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L'élite du projet monde de merde se devait de réagir aux dér...
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Marcus

Véritable passionné de jeux vidéos, Marcus s'est fait connai...
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  La genèse romancée du Jamel Comedy Club 0 
Quand on a envie de glander, aller voir un film sur la glande, c'est un peu le combo suprême. C'est le paroxysme de la fainéantise élevée au rang de chef d'oeuvre artistique. C'est l'état végétatif dans toute sa splendeur. C'est trouver de la spiritualité dans l'inaction la plus totale. C'est tranquille quoi.

C'est dans cet état d'esprit qu'on va fatalement voir Les Barons, une attitude qui est largement suggérée par le facétieux chapeau "glander plus pour vivre plus". On se dit alors qu'on va avoir une version filmée en vrai des Lascars (pas la plus mauvaise vitrine qui puisse être).

Et pourtant, tout est beaucoup plus compliqué qu'un simple détournement de slogan sarkozyste. Déjà, c'est un film belge sur des arabes. Déjà, c'est louche. Faire travailler des empaffés pareils ensemble, ça peut faire que des problèmes. Bon, si y'en avait qu'un, ça irait. Mais là, y'en a carrément quatre à l'écran. C'est même pas Jamel, et encore moins Zidane, donc je t'explique pas le merdier.

Au début, c'est bon enfant. On rigole bien avec la glande et il y a même des purs effets spéciaux pour qu'on puisse se contenter dans notre quiétude béate. En gros, c'est ce à quoi on s'attend si on s'est un tant soi peu attardé sur les teasers à droite à gauche. C'est plein de petits gags idiots avec Julien Courbey qui fait le C3-PO de la bande (ne me parlez pas de Jar Jar Binks, rien à voir). L'obsession du gus est en effet de se faire accepter parmi les barons (même s'il n'a aucune idée de la raison de la chose).

Mais on va voir ensuite que le réalisateur est très pervers car il a caché un autre film derrière ces pantalonnades. Petit à petit l'ambiance va se densifier. D'abord, le héros Hassan va se poser des questions existentielles (alors les arabes auraient une conscience ? Vlà autre chose). Il va être confronté à ses aspirations profondes, le poids des traditions familiales, son estime personnelle.... oula mais, c'est quoi ce délire ? Serait ce donc un vieux film moralisateur ?... Hé bien parfois, on flirte sur le terrain mais là n'est pas le propos essentiel. C'est d'abord un film qui s'en prend au déterminisme. Le sujet est incarné par les confrontations fraternelles qui vont se produire au sein de la bande, chacun étant tiraillé entre un conformisme ancré dans les moeurs et une envie de se faire plez'.

Et Hassan, c'est quoi son trip à lui ? Ben c'est de faire marrer les gens. Ohoh, vous le voyez là le parallèle avec le Jamel Comedy Club ? Dépasser sa condition par le lolage, ça vous parle ? Une fois de plus, tout a une raison. Outre Edouard Baer étonnamment à l'aise en gérant blasé de cabaret de quartier, on retrouve en effet Amelle Chahbi au casting. Comme de par hasard, cette pro de la pose R&B a sévi maintes fois dans le Jamel Comedy Club (et hop, ça nous fait une mise en abime). Pour Hassan, la demoiselle est justement le symbole de la défiance faite au déterminisme. Embarquée dans une histoire d'amour impossible, elle va le provoquer dans ses certitudes. Et c'est vraiment trop mimi.

Les Barons s'affiche ainsi comme un petit film tranquille et pourtant, mine de rien, il aborde des grands sujets peinard. C'est la classe. Il y a bien des passages bidons mais le ton de ce genre de film donne l'avantage de pouvoir faire croire que c'est toujours voulu.

Kylord @ 27/01/10 0 commentaire
  Lofofora et sa mémoire de fou furieux 3 
D'un côté, il y a Avatar et son mirage de la nature indomptable et indéfléctible à laquelle les hommes doivent se soumettre. De l'autre, il y a la réalité de l'envrionnement qui en prend pour son grade et des réunions de Copenhague complètement foireuses tout juste bonnes à faire du chahut médiatique.

