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Bernard Werber ou l'art de susciter

Oui, Bernard Werber, ce mégalo en puissance, suscite. Pas de...
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Marcus

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  Lofofora - Peuh ! 4 
Peuh!, comme son nom l'indique si bien, c'est une claque. Une claque auditive et intellectuelle. Carrément. Cet album est sans doute le plus énervé de toute la discographie de lofo. De la colère dans tous les sens, authentique et jouissive. Attaquons nous à une petite revue de tous les morceaux de l'album de façon linéaire, morceau après morceau. Comme ça, on va rien rater, parce qu'il n'y a que du bon. Et en plus l'enchainement est tellement bien foutu qu'il serait bien sot de prendre les morceaux dans un autre ordre.

So, the first, Jazz Trash Assassin : dans ce morceau, l'instru prends une place essentielle même si viennent se glisser ici et là quelques gueulantes. Il est énorme. Il résume à lui tout seul la teneur de l'album. Et vu comment il est puissant l'album, il faut le faire. Ca commence par une sorte de ptit bip télégraphique qui va crescendo. Comme pour dire : "attention ça arrive". C'est excellent (ouais désolé je sens que ca va revenir souvent cette expression, je m'en excuse par avance). Vient alors une batterie excitée auquels s'ajoutent des guitares électriques au possible : ok on situe un peu les aspirations musicales. Certes, c'est assez énervé mais on sent bien la volonté de créer une musique réfléchie et bien sentie. Les enchainements sont précis, des passages à la basse bien marqués démontrent un net souci du détail. Au niveau du "chant" (ouais bon ok il gueule plus qu'autre chose mais quand meme, c'est pas fait n'importe comment), ça se présente un peu comme un hurlement de révolte complètement génial. Le sens des paroles s'ajoute à la force vocale de Reuno pour former un cockteil détonnant. "L'ODEUR DE LA MOORTTTT, L'ODEEUUR DE LA MORT", dit-il, pas content. A noter aussi les cris complètement hystériques qui parsèment le morceau, un peu comme de brusques réveils face à une réalité oubliée. Sur la fin, un ptit passage bien gratteux sous entend qu'on aura bien des riff énergiques. Avant d'en finir sur ce morceau, remarquons aussi ces sortes d'extrait de discours qu'on imagine émanants d'une quelconque autorité étatique : déphasés par rapport à la musique déchainée, ils se placent comme le carcan intellectuel dont l'oeuvre cherche à se libérer.

On s'attaque maintenant à un peu plus de contenu textuel même si sur Jazz Trash Assasin, il n'était pas absent mais davantage sous-jacent. Au niveau des paroles, on s'inscrit dans une continuité logique par rapport à Jazz Trash. On était "assis sur un baril de poudre" et maintenant c'est "La chute", qui est le nom du second morceau. Que des persepctives enchanterresses ma foi. Nan mais on rigole, mais, il est pas bête Reuno, il chante pas tout ça pour rien. On est ici dans le vif du sujet, mais La Chute se pose aussi comme un premier abord de l'état d'esprit. "Jamais je n'impose à quiconque mes pensées ni ma cause", "Je ne suis pas venu ici pour cultiver mon égo", "je ne bosse pas pour le fric ni pour l'éthique, plutôt pour l'époque" entre autres cernent la démarche du groupe. Niveau musique, on a une instru pesante où la batterie est particulièrements appuyée. Une fois de plus, Lofo orchestre ses textes en parfaite adéquation avec la musique. C'est très très fort.

C'est alors que suite à cette mise à plat fracassante vient Amnes History. Ce morceau est assez incroyable. Rythmé par un "doum...ting" (ouais je mime super bien les instrus merci) qui crée une atmoshpère inquiètante, lofo restitue la réalité des années de l'apogée du nazisme. Dans toute leur triste vérité. Qu'on se rende compte de la folie du truc. Et que ouais, les zetres humains, ils sont capables de ça. Pourtant, O très bizarrement, il se trouve qu'on ne se gène pas trop pour reprendre les mêmes chemins de la haine et de xénophobie, un peu comme s'ils étaient inéluctables. Comme si il devait y avoir nécessairement des victimes. Après, chacun se retrouve face à sa foi dans l'humanité on va dire.

Après un morceau si costaud, se lacher un peu sur Envie de tuer ne fait pas de mal. Là, on ne va plus chercher des explications dans les tréfonds de la condition humaine. Là, on gueule. Ouais, de la bonne gueulante. C'est un coup de révolte contre les pseudos-puissants qui se foutent de la gueule du monde. Mais l'air de rien, ce morceau est aussi une reconnaissance de la part d'autodestruction que nous avons tous caché dans un ptit coin obscur de notre conscience. Hinhinhin.

