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JUSTICE POUR TOUS !

En ce jour de fête musicale et d'inauguration de la canicule...
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The Residents

Il paraît que je ne peux pas écrire que c'est un groupe de l...
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  Deux jours à tuer ? 2 
Loin des festivités de Cannes célébrant un cinéma que nous ne pouvons pas voir (et qui récompense les films des réalisateurs avec lesquels a joué la présidente du jury, c'est du propre, encore magouille et compagnie ct'affaire) et loin des privilégiés qui vont voir en avant première des superproductions hollywoodiennes, je m'attarde ici sur le cinéma qui n'est certes pas tout récent mais qu'on peut voir en DVD ou à la télé (actuellement sur canal+).

Deux jours à tuer ? Serait-ce encore le titre d'un rappeur qui dérappe jusqu'à se faire traquer en justice par Eric Zemmour ? Ou serait ce plutôt le come back de Stalone dans les films d'action à trucider tout ce qui bouge ? Ou alors plutôt Bruce Willis qui tue tout le monde pour sauver tout le monde ? Ou s'agirait-il d'un docu sur des lycéens s'amusant à reconstituer des attaques terroristes à balles réelles avec leurs petits camarades de classe ? Bon... ou alors un film sur un mec qui se fait grave chier en week end et qu'on va suivre dans ses turpitudes pour essayer de s'amuser un peu ?

Lorsque Albert Dupontel se présente pour incarner le premier rôle, on écarte un certain nombre de ces éventualités. On va le retrouver dans la peau d'un cadre sup' qui va décider de prendre la tangente. C'est un doux euphémisme car on pourrait aussi dire qu'il pète les plombs. Boulot, femme, enfants, amis, tout y passe. Tout est remis en cause.

L'intérêt du film est dans la compréhension des raisons qui motivent soudainement Antoine (le cadre sup' joué par Dupontel) à envoyer valdinguer tout ce à quoi il s'était attaché par le passé. Le gros point fort du film est la justesse et le talent immense de Dupontel dans l'incarnation d'Antoine bien soutenu par une distribution judicieuse. Il est bien plus pertinent que dans son rôle de président dans lequel il avait du mal à trouver tous ses repères. Couplé avec une mise en scène intelligente qui nous donne des bribes d'information au compte goutte, les interrogations se succèdent et nous poussent à aller au bout de chaque piste donnée par le héros. Et ça, c'est brillant. Cela donne un intérêt quasiment métaphysico-philosophique au film qui atteint ainsi une portée mystique. Ce qui est en question, ce sont les fondations d'une vie. C'est pas rien et c'est pour cela qu'il est consacré par Monde de Merde(tm).

C'était tout trouvé pour Albert Dupontel. Il est comme un poisson dans l'eau à jouer des émotions qui mêlent folie, humour et révolte (ah la scène de la réception...) Il cultive cette ambiguité qu'il manie fort bien, celle qui contient un sens fort au premier degré mais qui semble toujours masquer un second degré ironique et cinglant. Il est au sommet de son art.

Alors si vous comptez regarder le film et que vous n'aimez pas tout connaitre à l'avance, je vous arrête tout de suite. Ne regardez pas la bande annonce car elle a été faite par des marketeux qui n'ont rien compris au principe de bande annonce. Au lieu de donner envie en laissant du mystère, ils te résument tout le flim en 2 minutes. Les cons. Ne lisez pas non plus ce qui va suivre car la deuxième partie de cet article vous machera le film. Alors j'attends là ceux qui vont voir le film pour qu'on revienne ensuite un peu sur l'histoire.

...

C'est bon maintenant ? tout le monde a vu le film, on continue ? (c'est trop fort les sauts temporels par l'écriture). Pour les deux du fond qui ne l'ont toujours pas vu, je vous mets la bande annonce (ben oui, elle résume tout) :



Au début, on se met à croire aux histoires de couple à la mord moi le noeud : "tu me trompes", "non c'est toi qui te trompes" et patati et patata. Puis les trucs louches arrivent. Les petits indices. Lorsque Mathilde la femme d'Antoine (jouée par Marie Josée Croze qui est aussi actuellement au cinéma avec Je l'aimais) se tape sa crise qu'Antoine encaisse avec aplomb, on est un peu dubitatif. Il en a rien à foutre ou bien ? Pourtant il enchaine lui aussi sur une bonne crise des familles. Alors quoi ?