Alors je sais pas pourquoi, mais j'ai eu envie de chroniquer le dernier album de Lofofora et leur "Mémoire de singes". Peut être que l'idée m'est venue au souvenir du clip éponyme qui symbolise tout cela : une atmosphère de fin du monde dans une urgence chaotique avec quand même cette consolation de pauvre fou d'en avoir bien profité et de finir dans un grand show apocalyptique.

Et puis, j'avais loupé la chronique à la sortie et c'est vraiment nul de ma part. C'est d'autant plus vrai que cet album est une synthèse. Oui, je vais encore vous refaire le coup du groupe qui fait son bilan et renoue avec ses origines pour les transcender. Mine de rien, comme Liebe ist fur alle da pour Rammstein, Mémoire de singes est le 6ème album pour Lofofora. De là à développer une théorie fumeuse du 6ème album, il n'y a qu'un pas que je ne sauterai pas pour ne pas faire le chroniqueur vaniteux (même si c'est déjà trop tard).

Mais c'est que j'ai aussi des arguments. On a de tout ce qui fait Lofo dans Mémoire de Singes : la révolte du premier album, la claque de Peuh !, la désespérance de Dur Comme Fer, le fond et la forme de Le Fond et la Forme (hun hun) et le punk de Les Choses qui nous dérangent.

Rappelez-vous !
Chez Lofo, le premier morceau a toujours annoncé le ton. Sur Lofofora, le premier morceau Holiday in France marquait le ton adolescent. Sur Peuh !, Jazz Trash Assassin indiquait la claque à venir (j'insiste mais cet album reste une claque même à la 492329312ème écoute). Au secours annonçait l'âpreté de Dur comme Fer. Le posé premier morceau du Fond et la Forme soulignait la nouvelle production et la tangente qui avait été prise. Les Choses qui nous dérangent de l'album du même nom imprimait bien quant à lui la tonalité punk voulue. Là, Mémoire de Singes rassemble le tout avec un sentiment de détresse et de tension aiguë supplémentaire. Il s'agit bien de "Mémoire".


Lofofora renoue donc avec ses classiques. La religion et le nationalisme auront droit à leur crochet du droit en bonne et due forme. Cela sera Dernier Jugement pour la religion (le jugement dernier ? on appréciera la petite connotation apocalyptique pour assaisonner le tout) et Tricolore pour décrier les turpitudes patriotiques. Dans ce dernier morceau, il y a une petite facétie du chanteur Reuno. Il cite Einstein dans ses paroles avec comme une sorte d'étonnement. On ressent un peu la surprise du gars qui s'est retrouvé dans les propos d'un individu qu'il estimait a priori à milles lieues de lui de par son statut de génie scientifique (et aussi de par sa coiffure).

Rappelez-vous !
Concernant le principe religieux, cela fait longtemps que Lofo a pris ses distances. Dès le premier album éponyme, Reuno chantait "Arrêtez de croire aux divinités puissantes qui détiennent le pouvoir" dans Irie Style. Quant aux nationalismes xénophobes, Amnes History sur Peuh ! a fait figure d'avant garde sur le sujet mais ce n'est que récemment que Lofo y va franchement comme dans Aveugle et Sourd sur Les Choses qui nous dérangent.


Mais ce qui frappe surtout, ce sont la tension et l'écriture qui nous évoquent puissamment Dur comme Fer. Le bourrin Comme des bêtes, le génialissime et électrique Tous les Mêmes sont autant de morceaux qui rappellent furieusement Les Gens ou Au Secours. Le rapprochement est d'autant plus net qu'on retrouve la même contradiction que celle de Dur Comme Fer : à ces textes rêches et mordants, Reuno pose d'autres paroles aux antipodes comme sur Nous Autres ou Trop qui font l'éloge d'une possibilité d'évasion aux sombres décors précédemment décrits. On avait un grand écart similaire sur Dur comme Fer avec Weedo et PMGBO.

