Connexion [s'inscrire]
User :
Pass :
Mot de passe égaré ?

Votez Batman

Installons une halte au stress perpétuel de se coller à l’a...
* Tous les articles *

Queens of the Stone Age

Ces rockeurs stylés comme en témoigne cette joulie photo dan...
* Tous les gens *
  Une petite histoire de cinéma toute en sobriété 3 

Une fois n'est pas coutume, je vais faire une petite news rapidos (mais attention, ne vous leurrez pas, j'ai de gros dossiers en préparation). Il s'agit d'une petite news pour un petit court métrage : Un regard (ne) suffit (pas) de Arsène Humblot. C'est un titre bien choisi car on se demande fatalement à quoi le regard ne suffit pas.





On a donc lancé la vidéo, on s'est calé dans son fauteuil car on a senti venir potentiellement le truc bien chiant en noir et blanc avec du piano à rallonge. Mais le piano n'a pas duré. Puis, on s'est surpris à se mettre intellectuellement dans la peau du gars qui prend sa pause dans ce silence de ville. De là s'installe une tension progressivement amenée et qui utilise très justement le temps pour s'installer. C'est ni trop, ni pas assez. Le classicisme de la situation se marie très bien avec la touche de modernité contemporaine du cadre.

Il n'y aura pas un mot et pourtant dieu que les messages et les spéculations possibles sont nombreux.

C'est alors qu'on revit la même situation mais... c'est différent.
Kylord @ 30/04/09 3 commentaires
  SOS ! Rio ne répond plus ! 3 
* Attention : article avec petits bouts de spoilers ajoutés *

C'est l'actualité sur grand écran qui aujourd'hui nous ramène à la genèse de MdM. En effet, Michel Hazanavicius (un nom détourné que ça m'étonnerait pas), le père de La Classe Américaine, origine de l'hommage fait par notre site et référence des détournements cinématographiques, vient de sortir sa nouvelle réalisation : OSS 117 - Rio ne répond plus.

Bien accueilli par le public, plutôt apprécié par la critique, le film semble promis à une bonne réussite comme le premier opus OSS 117 - Le Caire : Nid d'Espions

Mais une fois n'est pas coutume, je vais faire rien qu'à critiquer et montrer que tout n'est pas rose dans ce film de vacances mis en boite par une bande de bons copains.

D'abord, OSS 117 est porté essentiellement par un Jean Dujardin en état de grâce. Il faut bien le reconnaitre, le point majeur du film est en effet l'incarnation du "meilleur agent français" OSS 117 autrement dénommé Hubert Bonnisseur De La Bath (ou Noël Flantier...). Passant des pitreries les plus grotesque aux scènes d'actions rythmées mais néanmoins tout aussi farfelues, Jean Dujardin maintient une constance dans l'absurdité du personnage assez exceptionnelle.

Mais c'est là que le bat blesse : cela ne fait que renforcer la faiblesse du reste du casting.

Avant d'en aborder les détails, replaçons nous dans le contexte : Rio ne répond plus joue plus que jamais le détournement de James Bond. Cela est encore plus criant que le précédent épisode. On se retrouve dans une sorte de pastiche entre les James Bond de Sean Connery et ceux de Roger Moore. Parfois on dirait presque que Jean Dujardin interprète les dialogues doublés de Roger Moore dans Derrick vs Superman, autre détournement à l'actif de Michel Hazanavicius. Sans parler de l'affaire de la quiche qui nous fait demander dans quelles proportions ce film pourrait bien receler de références autobiographiques.

C'est dans cette atmosphère que nous nous retrouvons dans une aventure mêlant un scénario rempli de hippies, de nazis et de James Bond girls. Du côté de celles que nous appellerons plutôt les OSS girls, la gentille est désormais jouée par Louise Monot (avec un look sixties Emma Peal du plus bel effet) en lieu et place de Bérénice Béjo. Pour la messante, Reem Kherici (Amy Winehouse avec des gros seins) remplace Aure Atika. A noter que, à chaque fois, l'actrice faisant la gentille a un nom franchouillard tandis que celle jouant la méchante a un nom à coucher dehors (enfin vous êtes pas obligés de noter, cette remarque reste une remarque inutile et stupide).