Vous vous êtes sans doute demandé comme moi si Antoine au départ n'avait pas eu une simple mais efficace crise de lucidité. Si un événement anodin ou une envie grandissante de renouvellement lui avait fait prendre conscience de son existence dans toutes ses dimensions. Cela faisait du bien de voir ce personnage lacher ses 4 vérités à tour de bras et dont on sentait qu'il libérait son moi intérieur avec un plaisir délectable. Le réalisateur Jean Becker a d'ailleurs avoué qu'il avait construit ce personnage parce qu'il avait lui aussi ce désir secret de prendre des gens en face pour les crucifier sur place (et les casssssssseeeeeeeeeeeer).

Puis, à force de voir Antoine se mettre à agresser tout le monde avec une férocité peu commune, vous avez encore douté. Est-il tout simplement complètement givré ? Ensuite, on le voit se barrer je-sais-pas-où alors qu'il reprochait jusqu'ici à tout le monde de fuir la vérité. Qu'est ce que c'est que ce comportement totalement incohérent ?

C'est alors qu'on va commencer à comprendre le pourquoi de "deux jours à tuer" : c'est deux jours pour faire le point. Deux parties de film. Une partie sur le présent, une partie sur le passé. Comme La Rumeur à travers leurs morceaux (vous avez vu la continuité éditoriale ? c'est ça la puissance intellectuelle), Antoine aussi remonte à ses origines et revient sur son passé pour donner corps à son présent.

Finalement, on va avoir la compréhension ultime. Deux jour à tuer, c'était en fait... deux jours à être tué.

Deux jours pour être tué.

Seulement... il y a un message de conclusion quelque peu fataliste au delà de la simple mort inéluctable : serait-ce uniquement quand on voit venir la mort qu'on se met à défier la vie ? Y'a de quoi se flinguer.
Kylord @ 26/05/09 2 commentaires
  La Rumeur - L'ombre sur la mesure 3 
Suite à mes pérégrinations dans le monde adolescent, c'est dans les méandres du hip hop que je zigzague désormais armé des mes maigres doigts et d'une planche de plastique équipée de petits boutons poussoir (oui, un clavier). Ma mission : reconstituer le triptyque légendaire du rap français d'excellence. Le hip hop français de qualité retrouve en effet ses bases au travers de trois formations complémentaires (un jour je vous présenterai peut être ma théorie fumeuse de la règle de trois applicable à tout). Elles ont les trois un caractère commun : leur propos est marqué par une lucidité exacerbée.

Je vous ai déjà évoqué le cas du Klub des Loosers de Fuzati et son album Vive la vie. Il incarne la partie du triptyque représentant le cynisme monté en dérision. C'est une contestation individuelle face à un système qui le dépasse.

La deuxième partie du tryptique représente le mouvement dont le fer de lance est I am et son album L'école du micro d'argent, leur meilleur album sans aucun doute. I am incarne la conscience éclairée et le rap ludique. C'est une contestation civique face à une société d'inégalités. Le groupe étant tout de même très mainstream, je n'ai pas encore éprouvé la nécessité d'en faire une thèse dans ces colonnes. Peut être que je le ferai lorsque cela sera suffisamment dépassé de telle sorte que cela apparaitra totalement underground d'en parler (y'a une ligne éditoriale à tenir).

La troisième partie du tryptique - et c'est celle-ci qu'on va percer à jour - est La Rumeur et son album L'ombre sur la mesure. La Rumeur incarne la noirceur brute et rude dans la représentation triangulaire. Pas besoin d'inventer ici des raisons à la con pour donner une image underground, le groupe tenant un discours radical jusqu'à se faire poursuivre en justice par le Ministère de l'Intérieur. Cela met en exergue leur contestation politique face à un système d'injustices.



Etudions La Rumeur. Pour présenter la démarche du groupe, je ne vois pas meilleure façon que l'écoute de la première piste de l'album. Ce sont des extraits de textes de Frantz Fanon, psychiatre de son état et homme de luttes. Cette référence met en évidence un point qui n'est pas négligeable : les MC de La Rumeur se la jouent intellos et ce n'est pas seulement un style qu'il se donne. Les deux rappeurs qui constituent le noyau dur du groupe sont largement diplômés. Le premier, Ekoué, est sorti diplômé de Sciences Po et de Droit Public. Le second, Hamé, est titulaire d'un DEA de Cinéma et de Sociologie.