Rappelez-vous !
Il y a beaucoup de points de ressemblance dans les textes avec Dur comme Fer. C'est le cas avec La Belle Vie (une sorte de détournement de Plus belle la vie... hum hum). Le propos fait penser à Rêve et crève en démocratie. A l'époque, Reuno décrivait l'existence difficile d'un homme ayant quitté son pays pour venir en occident. Aujourd'hui, Reuno raconte le parcours calamiteux d'une femme aussi expatriée dans le rêve d'une vie meilleure. C'est la même histoire d'espoirs déçus avec peut être encore plus d'amertume qu'avant.


Mais cela serait bien triste si l'album n'était qu'une recompilation du passé même si habilement réalisée. On a heureusement de nouvelles choses. La première la plus stupéfiante (et pour cause... si vous voyez déjà ce que je veux dire) est cette franche fronde rigolarde envers le monde du travail. King Ju des Stupeflip est invité pour l'occasion dans un véritable défouloir sur Torture. C'est un peu bétasson mais qu'est ce que c'est bon ! Lofo fait preuve du même humour lapidaire sur Employé du Mois qui peut s'écouter avec délectation après tout entretien foireux en entreprise. Pour la petite histoire, le stupéfiant King Ju des Stupeflip a aussi réalisé la jaquette de l'album ; ce qui explique pourquoi Lofofora s'est détaché de ses habituelles pochettes en sobriété à la Daft Punk. On peut dire qu'il a bien servi l'affaire en termes d'avant goût d'apocalypse.

Depuis Le Fond et la Forme, Lofofora est un groupe qui s'offre aussi à l'intime. Il consacre ainsi la fin de l'album à des textes plus intérieurs. Dans Nuit Blanche, Reuno s'attache à garder une dimension poétique malgré la musique toujours aussi chargée d'énergie métale. Peut être que ce contexte lui sert à y "voir toujours mieux qu'en plein jour". Sur 5h43, il s'inscrit là dans une fiction en hommage à son ami Sarkozy (la prophétie annoncée du 6 mai 2008 ne s'est visiblement pas accomplie puisque Reuno est toujours en liberté). A l'image du discours existentiel, la musique est alors plus torturée, moins frontale que les premiers morceaux.

Mais je ne finirai pas cet article sans vous parler du point d'orgue de l'album qu'est le titre Nobody's Perfect. Tiens, voilà de l'anglais qui pointe son nez. Je vous parlais de Rammstein au début de cet article et justement, comme Rammstein, Lofofora joue aussi d'ironie avec l'anglais. Quand Reuno dit que "personne n'est parfait", c'est un sacré euphémisme. Il s'en prend là au déterminisme avec une amertume jamais vue auparavant : "Chacun sa caste ! Tous dans la secte !". Et de rajouter : "Puisqu'on s'y fait, soyons heureux ! Vivons cachés ! Même un jour sur deux !". Le passé nous montre que le parallèle que je fais avec Rammstein et l'anglais n'arrive pas fortuitement. Lofofora n'attaquait-il pas frontalement les USA dans Nouveau Monde tandis que Rammstein s'en est occupé avec Amerika ? "Toutatuneraison", comme me disait un grand ami philosophe.
Kylord @ 23/01/10 3 commentaires
  Avatar : Un MMORPG grandeur nature au cinéma 18 
Avatar sur ton téléphone, avatar dans ton verre, avatar sur ton écran, avatar ta gueule à la récré... Avatar partout. Dans ces conditions, analyser le film en dehors de tout trafic d'influences et sans réflexe réactionnaire à la pression mercantile est un challenge de haute volée. Mais fort de mon impétuosité arrogante, je vais tout de même le relever. Pour toi lecteur chéri (maintenant qu'on se tutoie, tu me permets cette familiarité ?).