Soyons honnêtes : si le film ose plus que son précédent volet, ce n'est pas le cas des deux OSS girls qui, même s'il est agréable de ne pas avoir affaire à des visages connus, sont nettement moins incarnées que dans le premier épisode. C'est particulièrement le cas pour la méchante dont on verra davantage la poitrine que la présence même dans l'histoire.

Côté Nazi, même chose, même faiblesse : le grand chef nazi est surjoué. Pas surjoué comme Jean Dujardin qui maintient une puissance dans la débilité tout à fait étonnante, mais surjoué comme un acteur qui en fait tout simplement trop. Plus de sobriété aurait sans doute créé plus de décalage par rapport à l'agent français et ça aurait été pas plus mal.

C'est en fait ce point qu'on peut reprocher à OSS 117 : Rio ne répond plus. A vouloir faire de la connerie à ne plus savoir qu'en faire, il en met à des endroits pas forcément nécessaire et même à tel point qu'il n'y a même plus quelques secondes de premier degré auxquelles se référer. On se demande même si le réal s'intéresse à son fil conducteur. Pourtant, comment justifier un second, troisième voire quatrième degré, s'il n'y a pas de premier un tant soit peu ?


Le film est ainsi un délire hallucinant mais c'est aussi pour cela que, de l'autre côté de la balance, il assure. Les limites de Caire : Nid d'Espions sont largement repoussées et la mise en scène n'hésite pas à consacrer plusieurs minutes pour installer un gag monstrueux (dans tous les sens du terme). On a donc à la fois la médaille et le revers de la médaille car, même si on reste parfois médusé face à certains délires, ça n'en reste pas moins jouissif (tel l'exemple des canardes). Il faut dire que les moyens sont là, le succès du premier OSS ayant donné sans doute beaucoup plus de liberté dans la réalisation.

Au niveau des dialogues, c'est la même chose. La souplesse de Jean Dujardin permet à Michel Hazanavicius de se défouler. Bêtise incommensurable, autosatisfaction sans borne, racisme de bas étage, numéros de charme complètement idiots : tout y passe. Les dialogues de La Classe Américaine sont là mais en un peu moins décalés. Faut quand même que ça reste accessible au commun des mortels du grand public ma petite dame.

Les délires se retrouvent aussi dans la mise en scène. La caricature des retournements de situation et celle des fameux flashback (une lubbie de Michel sans doute) sont poussées à l'extrême. Concernant les effets de style, on notera la reprise de la manie des séries d'époque à découper l'image en multitude de vues (les jambes de Dolores seront particulièrement multipliées). Le ridicule de la mise en scène n'a rien à envier au ridicule de l'agent "un un sept".

On aimerait qu'un film de ce type puisse devenir culte. Mais ça n'est pas le cas. On ne saisit pas trop ce qui empêche la sauce de prendre complètement, mais il n'y a pas cette saveur unique et magique du détournement totalement réussi. Le casting peut être... ou des dialogues extrêmes et décalés qui ne sont néanmoins peut être pas assez suffisamment marqués par l'empreinte historique de Michel Hazanavicius... Va savoir.

En tout cas, c'est un gros délire bien sympathique et qui évidemment dénote grandement dans le cinéma français. Déjà rien que pour ça, allons-y gaiement.

Kylord @ 19/04/09 3 commentaires
  Histoire d'une humiliation programmée... 11 
... ou comment se rendre compte que la télévision n'est effectivement que la version moderne des jeux de Rome.