Mental Urbain, c'est un des morceaux de l'album qui m'a immédiatement scotché. De par sa capacité à décrire avec acidité ce qui nous anime un peu tous. Et puis parce que je m'y retrouve bien dans ces conneries. Chaque couplet réunit une construction d'idées vraiment pertinentes. J'étais parti pour réécrire ici quelques paroles qui m'avaient bien tapées dans l'oreille mais en fait je me suis rendu compte que j'étais en train de réécrire toute la chanson. Le mental urbain, finalement, ça pourrait être ça : Ca part dans tous les sens, ça va vite, on essaie de prendre le temps de se poser 2-3 questions, mais non en fait ça va vite là, on sait pas où on va, normal ça va vite, hey bin je m'excite un peu quoi, pask bon ça va ptet pas assez vite. Une réplique revient à plusieurs moments comme pour résumer le trip : LES KILOMETRES DEFILENT A MA FENETRE MAIS JE NE SAURAIS JAMAIS PEUT ETRE CE QUI SE PASSE DANS MA TETE. Ainsi nous est retranscrit notre parcours existenciel. Tout ça avec une ironie qui pointe l'air de dire : "on a pas l'air con mes cocos". Hé ouais. La musique s'appuyant sur un riff puissant et entêtant accentue fortement le délire.

S'ensuit Bon à rien, qui, par l'opposition à Mental Urbain, forme une contradiction intéressante. Ou plutôt nous rappelle nos contradictions. C'est un morceau court, efficace, énervé. Un vrai défouloir de quelques minutes.

Macho Blues : là c'est du lourd. Comme l'avait justement caractériser mister Reuno lui-même, c'est un moment particulièrement théatral. Chaque couplet correspond à une interprétation d'un homme dominé par la bestialité et la perversion sexuelle. Que cela prenne place dans une relation d'un père avec sa fille ou d'un homme avec son épouse. Tout ceci est très charmant. Bon ok, assez de cynisme, c'est horrible. Mais là encore, ça nous rappelle une triste réalité. A cette attitude monstrueuse, le morceau propose une réaction ma foi assez explicite sous forme de refrain :
Regarde dans les yeux,
Celui qui te souille,
Fais un voeu,
Et coupe lui les couilles
Je pense qu'une explication de texte sera dispensable. Là encore, la zik retranscrit avec force l'ambiance malsaine suggérée par les textes. Le riff est notamment particulièrement tordu mais néanmoins excellent.

Prenons un petit peu de recul pour quitter la sphère de l'individu. Nous revoilà à l'échelle de la société (qui n'a que des problèmes, le l'oublions pas). Mais voilà, la société, elle est complètement larguée parce que nous sommes tous empétrés dans l'intox sans cesse ravivée par le système économico-politico-médiatique. Nous l'aidons bien aussi en relayant systématiquement son message jusqu'à finir par ne brasser que du vent. Mais cette réalité finit par souler. D'où le morceau Intox Populi qui cause de cet état de fait. Et qui dit que "non, je ne suis pas d'humeur à colporter la rumeur". Bordel de merde (ça c'est de moi mais c'est pas mal non plus non ?). La musique retrace ce cheminement constat->réaction avec des changements de rythme parfaitement appropriés.

Arraché. C'est la description d'une personne arrachée justement. Dans le sens qu'elle n'a plus d'attaches, ce qui la pousse à n'avoir que des agissements inscrits dans la rivalité. Et d'ailleurs c'est bien pour ça qu'elle n'a pas d'attaches. Bref, le cercle infernal. La zik à la fois speedé et saccadé retranscrit bien cette descente aux enfers.

Le morceau qui suit, Le Pendu, semble apparaitre comme une suite logique à Arraché (bien qu'il puisse être pris tout à fait indépendamment bien sur). Le Pendu reprends en effet au départ une musique qu'on pourrait comparer à Arraché, mais avec un rythme moins dense. Comme si l'arraché dont on parlait était à bout de souffle. La musique s'arrète alors pour repartir ensuite sur une nouvelle instru, celle du pendu. Une instru beaucoup plus lourde. Ca part directement sur le refrain qui annonce tout de suite la couleur : "Lourd, bon dieu, qu'il est pesant le poids des jours lourds...". C'est la prise de conscience qui va faire mal : "Il n'a jamais plus confiance en personne", "depuis trop longtemps, plus rien ne l'étonne", "quand il questionne, le silence résonne"... Je ne peux m'empêcher de laisser passer un petit frisson sur ce morceau. A chaque fois, ça ne rate pas. Comme pour faire remarquer que Reuno et sa clique sont bien conscients de la dureté du propos, le pendu se termine par "hey, jouez moi une musique plus gaie", remarque pour le moins ironique.