Puisqu'on parle de la force marketing accompagnant le film, évoquons d'abord cette première contradiction : pas la peine de chercher midi à quatorze heures pour comprendre que le film se veut le défenseur d'une société en paix avec sa nature environnante, aux dimensions raisonnables et qui respecte des valeurs traditionnelles et ancestrales dans le cadre d'une communion collective pour ne pas dire tribale. Bref : c'est tout l'opposé même des énergies commerciales mises au service des prouesses technologiques du film et de sa distribution. La grande question qui se pose alors est la suivante : sans déconner, est ce que le message est recevable ? Est ce qu'on peut prétendre quelque chose en étant tout le contraire ? Après tout, c'est ce que font les politiques depuis la nuit des temps, me dirait le premier cynique désabusé. Sans contredire le cynique, il est bon de se rappeler qu'un message ne vaut intrinsèquement rien. Il ne vaut que si on sait qui le dit, dans quel contexte et pourquoi il le dit. Il y a donc de quoi rester dubitatif face au message d'Avatar. On s'en passera donc volontiers pour la suite.

Concernant le récit et ses rebondissements, le décor de science-fiction ne nous masque pas la fatale vérité : il s'agit bien d'une sorte d'histoire de Pocahontas moderne (ou de Danse avec les loups si vous aimez bien Kevin Costner). Un bourrin de marine débarque sur une planète qu'il ne connait ni d'Eve ni d'Adam. Il déboule alors chez les indigènes du coin avec ses grosse boots pour petit à petit sombrer sous le charme de l'exotisme de ses hôtes. Puis il finit par défendre leur cause alors qu'il n'était au départ ni plus ni moins qu'un des facteurs déclencheurs de leur déchéance. Pour la petite parenthèse people, le marine est joué par Sam Worthington, un nouveau prétendant aux rôles bourrins qui monte. On l'avait déjà vu dans Terminator : Renaissance où, comme de par hasard, il incarnait déjà un mec qui avait le cul entre deux chaises

L'analogie avec le tragique destin des amérindiens est donc assez évident. Vu comment le film est très édulcoré, cela fait un peu opération "rachat de conscience" mais il y a de quoi avoir des doutes quant à la crédibilité de l'affaire (Y aurait-il un début de tendance du cinéma américain à faire mine de réécrire l'histoire ? Dans le genre, Tarantino se faisait carrément plaisir avec Inglorious Basterds). Par dessus cette trame de fond, Avatar nous ajoute un grand classique de rivalités à l'hollywoodienne : les gentils scientifiques vs les méchants militaires. Le manichéisme est assez violent pour le coup et le grand méchant semble tout droit sortir de "debout les zouzous" (ou un truc du genre).

Je suis très critique jusqu'ici et, pourtant, l'immersion dans Avatar fonctionne à merveille. Si l'histoire est attendue, l'énergie consacrée à la mettre en scène est assez ouf et on est pris dans l'aventure malgré des séquences aux clichés éculés (le capitaliste cupide, la scientifique obstinée...). Lorsque le spectacle est en 3D, il va sans dire que c'est terriblement efficace et cela offre même le luxe de faire taire le vacarme de la plèbe tant le public en salle se fait happer par le film.

Il faut cependant que j'explique le titre de cet article tout comme celui du film. Si le déroulement de l'histoire est bien prévisible, il reste une spécificité : c'est l'avatar. Pour approcher la population locale et être acceptés, les protagonistes humains utilisent des enveloppes corporelles indigènes qu'ils commandent par influx nerveux depuis une cabine. En gros, ils restent couchés chez eux pendant qu'ils contrôlent un avatar qui sauve le monde. L'analogie avec les MMORPG est toute trouvée (avec tout de même la "légère" nuance que l'avatar est bien réel). Elle s'avère fort bienvenue pour le film en ces temps de succès des jeux en ligne massivement multijoueur. C'est encore sans parler de l'esthétique très stylée jeux vidéos.