Replaçons nous dans le contexte : nous sommes samedi soir, le 11 avril 2009, veille de Paques. Au programme sur le service publique de France 2, comme chaque samedi soir, un des rares talk show de la télévision française (qui doit surement davantage son succès à cet état de fait qu'à une réelle qualité supérieure au reste du PAF), j'ai nommé On n'est pas couché, présenté par Laurent Ruquier. Il est 23h car l'émission commence plus tôt depuis qu'il n'y a plus de publicité sur les chaines publiques (une des conséquences inestimables des mesures préventives à la crise venant de Sarkozy).

Il s'agit de la 100ème édition d'On n'est pas couché. Une réussite pour la production donc. Comme pour reprendre une des trop habituelles déviances de la télé qui est de se regarder le nombril, ce 100ème numéro sera l'occasion de commémorer "les grands moments" de l'aventure. Nous verrons donc des pastiches de comique, des montages orientés d'intervenants tels que les très (trop ?) starisés chroniqueurs Eric Zemmour et Eric Naulleau, ou bien encore des petites sessions d'auto congratulation.

Dans tout ce brouhaha, quelques invités viendront se frotter à l'exercice habituel de l'interview. Parmi ces invités, Erika Moulet, jeune journaliste sur LCI en pleine ascension médiatique. Elle fait parti du lot d'animatrices de JT de la chaine d'information (et n'allez pas me faire dire que j'ai choisi exprès le mot "lot" !).

Lorsque c'est le moment pour la journaliste de se faire interroger, le plateau est drolement garni : les grincheux Eric Zemmour et Eric Naulleau bien sur, mais aussi Guy Carlier, ex-chroniqueur acide des ondes, ainsi que Patrick Timsit qui n'est pas spécialement connu pour garder sa langue dans sa poche. A quelques minutes près, on a failli avoir droit aussi à la présence du "boucher de Bern" Stéphane Guillon. Heureusement qu'il ne fut point là pour compléter le tableau, car c'eût été peut être la goutte qui aurait fait déborder le vase (ou plutôt couler le navire Erika (ah-ah elle est bien bonne celle là)).

Oh je vois que la curiosité est montée à son paroxysme. Mais.... que s'est il donc passé donc ???!!!!

La réponse, en images :



Édifiante joute télévisuelle, n'est ce pas ?

Ce qui est très intriguant, lors de cette interview, c'est à quel point, en tant que spectateur, on se retrouve le cul entre deux chaises. D'un côté, on aimerait bien qu'il y ait un déclencheur qui fasse exploser la situation dans un sens donné et que Erika Moulet craque ou contre les persiflages. Ce non dit général est en effet terriblement frustrant lorsqu'on regarde une émission de débat (et quand on regarde la télé, on n'aime pas être frustré, ça non alors !). De l'autre côté, par compassion pour l'animatrice martyrisée, on souhaiterait que ce cirque se termine au plus vite et qu'on passe à autre chose.

Mais en fait, les enjeux sont finalement plus tarabiscotés que ces deux sentiments un peu surfaits qui nous viennent naturellement lorsqu'on suit le débat et qui nous font prendre assez rapidement le parti pris de la prétendue victime Erika Moulet.

Premièrement, attardons nous sur le look de la jeune demoiselle, chose que Laurent Ruquier n'aura pas manqué de faire, à défaut de poser d'autres questions. Lorsqu'on arbore une telle extravagance, surtout lorsqu'on va dans une émission de divertissement (sur LCI, elle peut certes le dissimuler sous le couvert de l'information), c'est qu'on sait jauger de l'importance du style en télé pour se faire remarquer et donc mesurer que, inévitablement, cela va faire parti intégrante de son intervention.

Son propos constant à répéter comme une demeurée qu'elle est là uniquement pour son travail et représenter la chaine est d'une mauvaise foi comme rarement il est donné de voir (et pourtant dieu sait que des politiques sont déjà passés par là). Le summum de son hypocrisie est atteint lorsqu'elle affirme avec aplomb qu'elle "a d'autres choses à faire que de s'occuper de [son] look". Difficile à croire lorsqu'on semble venir tout droit du Moulin Rouge de Star Trek (en admettant que ça puisse exister).