On arrive sur la dernière ligne droit de l'album. On s'attaque ici à Vice et Râle, joli jeu de mot pour aborder un thème pour le moins évocateur : le sexe. Voire l'approche au sexe : le refrain s'appuie sur un "j'ai le vice dans la peau" entêtant et tonitruant, comme une provocation à une société hypocrite qui préfére n'en rien dire, quitte à se renier (et là commence les problèmes, c'est clair...). Le parallèle devient carrément évident à la fin du morceau : "j'ai le vice dans la peau mais moi je me l'avoue".

Nous voilà au douzième morceau (hé oui on est au bout, c'est triste, snif) : Vive le feu. Figurez vous que c'est une reprise, ai-je appris au détour d'un chan irc (#tnsldjrslnplj on quakenet pour ne pas le citer). Une reprise des Béruriers Noirs dis donc. Donc hop, premier réflexe de lofo, changer la boite à rythme chère aux béruriers par une vraie batterie, ça donne un peu plus de poids au dit morceau. Et puis électriser tout ça. Au final, ça nous donne un morceau surexcité. Je serais presque tenté de dire un morceau à concerts, un bon pogo comme il est coutume de dire, puisqu'il est vraiment adapté pour sauter comme des débiles. Comme des débiles, j'insiste, c'est beaucoup plus sympa que de sauter comme un gros violent. Parce que les sauteurs violents, ils me reloutent.

L'album se termine sur Shiva Skunk Special Ekova Flavour (ne me demandez pas ce que ça veut dire) : un long morceau apaisant aux fortes influences orientales, une magnifique conclusion orchestrée par une guitare enjouée, un sympathique tam tam et une splendide voix feminine. Tout cela n'a rien de métal jusqu'à la fin où dans une superbe transition, Reuno décoche un transcendant "LACHEZZZZZZZZZZZ, LACCHHHHEEEZ PRISE, LACHHHHEEEEZZZZ" auquel s'ensuivra un tout aussi fabuleux "LAISSER PASSSER LA FORRCEEE". Bref, après les grands affrontements menés face à la réalité tout le long de l'album, nous sommes invités ici à nous laisser emporter par la musique, et ne pas seulement exister dans la résistance (n'y voyez pas là de symbolisme superflu, je parle juste de la résistance en générale, y compris la résistance à soi même).

Voilà, on a dû faire le tour je crois. Comment c'était bon.
Kylord @ 01/12/03
 
 
marijo

24/05/05
salut, je suis tombé sur ta page complètement par hasard... nonobstant ton site est interessant mais si je t'écris c'est pour avoir des infos sur le film dont tu te sers pour la déco de monde de merde.
Je l'ai vu une fois sur canal (journée situationiste)il y a très longtemps et depuis je recherche ce film... sans succès bien évidemment.
Pourrais tu me dire son titre et son réalisateur pourque je puisse me le procurer.
Merci bien


 
Kylord

22/07/05
Réactif et proche de son lectorat, "monde de merde" se précipite pour vous répondre deux mois plus tard.

Bien qu'il n'existe - d'après ce que nos services de renseignement savent à l'heure actuelle - aucun rapport entre lofofora et le susdit film, nous avons pleinement conscience du peu d'information filtré à propos de cette réalisation cinématographique et ce, malgré les multiples (voire moults) allusions faites à son sujet.

Il s'agit donc d'un montage débile de films ricains qui s'intitule "Le Grand détournement - la classe américaine" réalisé par une bande de malades travaillant à c+ il y a quelques années.


 
Le Billan
page web

28/08/05
(désolé.. skyblog.. pas encore de site..) Merci pour la description.. maintenant je vais pouvoir l'écouter en le comprenant pleinement..


 
SyntheseDisjonctive

01/02/06
Le grand détournement se trouve sur abidbol.free
Quand à Shiva Skunk, c'est un morceau réalisé avec la participation d' Ekova, un groupe français de musique indienne (déterritorialisation, quand tu nous tiens!...) totalement génial.
Pour l'explication, "shiva skunk", c'est "des arbres l'écorce" qui "passe dans un souffle", pas besoin d'explication sur la donne psychotrope du truc."Spécial ekova flavour", c'est pour signaler le "Featuring", à noter que lofo a renvoyé l'ascenceur sur l'Album de reprises d'Ekova "Space Lullabies and other fantasmagories", en remixant "Sister".

 
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