Les propos utilisés de Frantz Fanon ainsi présents sur cette première piste, parasitée par des interférences qui s'effacent progressivement, se renvoient la balle sous forme d'échos : cela évoque la rumeur qui s'apprête à se propager au fil de l'album. Les propos eux-mêmes servent à définir la rumeur et ce qu'elle évoque. Est-ce du concept ou du groupe dont il est question ? Sûrement les deux car le but est vraisemblablement de les confondre et ce n'est pas l'imagerie de l'album, plongée dans le noir avec quelques soubresauts de lumière, qui va me dire le contraire. Au final, on retiendra cette incantation finale : "il y a toujours un double discours dans la rumeur". La démarche est affichée et c'est peu dire qu'elle n'est pas prétentieuse tant les degrés de lecture sont riches. La qualité des morceaux qui vont suivre atteint un sommet jusque là peu égalé dans le hip hop français.


Rentrons dans le coeur du sujet. Le coeur à vif. Ce qui saisit d'emblée, c'est la spécificité des boucles utilisées dans les morceaux. Le beat est lourd, marqué, inspirant la mélancolie (la dureté d'un quotidien inévitable) et la nostalgie (le devoir de mémoire aux parents sacrifiés). Les samples sont jazzy pour certains comme sur L'ombre sur la mesure ou Le coffre fort ne suivra pas le corbillard, sans doute deux des plus puissants morceaux de l'album. Parfois, ils semblent venir d'une musique plus traditionnelle (Ecoute le sang parler, A 20000 lieux de la mer).

Comme Fuzati, pour Ekoué de La Rumeur, le rap est une instru sur laquelle on pose un flow et basta. Comme quoi, avec une démarche simple au départ, on peut aboutir à une œuvre aux multiples ramifications. On sent bien en effet qu'il y a une volonté essentielle et fondamentale de trouver une première boucle inédite qui va graver le flow dans le marbre de nos cerveaux malades.

L'autre aspect majeur qui nous saisit à l'écoute des premières minutes est la qualité littéraire extraordinaire au service du discours du groupe (je rêverais de voir les rappeurs de La Rumeur fermer le clapet d'Eric Zemmour même si c'est techniquement impossible à part avec un fer à souder). C'est dans la perspective de peindre sèchement une réalité crue que ce lyrisme profond et intérieur est mis en œuvre. Les mots sont justes mais aussi durs que les vérités exprimées.

Ok d'accord : dans L'ombre sur la mesure, on ne va pas se marrer mais on va aller au bout des choses et ça va être bien crade. Quoique, pas se marrer ? Si, peut être, mais d'un rire jaune. Voire noir. Les petites annonces du carnage est le symbole d'un humour cynique clamé qui rappelle la verve cinglante de Dieudonné avant qu'il ne parte en bad trip dans ses délires victimaires à qui mieux mieux. D'ailleurs, ce qu'on peut retenir de La Rumeur, c'est cela : une démarche initiale de mémoire et de révolte comparable à celle de Dieudonné mais appliquée avec une exigence intellectuelle portée aux nues. Point de dérive ici bas. Même quand le propos se radicalise, il prend corps dans un cheminement artistique intéressant et justifié. Les juges qui ont relaxé trois fois La Rumeur suite aux attaques du Ministère de l'Intérieur ne me contrediront pas.


Parlons-en du cheminement. Comme tous les grands albums de musique de ce monde, L'ombre sur la mesure est un tout. L'attention qui est portée aux interludes à la con entre les morceaux m'en est témoin (en fait ils sont pas cons, ils sont très intelligents). On repérera un fil conducteur particulièrement sophistiqué. Les premiers morceaux installeront un climat anxiogène (un mot qu'ils aiment bien les psychologues) avec la présentation d'un décor sombre (Les coulisses de l'angoisse, Je connais tes cauchemars) contre laquelle des réponses agressives seront données (Le prédateur isolé). Puis, parce qu'on ne peut pas tenir dans ces conditions, le groupe va prendre du recul : Ecoute le sang parler, Le cuir usé d'une valise, Moha. On remonte peu à peu aux origines des maux d'aujourd'hui, de ces générations urbaines d'origine immigrée et stigmatisées dans le malaise. Il est fascinant de remarquer à quel point ces phénomènes ancestraux sont admirablement décrits tant est si bien qu'ils semblent pouvoir se généraliser aux problèmes d'exclusion de toutes les sociétés humaines.