Disons alors qu'elle a été bêtement naïve, qu'elle ne s'attendait pas à autant de considération, qu'elle pensait normal de se vêtir ainsi (en célébrant l'avènement du quatrième millénaire et l'explosion de l'étoile Noire par Luke SkyWalker) car tel est le lot des émissions de divertissement. Mais... quelle est sa profession, dites moi ? Journaliste, nessepa. Comment ne pas connaitre alors les ressorts d'une émission référencée comme celle de Laurent Ruquier lorsqu'on est journaliste ?

Bon... encore qu'on puisse imaginer que les émissions de variété ne soient pas son domaine de prédilection... mais quand on est journaliste, on se renseigne ! (et je sais de quoi je parle). Erika Moulet aurait par exemple appris que, la semaine dernière, des danseuses du Crazy Horse étaient venus à l'émission dans le seul but d'agrémenter le plateau et d'être prétexte à quelques bonnes vieilles blagues (pas forcément dans le genre fines). A partir de ce moment là, comment ne pas anticiper les risques ? comment ne pas voir venir la dérive excessive du débat vers les apparences lorsqu'on arbore un look d'extraterrestre ?

Pourtant, malgré le peu de précautions qu'elle a prise pour éviter de se retrouver dans la situation inconfortable de la cible des nunucheries des chroniqueurs, elle a eu plusieurs fois l'occasion d'en sortir. C'est Zemmour qui lui a tendu deux perches qu'elle n'a pas vraiment saisi :
  • la question sur l'utilisation de l'image et particulièrement celle des femmes sur les chaines d'information
  • le ton des chaines d'information sur la venue d'Obama en France (à un autre moment de l'émission).

Certes, sur les deux points, il a été féroce. Mais là, Erika Moulet n'a vraiment aucune excuse pour ne pas s'y être attendu. Elle ne pouvait pas ne pas connaitre les méthodes du journaliste revêche, chroniqueur sur la chaine concurrente I-télé notamment.

Bon, on pourra éventuellement lui concéder qu'elle a peut être été déstabilisée par le niveau du débat qui précédait... Soit. Mais d'un autre côté, elle a joué la suffisance.

Au final, bref, elle a refusé le débat sur la forme, et elle a refusé le débat sur le fond. Que lui restait-il ? Rien. Son attitude au ressort de l'interview, que l'opportuniste productrice Catherine Barma n'aura pas manqué de capter, nous indique qu'elle a bien eu conscience de ce qui s'est passé. Cela tend même à nous faire rejeter l'hypothèse de sa naïveté.


Donc... si elle n'est pas si naïve et si elle a un tant soit peu été consciente du déroulement de l'interview, pourquoi Erika Moulet a mené sa barque ainsi ?

Regardons les faits : elle a envoyé balader Patrick Timsit qui se faisait son allié en début d'émission en lui fournissant à la fois les arguments pour contrer les questions idiotes de Ruquier et en s'interposant aux numéros des deux chroniqueurs (ayant pris son "rateau", il lui rendra la monnaie de sa pièce après coup...). Ensuite, elle a encouragé celui qui rendait l'interview ridicule par ses questions, Laurent Ruquier, en n'opposant jamais une réfutation nette voire même l'inverse.

Bref, son attitude a différé selon chaque interlocuteur. En y réfléchissant bien, on se demande même si elle n'a pas cherché elle même à brouiller les cartes, en allant systématiquement à l'opposé de ce qu'on attendait d'elle. Ou alors est ce la conséquence de trop fréquenter le milieu de TF1 qui pousse à prendre tout le monde pour des cons ? Mais elle a failli payer cash ce jeu là (en témoigne certaines mimiques laissant entrapercevoir une tension intérieure évidente) car, contrairement à son "journal dont [elle] porte la responsabilité", elle n'avait pas là le programme des titres devant les yeux.

Surtout que tout le monde a du déjouer.

