vergogne. Désormais, il développe des analyses politiques à travers de savantes vidéos (tu ne t'intéresses pas à la politique ? tu devrais). Je n'ai jamais fait de commentaire de people aussi long. Usul je t'aime. Et puis je suis sûr que Drolyk s'entendrait bien avec Unul.


Celui qui va vous révéler un secret gratuitement car l'industrie du tabac le déteste

Alby's Hobbies

0

Alby a eu un parcours difficile. Se perdant d'abord dans des créations hasardeuses mettant en scène des licornes (ça n'a jamais rien donné de bon, enfin il me semble), il a fini par se trouver en réalisant de vrais chefs d'oeuvres tel son hommage au bilboquet (quelqu'un a le tel number de la brune de la vidéo?). Les plus grands talk show font désormais la promo de son film de ninjas (oui c'est l'émission d'une patate qui parle) et il réalise des montages bistrip avec les plus grandes célébrités. Forcément à ce stade, il ne lui restait plus qu'à produire une sex tape. Trop cool.


Celle qui rêvait d'un autre monde

0

Sponsor malgré elle de Monde de Merde™, Jennifer Ayache retrouve Superbus pour chanter un autre monde de Téléphone, hommage à peine dissimulé au susdit Monde de Merde™. Mais ça ne reste que du rock quoi. La reprise de Nirvana avec des paillettes était plus audacieuse.


Ceux qui faisaient du tourisme en Grèce

(et prédisaient les dégats de l'austérité avant l'heure)

0

Cette série abrégée des Chevaliers du Zodiaque est datée mais un tel cas d'école de détournement sous cocaine ne peut rester sous silence. Les mangas me sortent souvent par les yeux (qu'ils ont énormes) et l'astrologie me fait une sorte de fussoir mais ce dessin animé à l'imagerie ambiguë a carrément de la gueule vu sous cet angle. Moins frime que le remake d'Orelsan.


* tous les people *