Puis... blam. La compréhension des maux d'aujourd'hui par la connaissance d'hier n'a pas du tout apaisé les esprits, bien au contraire. Cela n'a permis que de mieux cerner les injustices en cause. L'album finit alors dans une colère, une révolte qui ressurgit encore plus violemment qu'au début. Elle est tellement puissamment authentique qu'on sera surpris de trouver des morceaux aussi sublimes en fin d'album. Les plus belles illustrations sont Le silence de ma rue et A les écouter tous dans lequel on trouvera en featuring Le Téléphone Arabe (La Rumeur feat Le Téléphone Arabe, ça ne s'invente pas).



Contrairement à d'autres artistes qui terminent dans l'apaisement en fin d'album (les choses sont dites, voilà c'est cool), La Rumeur fait l'inverse et conclut par un morceau de sortie clair et net : "Un maximum de bruit, il reste plus que ça à faire".


La Rumeur n'a pas fini de circuler.
Kylord @ 20/05/09 3 commentaires
  Dexter VS Scrubs 16 
Notre monde de merde inaugure présentement une nouvelle saga : celle des « Versus ». Oh il ne s’agit pas de faire "Israel vs Palestine" ou bien "Sarko vs Sego" ou alors "Britney Spears vs Christina Aguilera" (l’instant pouf s’en occupe déjà bien assez), ni non plus "Street Fighter vs Mortal Kombat" (un peu vintage cette dernière comparaison, j’avoue). Bref, tous ces « Versus » sans surprise ne sont pas dignes de notre approche underground totalement alternative.

Les versus que nous allons entreprendre ici viseront plutôt à rapprocher des entités pour lesquelles le rapprochement n’est pas spécifiquement conventionnel et n'est pas spécialement attendu non plus. Par ailleurs, les critères de comparaison choisis seront totalement arbitraires histoire de vous faire flipper dans votre confort bourgeois.

Je vais commencer le premier épisode de cette saga par un des grands phénomènes actuels télévisuels qu’est la série Dexter. La saison 3 s'est achevée il y a peu sur Canal+ et la saison 1 sera possiblement bientôt diffusée sur TF1 pour les plus pauvres d'entre nous. A quoi donc bien pourrais-je bien confronter cette série à haute qualité cinématographique de façon totalement surprenante (vous demanderiez-vous à juste titre) ?

Je vous propose une autre série américaine qui a aussi son petit succès mais opérant dans un registre pourtant hautement différent : Scrubs, la comédie en milieu hospitalier. Diffusée largement par M6 il y a quelque temps, on peut la retrouver à l'occasion sur le paf notamment sur TF6. Tout comme Dexter, les premières saisons sont excellentissimes (tiens, un point commun).

Ce point mis à part, on pourrait croire que ces deux séries n’ont rien à voir. Et pourtant, si. Les comparer serait même hautement révélateur des astuces employées par les scénaristes américains pour accrocher le téléspectateur. L’astuce essentielle en l’occurrence correspond à l’utilisation de profils de personnages récurrents bien spécifiques. Oui, c’est vrai, l’une officie dans le thriller alambiqué tandis que l’autre officie dans la comédie délurée. Et pourtant...

Comparons de suite les personnages, et vous allez tout de suite y voir très clair dans les pratiques odieuses des scénaristes américains (qui ne se gênent pas pour autant pour faire grève à la moindre occasion).


Dexter Morgan vs John Dorian

Premier personnage à comparer : le héros de la série, bien sûr. Dans l’une, nous avons Dexter Morgan, expert en criminologie dans l’étude des traces de sang sur les lieux de crime, et serial killer à ses heures perdues (chacun ses hobbies). Dans l’autre, John Dorian, jeune médecin généraliste qui ne rate pas une occasion pour passer pour un abruti. A priori, tout les sépare, l’un étant froidement calculateur, l’autre étant un joyeux luron. Et pourtant... (oui c’est la troisième fois que je fais "Et pourtant"... et pourtant, je ne regarde pas particulièrement Faites entrer l’accusé).

Les deux héros ont tout d’abord une particularité fondamentale : ils se parlent à eux même très souvent et c’est d’ailleurs ce qui rythme la série. Ces voix off illustrent les réflexions personnelles des héros et surtout la perplexité voire la candeur des deux personnages face aux situations sur lesquelles ils tombent. Oui oui, il y a aussi de la candeur pour Dexter qui passe beaucoup de temps à se poser des questions quand il n’officie pas dans la charcuterie sauvage.