Eric Naulleau, qui habituellement est impatient de faire son show de clown de mauvaise foi, a préféré laisser sa place.

Patrick Timsit, qui habituellement ne lâche pas le morceau, a été contraint de cesser d'espérer une réaction de la journaliste à ses invectives (la perche de Naulleau lui aura été utile).

Eric Zemmour, qui reproche parfois aux invités de ne pas prendre part au débat, n'a ici pas insisté.

Laurent Ruquier, qui habituellement gagne toujours la sympathie de l'invité par le jeu de sa convivialité, a été renvoyé dans les cordes (on se rappellera tout de même que Clotilde Courau lui avait déjà fait un coup similaire)


Au final, personne n'est ressorti gagnant mais personne n'est ressorti perdant non plus, et c'est peut être ce qui est inédit car le statut quo est finalement très rare en télé (même si tout ceci ne ressemble qu'à une grosse farce de mauvais gout).

Quoique... personne ne ressort gagnant ?... Si en fait : moi car j'ai pu écrire toutes ces conneries grâce à ce moment de télé et Erika Moulet qui se distingue encore plus de ses collègues de LCI grâce au buzz généré, le tout en ayant pas foutu grand chose.
Kylord @ 15/04/09 11 commentaires
  It's evolution baby ! 14 
Dans la foulée de la chronique "Vive la vie", j'ai réfléchi aux thématiques à côté desquelles un site intitulé "Monde de Merde" ne peut passer. Le visiteur lambda tapant "merde" dans son moteur de recherche n'est en effet point innocent et ma profonde mansuétude me tend à vouloir lui donner entière satisfaction. Tout en veillant à ne pas tomber dans la caricature bien entendu. Un peu de finesse s'il vous plait.

La chronique de "Vive la vie" sur "Monde de merde", il fallait le faire. Ca c'est fait. J'ai pensé à un autre thème qui trouverait naturellement sa place dans ces colonnes. Douglas Adams parlait de la vie, l'univers et le reste. Moi je vous parle de la vie, de ce monde de merde et de l'évolution. C'est donc de l'évolution que nous allons parler présentement car cela conclut le triangle cosmique de l'ordre des choses.



Voilà un concept bien vague que l'évolution lorsqu'il est balancé comme ça à froid. C'est là que je fais intervenir le clip de Pearl Jam Do the Evolution (album Yield, 1998) qui est la quintessence de la représentation de l'évolution.

Il résume ce que bien des discours de vulgarisation auraient du mal à faire ressortir en quelques minutes :

Déploiement de l'univers, apparition de la vie et processus biologiques, écosystème, représentation des sociétés, sciences humaines, technologies, idéologies, industrialisation, développement personnel, travail, capitalisme, violence, génocides, rituels, rapports de hiérarchie, politique, justice, sexe, maladie, religion, guerre, ségrégation, extrémismes, voracité, mise au pas de la nature, urbanisation, instrumentalisation de la vie, informatisation... toute l'évolution et plus spécifiquement l'évolution des sociétés humaines sont réunies ici et se terminent dans une gigantesque apocalypse.

Apocalypse qui est en fait... le retour aux sources. L'image de la cellule du début du clip passe en surimpression de la planète détruite à la fin. Comme quoi la vie ne serait qu'un éternel recommencement...

C'est d'une beauté expressionniste assez sublime. Seul l'interlude de la petite fille gambadant dans les champs sur les paroles "Alluelia alleluia" du chanteur semble indiquer un répit dans cette course infernale. Et pourtant non, putain, même pas : même cette greluche qu'on pourrait bien vite croire pure et innocente, comme nous l'inspire les images et la musique, est une tueuse. Elle écrase les fourmis. Elle écrase la vie. Tout comme les soldats dans les tranchées dans les secondes suivantes. Voilà un enchainement lourd de significations.