Tout amateur de MMORPG peut être d'autant plus interpellé que le film délivre un message inédit par rapport au fait de contrôler un autre individu que soi : finirait-on par devenir celui qu'on incarne quitte à délaisser son identité passée ? Avatar choisit sa ligne. Elle est tout l'inverse d'un autre film récent sur le sujet, Clones, où Bruce Willis mettait fin au règne des machines qui faisaient office d'enveloppes corporelles prêtes à l'emploi pour les citoyens. Ces avatars étaient là dénommés de façon plus péjorative : il s'agissait de "clones". Le film de James Cameron explose tous les chiffres et on doit se taper 15h de queue dans le froid pour le voir. L'autre a fait un flop même pas retentissant avec un Bruce Willis pas très convaincant. L'humanité a-t-elle déjà choisi son camp ?
Kylord @ 07/01/10 18 commentaires
  Suicide d'une chronique annoncée 2 
Suivre l’actualité quotidienne au petit bonheur la chance, être à l’affut de scoops (ou être capables d’en inventer), se constituer un background (prononcer « bakgräwounedeu ») de compétences d’enfumette en tout genre, traverser l’Alaska à pied : bien des épreuves attendent le journaliste total. Son objectif, sa mission, qu’il ne perd jamais de vue, est de parvenir à publier un article qui sera l’osmose parfaite entre théories foireuses et humour de merde. Mais parfois, en dépit d’une déontologie marqué au fer rouge dans son cervelet, il commettra l’impensable : il donnera des éléments d’information (mais bien heureusement totalement inintéressants dans la plupart des cas).

Comment le journaliste total en arrive-t-il là ? comment peut il finir par dévier de ses convictions bornées ? Le peuple a le droit de se poser la question.

Il se trouve que l'interrogation tombe d'autant plus à pic que la rédaction souffre d'un collectif en perte de vitesse pour ne pas dire défaillant. Earl Mayer a disparu à l'étranger pour un motif un peu confus (il serait question d'adopter des wekas), I_am_I n'est pas arrivé au bout de son grand post de 2008 (ce qui, aux prémices de 2010, est fâcheux), Bordel est un peu désorganisée (mais fallait s'y attendre un peu pour une zombie); quant à Dunn, il reste sans doute l'élément le plus efficace dans son domaine, la production de rien, même si nous avons pu assister à quelques accidents bienvenus.

Pour comprendre la situation, j’ai donc commencé à fouiller dans tous ces papiers qui n’ont jamais vu le jour. Tous ces embryons d’article qui pour de sombres raisons demeurées incomprises (« oh il neige, je vais gambader dans les flocons», « je crois que j’ai trop bu… oula….beu *censuré* », « j’écris vraiment de la merde laisse tomber quoi »…) n’ont jamais été diffusées sur ce site. J'ai ainsi parcouru des tas de dossiers empilés, j'ai erré dans les archives, j'ai fouiné dans les poubelles. Oui, lecteur, je vais te révéler l’envers du décor. Oui, lecteur, place aux révélations grandiloquentes, aux paroles perfides, aux médisances encensées et aux sales coups de pute applaudis.

Prenons cette ébauche retrouvée que je tiens présentement dans mes mains (pas du tout en fait, mais mettons nous en situation voulez-vous). Cette chronique faillit éclore un beau jour et puis non finalement parce que voilà (le journaliste total ne cherche même pas d’excuse, il est au-dessus de ça).

Il s’agissait d’un article sur un flim : Suicide Club. Voilà qui vient à point après La Route. Sans oublier que cela tombe aussi à pic en cette période de pointe de l'activité post nouvel an (je sais, je suis atroce).