Bref, ce système de « petite voix dans la tête » est vraiment top of the pop pour que le téléspectateur s’identifie au personnage. Le spectateur n’a même pas à spéculer sur les pensées du héros car celles-ci lui viennent en prêt-à-porter : on peut dire que ce sont des séries pour flemmard.

Les voix off sont donc similaires pour chacun des héros avec une spécificité dans Scrubs : autant dans la première saison la série reste plutôt sobre, autant dans la suite ça délire de plus en plus et les passages en voix off sont carrément l’occasion de faire des scènes imaginaires complètement décalées. On a même droit à une petite mise en abime, les autres personnes l’interrompant consciemment dans ses délires d’introspection.

Voilà pour le héros : il se cause à lui même, est plutôt candide, mais il apprend. Ce dernier point est encore très important pour l’identification car c’est toujours rassurant quand on en voit d’autre qui essaient de se sortir de leurs merdes comme nous, pauvres téléspectateurs que nous sommes.

Regardons maintenant les autres personnages qui trouvent pour chacune des deux séries leur parallèle. Le rapprochement est opéré par le profil du personnage et non pas par son rôle. Vous allez voir. Bon d’accord je vais peut être faire quelques rapprochements tirés par les cheveux mais arrêtez de m’embêter avec vos critiques d’abord. Pour le fun et le groove, pour chacun des profils, je vais donner celui des deux séries qui s'en sort le mieux.


L’excité du bulbe
A ma gauche : L'inspecteur Deborah Morgan
A ma droite : Le docteur Elliott Reid

Très proche du héros dans les deux cas (petite sœur pour l’un, super copine pour l’autre), l’excité du bulbe donne du relief au recul que prend le héros notamment dans ses délires d’introspection. Pas mal dans le genre obstinée, elle n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat. Du coup, elle n’en rate pas une en général pour foutre la zone ou se planter royalement (voire les deux en même temps). Mention spéciale pour Deborah Morgan dans la saison 1 de Dexter (c'est pourquoi Elliott Reed est vainqueur d'office).

Ce comportement tout feu tout flamme permet au héros de se donner un rôle protecteur et pédagogique. C'est un peu le grand frère. Mais dans les deux séries, il en chie pas mal pour assurer ce rôle car ce n'est pas spécialement sa tasse de thé.

Reste que "l'excité du bulbe" est toujours dans des rapports compliqués avec les mecs ; ce qui donne pas mal de matière aux scénaristes.





Le bon vivant
A ma gauche : Le détective Angel Batista
A ma droite : Le chirurgien Chris Turk

Les deux incarnent le bon copain du héros. Parler de « bon pote » vis-à-vis de Dexter est peut être un peu abusif vu le côté quelque peu marginal de ce dernier. Pour Turk vis à vis de John Dorian, là, c’est moins ambigu.

Il n’en reste pas moins que les deux cocos Turk et Batista ont des similitudes. Ils ont un franc parler et agissent souvent en bon camarade. Ils ne la jouent pas trop dans l’inhibition et apprécient les plaisirs simples de la vie (pour faire clair : la bouffe et le sexe). N’hésitant pas à faire des remarques au héros, ils font office de régulateurs sociaux. Je m’explique : dès qu’une histoire prend des tournures bizarres ou tordus, ce sont les premiers qui vont réagir en général pour mettre un ola ; ce qui est très opposé au héros qui va dans les extrêmes bien souvent. Du coup, une nouvelle fois, c’est un rôle type qui met en relief les agissements du héros.

Turk est clairement vainqueur du duel car les enquètes menées par Batista sont toujours foireuses alors que Turk maitrise plutôt bien son sujet. Côté vie privée, Turk est en pleine idylle tandis que l'autre vit un divorce difficile. Bref à tout point de vue, y'a pas photo, le docteur l'emporte sur le policier.





L'immigrée battante
A ma gauche : Le lieutenant Maria Laguerta
A ma droite : L'infimière Carla Espinoza

Femmes de caractère, ces deux là sont toutes deux d'origine étrangère (cubaine pour Laguerta et de république dominicaine pour Carla). Est ce la raison qui les pousse d'autant plus à vouloir s'imposer ? Cela n'est jamais trop précisé mais on s'en doute. L'immigrée battante inspire ainsi le respect.

Dans le fond, sous ses dehors cassants, elle cache un coeur gros comme ça et une situation extraordinaire sera souvent prétexte à l'exposer. A noter aussi que toutes deux ont une affection toute particulière pour le héros qu'elles prennent bien volontiers sous leur aile.