Un ange de la mort hante le clip. Comme une sorte de dieu sauce manga qui représenterait les grands délires émotionnels humains, de la volonté de domination à l'amour, cette succube représente à la fois la vie et la mort. A ce titre, elle se cape d'une jolie tête de mort très seyante par moments. C'est ainsi que c'est dans la prunelle de ses yeux que s'achève l'anéantissement de la planète (c'est beau ce que je dis).

Voilà donc ce qui constituerait la mythologie version Pearl Jam. C'est une mythologie assez rock & roll, comme en témoigne l'hystérie sur le petit solo de guitare (au bout d'1 minute et quelques du clip) et c'est bien cela qui fait tout la force évocatoire de ce clip : il nous rappelle à chaque instant la folie des hommes (petit extrait audio). C'est comme un hurlement à la lune de 4 minutes, un embrasement crescendo, une défiance à toute les turpitudes humaines passées en revue.

Côté texte, on retrouvera des paroles qui, outre les références à l'évolution, rappelleront les grands moments de l'homme pressé de Noir Désir.

Bref c'est du grand art.



Puisqu'on est sur l'évolution, sortons un autre clip de derrière les fagots. Dans une veine assez similaire mais avec une approche différente, voici celui de Korn :

Ici, le titre est appelé plus sobrement Evolution (album Untitled, 2007) et se cantonne plus essentiellement au développement humain. La conclusion est assez similaire dans le sens où l'être humain est présenté comme la vérole qui attaque la planète (monde de merde...). On remarquera aussi que les différents aspects des sociétés humaines sont aussi représentées chez Korn mais, au lieu d'être imagés, ils sont personnifiés : la religion par le curé, la science par les scientifiques, l'industrie par un texan...

A la différence de Pearl Jam, le discours est ici plus morbide et plus nihiliste (assez cohérent venant de la part de Korn). Il ne décrit pas la montée en puissance façon Pearl Jam. Pas de folle poursuite en avant, pas de course technologique. Ici, l'être humain s'est contenté d'essayer de se mettre debout, puis ça n'a pas duré, il s'est vite rabougri à nouveau. Même le singe est tout aussi doué.

Alors que chez Pearl Jam le quotient intellectuel de l'être humain lui permet de tout asservir et de faire des folies disproportionnées, il ne sert ici qu'à masquer des comportements aussi bestiaux que les espèces animales (cela dit... les deux postulats ne sont pas totalement incompatibles). Chez Korn, Les hommes sont considérés comme n'importe quel singe (comme ce cher Georges W.). La scène des intervenants hypnotisés par l'argent qui est jeté dans la salle de conférence rappelle terriblement les poissons dans un aquarium dans lequel on aurait jeté un peu de nourriture. Cela nous renvoie à une actualité insolite récente : les conséquences du jet de billets de banque sur l'autoroute.

En fait, l'homme est présenté comme un animal qui se renie. Lorsque la bimbo présente la banane et l'argent au singe, tout le monde se félicite que le singe choisisse la banane. L'homme aurait bien entendu choisi l'argent ; ce qui en ferait soit disant sa supériorité. Sauf que l'argent ne sert techniquement à rien pour le singe puisque sa valeur n'est que ce que l'homme en a décidé lui même avec ses congénères (remarque, le singe aurait pu se faire passer pour un être humain, prendre l'argent et aller acheter des bananes... mais bon).

A la fin, le dossier du déclin de l'espèce humaine est "rejeté" alors même que tout le clip s'acharne à démontrer le contraire. Cela serait comme pour dire que l'humanité a beau aller droit dans le mur, elle n'en ouvre pas les yeux pour autant si tant est qu'on lui adresse une habile démonstration de marketing (la bimbo numéro 2 qui retourne le tableau notamment...). Ca fait réfléchir.

Il est à noter un parallèle malicieux avec le clip de Pearl Jam. Là où chez ces derniers l'évolution humaine se termine dans les yeux de la prêtresse de la mort, elle finit dans les yeux du singe chez Korn ; ce qui synthétise chacune des deux visions assez puissamment.