L’auteur de la chronique, mystérieux personnage se dissimulant sous le pseudo d’I_am_I, l'avait judicieusement intitulée « Fight Suicide Club ». On voit déjà un principe récurrent du journaliste total : étaler ses quelques références de partout pour se la péter à mort. Mais rentrons sans plus tarder dans le vif de cet article inachevé tel qu'il a été écrit par son illustre rédacteur à l'époque (je me permettrai quelques remarques en italique au fur et à mesure dans un souci de décryptage du travail du journaliste total) :


Fight Suicide Club

Enfin un thème vraiment tendance sur mdm, le suicide. Quoi t’es pas encore suicidé ? Pauvre vieux pense un peu à soigner ta hypitude ! Venir te cultiver un peu auprès de l’élite sur monde de merde c’est bien, mais ça ne suffit pas. Un suicide réussi t’ouvrira les portes du show business…
Au moment où l’auteur écrit ces phrases, il ne sait pas à quel point sa clairvoyance tombe juste et était le présage d’un battage médiatique qui allait faire du suicide une banale actualité.

Sinon au pire tu peux mater suicide club. Tiens ça tombe bien ça me fait penser que je l’ai regardé pas plus tard que l’autre soir. Bon, j’ai rien compris. Est-ce que ça va m’empêcher d’en parler? Oui.
Ce passage dénote un grand déséquilibre mental chez son auteur. Vous pourrez noter en effet que le sujet se prétend dans l'incapacité de parler alors que c'est justement ce qu'il est en train de faire. Moi je pense que c'est un ouf. Un ouf malade.

Non en fait, je suis un ouf malade moi. C’est peut-être même pour ça que j’ai envie d’en parler. A chacun sa passion, la mienne c’est de passer pour un con.
Ah, au moins, on est d'accord sur un truc.

Un film bien obscur donc. Genre David lynch à coté, c’est limpide. Enfin j’exagère. Je suis quelqu’un qui exagère. D’ailleurs, il s’agit d’un film japonais, ce qui n’arrange rien pour l’occidental moyen. Bien des aspects du flim ont pu m’échapper pour cause de profondes divergences culturelles.
Ce paragraphe est un des plus cohérents qu'il nous sera donné de voir dans ces lignes. Je vous prie d'apprécier ce moment de grâce en respectant 1 minute de silence.

Un film certes bien foireux par certains aspects, mais aussi touchés par de grands moments de grâce…
(ou suicide circle dans lointain pays d’origine), c’est avant tout un titre qui a de la gueule.
Le moment de grâce aura été de courte durée. Ces deux lignes ressemblent à un melting pot de remarques qui n’ont pas été menées à bout. C'est dommage car


Le japon est secoué par des vagues de suicides collectifs irrationnels. Les flics sont sur le coup mais ils sont un peu paumés. Ils trouvent des sacs de sport plein de lambeaux de peau humaine sur les lieux. On peut y voir une sorte d’analyse de la société japonaise (l’effet mouton, d’ailleurs les plus touchés sont les influençables lycéens).

A chaque fois traîne sur les lieux du drame un sac de sport blanc. A l'intérieur, une longue bandelette constituée de lambeaux de peau mis bout à bout. Tout porte à croire qu'il s'agit de suicides collectifs. Mais les victimes ne se connaissent pas et les flics se perdent en conjectures.
Les deux paragraphes ci-dessus sont à peu de choses près les mêmes mais ordonnés différemment. Nous sommes en train de nous rendre compte de l'exigence intellectuelle du journaliste total qui étudie toutes les possibilités envisageables de formulation de sa pensée afin de publier le meilleur de lui même.

Quelques moments d’anthologie (les lycéens qui sautent du toit du main dans la main sur un coup
Là , le journaliste est allé se chercher un café. Drame fatal pour la cohérence de l’article car la parenthèse demeurera à jamais ouverte.

Soyons clair, moi, j’ai à moitié rien capté.
Drôle de mise en abime, car c’est un peu l’effet qu’on ressent quand on lit les bribes de cet article.