Déterminer la vainqueur du duel ici est encore assez facile : Laguerta se fera bien souvent mener par le bout du nez ou se prendra un poignard dans le dos (Doakes, Miguel....). De l'autre côté, Carla est une véritable référence et revêt une image d'infaillibilité professionnelle dans l'hôpital. Carla est ainsi la première dame (ça nous en fait deux).




Le sociopathe révolté
A ma gauche : le sergent James Doakes
A ma droite : le docteur Perry Cox

Personnage très compliqué, le sociopathe est intéressant dans la mesure où il est totalement névrosé. Sous des dehors agressifs et cyniques, il cache une personnalité sombre et réservée, l'humanité ayant bien déçu son idéalisme premier. Par conséquent plutôt solitaire, demander de l'aide aux autres est ainsi la dernière pensée qui lui vienne à l'esprit. James Doakes le paiera cash... tandis que le docteur Cox, lorsqu'il arrive péniblement à ravaler son orgueil, est capable de reconnaitre ses erreurs. Quoiqu'il en soit, les deux sont plutôt brut de décoffrage et - lien de cause à effet - ils ont souvent les politiques dans le nez.

Là encore, c'est évidemment le représentant hospitalier qui est vainqueur car c'est le plus vivant des deux d'un point de vue tout bonnement médical. De plus, même si sa communication se résume souvent à de longs monologues acerbes, il arrive au docteur Cox d'échanger avec ses collègues tandis que le policier fougueux part en bad trip assez facilement.





Le politique paternaliste
A ma gauche : Le procureur Miguel Prado
A ma droite : Le docteur Bob Kelso

Bizarrement, le politique est le personnage qui irrite par définition. Le docteur est le gestionnaire de l'hôpital et il est détesté unanimement par le personnel. Le procureur agit davantage en sous marin mais lorsqu'il est démasqué il suscite tout autant le mépris de ses congénères.

Dans l'idée, ces deux gaillards croient détenir la sainte vérité et se contrefoutent royalement de ce qu'on peut penser d'eux. Bien souvent, l'enjeu du héros par rapport à ce personnage sera de se défaire de son emprise.

Là encore pour d'évidentes raisons de bilan de santé en fin de parcours, c'est encore le représentant hospitalier qui ressort gagnant du duel.





La mère
A ma gauche : Rita Benett
A ma droite : Jordan Sullivan

Entre Rita, personne fondamental pour Dexter et Jordan, la femme "officielle" de Cox, nous avons deux représentantes de la cause maternelle.

Jordan a la particularité d'être un des rares personnages à incarner plusieurs profils singuliers. Avant d'être mère, elle passe en effet par le profil dit de la succube : elle en fera voir des vertes et des pas mures au candide John Dorian et au docteur Cox. Par ailleurs, lorsque son statut de mère passe au second plan, elle retrouve un visage d'autorité. Bref, l'actrice se voit affubler d'un personnage aux multiples facettes et on fera pas l'étonné lorsqu'on apprendra qu'elle couche avec le producteur de la série (hmmm... le rôle de succube est sans doute le seul qui ne fut pas de composition).

De l'autre coté, Rita, plus exclusivement consacrée à son profil de mère, collectionne les emmerdes et on ne peut pas dire que se trouver un serial killer comme petit copain est nécessairement une brillante idée de sa part.

Entre les deux, c'est évidemment Jordan qui s'en sort le mieux.




La présence fantomatique
A ma gauche : Harry Morgan
A ma droite : le technicien de surface (identité non déclarée)

Ce personnage là est très particulier. Il est tout entier consacré à l'épaisseur du personnage principal. C'est la figure du père (normal pour le père de Dexter dans un sens). Il incarne cette figure sous forme de flash pour Dexter et sous forme de moqueries dévalorisantes pour John Dorian. Il est fantôme car il n'interagit quasiment avec aucun autre personnage important de la série. Même le père de Dexter, qui est aussi celui de Deborah, est étranger et lointain pour cette dernière.

Pour des raisons évidentes, le technicien de surface ressort vainqueur car, même s'il n'a pas le métier le plus valorisant qui soit, il offre à Scrubs les moments les plus méchamment gratuit. Par ailleurs, sa vie privée semble aller alors que pour le père de Dexter nous pouvons soulever quelques interrogations éthiques.