It's the evolution baby !
Kylord @ 11/04/09 14 commentaires
Flux RSS
Des gens connus

Celle qui joue du violon

(sisi on le voit à un moment)

0

Une fois encore j'arrive après la bataille avec une belle découverte : Lindsey Stirling. Cette violoniste surdouée a repris des musiques de jeu vidéo et autres icônes de la culture geek (Star Wars, Lotr...), avec parfois un type qui fait des beuleubeuleu avec la bouche. Mais c'est surtout avec ses 2 albums qu'elle a cristallisé un art du violon qui transcende le moindre beat idiot de dubstep et permet au passage d’assommer moults zombies et autres cowboys. Sa maîtrise est parfaite, sans ombrage. Elle domine les éléments. Mais j'ai peur qu'elle se brise. Hors Shatter Me avec l'énervée Lizzy Hale, les collaborations sont souvent foireuses et pourtant de plus en plus fréquentes. Une telle virtuosité au service d'une production massive de soupe musicale est totalement angoissante. Normal que Lindsey en vienne à se poser des questions métaphysiques, mais quelle tristesse de la voir jouer un morceau 1000 fois entendus dans le métro et s'en remettre alors à Jésus parce qu’on l’écoute pas (alors qu'il suffisait de jouer autre chose et laisser ce Jésus là où il est)


Celui qui aime bien la pipe

Usul parle à ses chers contemporains

0

Usul est devenu mon mentor. Il a d'abord modestement élaboré des chroniques sur le jeu vidéo, avec une distance qui le distingue de la presse spécialisée partisane et une acuité qui le sépare du "journalisme" généraliste (qui massacre le jeu vidéo habituellement, à l'exception d'arrêt sur images). Il nous a remémoré de grands moments télévisuels (El Didou, Anne-Lise, spéciale dédicace). Il a introduit cette juste dose de réflexion philosophique dans les débats, en évoquant des thèmes aussi variés que la violence, l'humour ou le rêve. Il s'est moqué allégrement de la gente féminine et, là où c'est fort, avec sa contribution. Il a même charmé le sexe opposé sans vergogne. Désormais, il développe des analyses politiques à travers de savantes vidéos (tu ne t'intéresses pas à la politique ? tu devrais). Je n'ai jamais fait de commentaire de people aussi long. Usul je t'aime. Et puis je suis sûr que Drolyk s'entendrait bien avec Unul.


Celui qui va vous révéler un secret gratuitement car l'industrie du tabac le déteste

Alby's Hobbies

0

Alby a eu un parcours difficile. Se perdant d'abord dans des créations hasardeuses mettant en scène des licornes (ça n'a jamais rien donné de bon, enfin il me semble), il a fini par se trouver en réalisant de vrais chefs d'oeuvres tel son hommage au bilboquet (quelqu'un a le tel number de la brune de la vidéo?). Les plus grands talk show font désormais la promo de son film de ninjas (oui c'est l'émission d'une patate qui parle) et il réalise des montages bistrip avec les plus grandes célébrités. Forcément à ce stade, il ne lui restait plus qu'à produire une sex tape. Trop cool.


Celle qui rêvait d'un autre monde

0

Sponsor malgré elle de Monde de Merde™, Jennifer Ayache retrouve Superbus pour chanter un autre monde de Téléphone, hommage à peine dissimulé au susdit Monde de Merde™. Mais ça ne reste que du rock quoi. La reprise de Nirvana avec des paillettes était plus audacieuse.


Ceux qui faisaient du tourisme en Grèce

(et prédisaient les dégats de l'austérité avant l'heure)

0

Cette série abrégée des Chevaliers du Zodiaque est datée mais un tel cas d'école de détournement sous cocaine ne peut rester sous silence. Les mangas me sortent souvent par les yeux (qu'ils ont énormes) et l'astrologie me fait une sorte de fussoir mais ce dessin animé à l'imagerie ambiguë a carrément de la gueule vu sous cet angle. Moins frime que le remake d'Orelsan.


* tous les people *