Merci de m’éclairer dans les commentaires ceux qui l’ont vu (c’est la raison qui me pousse à faire cette chronique). A la fois un thriller (des suicides apparemment liés à un site web, des sacs de sport rempli de lambeaux de peau humaine, et des flics perdus)
(pas tout pigé)
Là, le journaliste insiste bien qu’il ne comprend rien. Je sais pas si c’est moi mais le mystère s’épaissit. Concédons que cette démarche de solliciter le lectorat pour trouver réponse à ses propres questions est inédite et aurait fait date dans l'histoire du journalimse.

Un genre de thriller, délicatement parsemé de scènes insoutenables dont on se demande si elles sont bien à leur place (aaaaah nan pas la meuf qui se coupe le bras, non sérieusement un conseil, ne regardez jamais ce flim)
Voilà une preuve, s'il y en avait encore besoin, que le journaliste total est prêt à tous les sacrifices pour accomplir son devoir d'information.

Un film tout de même dérangeant, certaines scènes sont vraiment gores (surtout lorsqu’elles sont accompagnées d’une musique onirique) font mouche, dans le sens insoutenable. (Moi le film je l’ai regardé en 2 fois, une scène en particulier m’a un peu traumatisé. Sûrement un traumatisme enfoui de mon enfance. Alors oui c’est glauque, mais en même temps
En même temps quoi ? On ne saura jamais. Lire cette ébauche est un véritable travail de résistance à la frustration.

De l’horreur, vraiment, qui fait dans la bidoche collée aux murs, pas dans le psychologique. Parfois vraiment peu ragoûtant… Alors je sais ce que tu te dis, ami lecteur, ‘est ce que je dois regarder suicide club ou pas alors ?’. Boah j’en sais rien moi. T’as de ces questions franchement.
Tout ça pour ça.... Après coup, on réalisera que ces phrases sont la conclusion de l’article. Étrangement, elles apparaissent ici, en plein milieu de la chronique. Elles sont cependant un signe que le journaliste est en proie au découragement... le premier signe du destin tragique de l'ébauche...

Dérangeant aussi, cette manie qu’a le réalisateur de passer du 1er degré le plus tragique au second degré burlesque. Notamment cette scène où les horribles punks pervers sortent la guitare et nous offrent une bien jolie chanson (Impossible de ne pas penser au Rocky Horror Picture show) Parait que le réalisateur a tourné un porno gay. Ça se tient.
Alors que le reporter I_am_I arrivait au bout de son article, on se rend compte qu'il lui restait des anecdotes à placer. Mais il n’a vraisemblablement pas envie de chercher à les replacer l'air de rien dans le corps de l'article. Alors il les laisse à la fin pour maintenir l’architecture déstructurée de l’ensemble. C'est du journalisme total.

En fait, il s'agit peut-être d'une espèce de socio-analyse sur le problème des suicides au Japon. C'est gore, il y a une trame de thriller derrière, des passages à prendre au second degré et une ambiance malsaine, si bien qu'au final on se demande un peu quel est le message que le réalisateur voulait faire passer.
Voici une deuxième conclusion (qu’en conclure sur l’auteur ? qu’il aime bien conclure ?)

Il ne s'agit pas non plus ici de faire de ce site un lieu de rencontre pour futurs suicidés. De toute façon, en matière de suicide, les japonais sont les meilleurs. Leur expérience leur donne un avantage certain, toute concurrence serait ridicule.
Enfin, pour terminer l'article, on sent hélas le journaliste vraiment en banqueroute car ces quelques lignes sont en fait extraites d'un autre article, le tout premier paru sur MdM. Oui, c'est du vol et du plagiat. Cela étant dit, on ne sait pas vraiment précisément quel était le but de cette copie si ce n'est de combler de façon complètement désordonné un article qui n'en demandait pas tant. On remarquera toutefois que ce cross-over conclut simultanément l'article sur le film et notre enquête sur les coulisses du journalisme au sein de la rédaction de mondedemerde.net. Voilà qui est opportun. A vous les studios.