L'obsédé sexuel
A ma gauche : Le légiste Vince Mazuka
A ma droite : Le chirurgien Todd Quinlan

L'obsédé sexuel fait très fort dans son genre. Le plus extrême des deux est Todd car la justification de sa présence dans la série ne tient qu'à ça. Mais mine de rien, alors que Todd et Mazuka sont bien souvent pris à la légère, ils assurent grave dans leur taff. Cela dit, les deux, l'un comme l'autre, mitraille les vannes douteuses et sont largement reconnus pour ce talent.

Tandis que Todd s'épanouit pleinement dans ce rôle, Mazuka n'est pas toujours très à l'aise avec ses difficultés à obtenir quelque reconnaissance de ses collègues. Donc là encore, le gars de Scrubs est gagnant.




La garce
A ma gauche : Lila West
A ma droite : Julie Keaton

On pourrait aussi définir la garce comme une véritable allumeuse et une sacrée salope. Ce n'est pas gratuit : dans les deux séries, le personnage est hautement travaillé pour ne reculer devant rien. Kate la blonde est ainsi l'incarnation féminine à qui personne ne résiste tandis que Lila la brune arrive toujours à ses fins par le jeu de ses perversions.

Assez pugnaces dans leur genre, les deux atteignent leur objectif qui est bien entendu de mettre dans leurs filets celui qui leur résiste le plus : Dexter pour Lila et le docteur Cox pour Julie.

Cela dit au final, elles se prennent toutes deux une sérieuse veste dans la gueule. A l'issue, il n'en restera qu'une seule encore opérationnelle dans le monde des vivants et c'est Julie. C'est donc elle la vainqueur et la plus belle salope des deux. Si je puis dire.




Le petit ami gentil
A ma gauche : L'indic Anton Briggs
A ma droite : Le plongeur Sean Kelly

Nous avions commencé la liste des personnages avec l'excité du bulbe. Nous la terminons avec le profil de celui qui fera son concubin une bonne partie du temps. Personnage assez étrange, on dirait qu'il n'a jamais eu d'existence avant d'avoir rencontré l'excité du bulbe. Plutôt en dehors du cadre dans les deux séries, on ne le voit pas spécialement avoir d'autres interactions en dehors de ses rapports intimes avec la demoiselle.

Assez calme, il s'oppose aux délires exacerbés de sa compagne jusqu'à finir par cesser d'être gentil à force d'encaisser sans broncher. En fait, il constitue un peu le miroir de l'estime de soi assez volatile de Deborah Morgan dans Dexter et d'Elliott Reid dans Scrubs. De vraies sujets d'études sur le psychisme humain ces séries...

Vu ce que l'indic doit subir dans Dexter, pas de doute une fois de plus : le gentil Sean de Scrubs est gagnant.




Voilà, malgré ce très large panel, je suis loin d'avoir été exhaustif sur les similitudes des profils psychologiques. Mais revenons-en au héros de chacune des séries. Vous aurez remarqué que, pour chaque personnage, c'est toujours celui de Scrubs qui se fait la belle (et on pourrait dire que celui de Dexter se fait la bête... ho ho ho). Logique dans un certain sens vu le ton plus gilleret employé dans Scrubs.

Si on y réfléchit bien, cet état de fait est tout entier construit par rapport au héros : si dans Scrubs, tous les personnages s'en tirent bien, c'est parce qu'ils se placent bien souvent en supériorité par rapport à l'ingénu John Dorian (tout est dit dans le générique : "I'm no superman"). C'est tout l'inverse qui se produit dans Dexter. Même si le justicier criminel Morgan Dexter est parfois dans de sacrées impasses, c'est bien souvent lui qui tire les ficelles (il vaut mieux être un personnage secondaire dans Scrubs... surtout si on est un acteur payé sur le nombre d'épisodes hun hun hun). Dans le duel qui oppose John Dorian à Dexter Morgan, c'est John Dorian qui passe à la trappe.

Par le jeu des comparaisons, nous avons donc abouti à une puissante exégèse de chacune des séries sans compter les tuyaux que cela nous fournit en matière de création : alors voilà, c'est simple, vous prenez un environnement (ex : l'armée), vous donnez un ton (ex : tragico-comico-hilarant-dramatique) et vous tapez dans chacun des profils énoncés ci-dessus. Vous remuez le tout, et vous avez votre petit série à succès (hmm j'aurais pas réinventer MASH là ?).

Pour encore mieux garantir votre petit succès, assurez-vous que, comme dans Dexter et Scrubs, vos personnages évoluent d'épisode en épisode. C'est ce qui fait une des qualités principales de ces deux séries, particulièrement quand on les suit sur le long terme. On peut constater comment leur situation personnelle évolue certes, mais aussi comment leur psychologie change. C'est vrai que, pour cet aspect des choses, il y a moins de recette miracle mise à part cette vieille technique assez bateau qui consiste à avoir du talent.

Bon en ce qui me concerne, je le fais pas, j'ai un peu la flemme de me lancer. Mais allez-y je vous en prie.
Kylord @ 08/05/09 16 commentaires
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Des gens connus

Celle qui joue du violon

(sisi on le voit à un moment)

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Une fois encore j'arrive après la bataille avec une belle découverte : Lindsey Stirling. Cette violoniste surdouée a repris des musiques de jeu vidéo et autres icônes de la culture geek (Star Wars, Lotr...), avec parfois un type qui fait des beuleubeuleu avec la bouche. Mais c'est surtout avec ses 2 albums qu'elle a cristallisé un art du violon qui transcende le moindre beat idiot de dubstep et permet au passage d’assommer moults zombies et autres cowboys. Sa maîtrise est parfaite, sans ombrage. Elle domine les éléments. Mais j'ai peur qu'elle se brise. Hors Shatter Me avec l'énervée Lizzy Hale, les collaborations sont souvent foireuses et pourtant de plus en plus fréquentes. Une telle virtuosité au service d'une production massive de soupe musicale est totalement angoissante. Normal que Lindsey en vienne à se poser des questions métaphysiques, mais quelle tristesse de la voir jouer un morceau 1000 fois entendus dans le métro et s'en remettre alors à Jésus parce qu’on l’écoute pas (alors qu'il suffisait de jouer autre chose et laisser ce Jésus là où il est)


Celui qui aime bien la pipe

Usul parle à ses chers contemporains

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Usul est devenu mon mentor. Il a d'abord modestement élaboré des chroniques sur le jeu vidéo, avec une distance qui le distingue de la presse spécialisée partisane et une acuité qui le sépare du "journalisme" généraliste (qui massacre le jeu vidéo habituellement, à l'exception d'arrêt sur images). Il nous a remémoré de grands moments télévisuels (El Didou, Anne-Lise, spéciale dédicace). Il a introduit cette juste dose de réflexion philosophique dans les débats, en évoquant des thèmes aussi variés que la violence, l'humour ou le rêve. Il s'est moqué allégrement de la gente féminine et, là où c'est fort, avec sa contribution. Il a même charmé le sexe opposé sans vergogne. Désormais, il développe des analyses politiques à travers de savantes vidéos (tu ne t'intéresses pas à la politique ? tu devrais). Je n'ai jamais fait de commentaire de people aussi long. Usul je t'aime. Et puis je suis sûr que Drolyk s'entendrait bien avec Unul.


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Alby's Hobbies

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Alby a eu un parcours difficile. Se perdant d'abord dans des créations hasardeuses mettant en scène des licornes (ça n'a jamais rien donné de bon, enfin il me semble), il a fini par se trouver en réalisant de vrais chefs d'oeuvres tel son hommage au bilboquet (quelqu'un a le tel number de la brune de la vidéo?). Les plus grands talk show font désormais la promo de son film de ninjas (oui c'est l'émission d'une patate qui parle) et il réalise des montages bistrip avec les plus grandes célébrités. Forcément à ce stade, il ne lui restait plus qu'à produire une sex tape. Trop cool.


Celle qui rêvait d'un autre monde

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Sponsor malgré elle de Monde de Merde™, Jennifer Ayache retrouve Superbus pour chanter un autre monde de Téléphone, hommage à peine dissimulé au susdit Monde de Merde™. Mais ça ne reste que du rock quoi. La reprise de Nirvana avec des paillettes était plus audacieuse.


Ceux qui faisaient du tourisme en Grèce

(et prédisaient les dégats de l'austérité avant l'heure)

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Cette série abrégée des Chevaliers du Zodiaque est datée mais un tel cas d'école de détournement sous cocaine ne peut rester sous silence. Les mangas me sortent souvent par les yeux (qu'ils ont énormes) et l'astrologie me fait une sorte de fussoir mais ce dessin animé à l'imagerie ambiguë a carrément de la gueule vu sous cet angle. Moins frime que le remake d'Orelsan.


* tous les people *