Kylord @ 01/01/10 2 commentaires
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Des gens connus

Celle qui joue du violon

(sisi on le voit à un moment)

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Une fois encore j'arrive après la bataille avec une belle découverte : Lindsey Stirling. Cette violoniste surdouée a repris des musiques de jeu vidéo et autres icônes de la culture geek (Star Wars, Lotr...), avec parfois un type qui fait des beuleubeuleu avec la bouche. Mais c'est surtout avec ses 2 albums qu'elle a cristallisé un art du violon qui transcende le moindre beat idiot de dubstep et permet au passage d’assommer moults zombies et autres cowboys. Sa maîtrise est parfaite, sans ombrage. Elle domine les éléments. Mais j'ai peur qu'elle se brise. Hors Shatter Me avec l'énervée Lizzy Hale, les collaborations sont souvent foireuses et pourtant de plus en plus fréquentes. Une telle virtuosité au service d'une production massive de soupe musicale est totalement angoissante. Normal que Lindsey en vienne à se poser des questions métaphysiques, mais quelle tristesse de la voir jouer un morceau 1000 fois entendus dans le métro et s'en remettre alors à Jésus parce qu’on l’écoute pas (alors qu'il suffisait de jouer autre chose et laisser ce Jésus là où il est)


Celui qui aime bien la pipe

Usul parle à ses chers contemporains

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Usul est devenu mon mentor. Il a d'abord modestement élaboré des chroniques sur le jeu vidéo, avec une distance qui le distingue de la presse spécialisée partisane et une acuité qui le sépare du "journalisme" généraliste (qui massacre le jeu vidéo habituellement, à l'exception d'arrêt sur images). Il nous a remémoré de grands moments télévisuels (El Didou, Anne-Lise, spéciale dédicace). Il a introduit cette juste dose de réflexion philosophique dans les débats, en évoquant des thèmes aussi variés que la violence, l'humour ou le rêve. Il s'est moqué allégrement de la gente féminine et, là où c'est fort, avec sa contribution. Il a même charmé le sexe opposé sans vergogne. Désormais, il développe des analyses politiques à travers de savantes vidéos (tu ne t'intéresses pas à la politique ? tu devrais). Je n'ai jamais fait de commentaire de people aussi long. Usul je t'aime. Et puis je suis sûr que Drolyk s'entendrait bien avec Unul.


Celui qui va vous révéler un secret gratuitement car l'industrie du tabac le déteste

Alby's Hobbies

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Alby a eu un parcours difficile. Se perdant d'abord dans des créations hasardeuses mettant en scène des licornes (ça n'a jamais rien donné de bon, enfin il me semble), il a fini par se trouver en réalisant de vrais chefs d'oeuvres tel son hommage au bilboquet (quelqu'un a le tel number de la brune de la vidéo?). Les plus grands talk show font désormais la promo de son film de ninjas (oui c'est l'émission d'une patate qui parle) et il réalise des montages bistrip avec les plus grandes célébrités. Forcément à ce stade, il ne lui restait plus qu'à produire une sex tape. Trop cool.


Celle qui rêvait d'un autre monde

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Sponsor malgré elle de Monde de Merde™, Jennifer Ayache retrouve Superbus pour chanter un autre monde de Téléphone, hommage à peine dissimulé au susdit Monde de Merde™. Mais ça ne reste que du rock quoi. La reprise de Nirvana avec des paillettes était plus audacieuse.


Ceux qui faisaient du tourisme en Grèce

(et prédisaient les dégats de l'austérité avant l'heure)

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Cette série abrégée des Chevaliers du Zodiaque est datée mais un tel cas d'école de détournement sous cocaine ne peut rester sous silence. Les mangas me sortent souvent par les yeux (qu'ils ont énormes) et l'astrologie me fait une sorte de fussoir mais ce dessin animé à l'imagerie ambiguë a carrément de la gueule vu sous cet angle. Moins frime que le remake d'Orelsan.


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