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  Helmut Fritz VS Discobitch 5 

Comment se servir d'une mode électro pour mettre en exergue l'ère du temps ? La réponse tout de suite avec ce Versus n°3 : Helmut Fritz VS Discobitch.

J'avançais il n'y a pas si longtemps faire des "versus" originaux et me voilà déboulant avec ma comparaison des hits du top 50.

Rassurez-vous, bien que la déontologie journalistique infaillible qui me caractérise (toussa toussa) m'impose de mettre à disposition ma base de travail, rien ne vous oblige à une nouvelle écoute de ces deux tubes auxquels vous n'avez vraisemblablement pas échappé.







Alors oui, ce sont deux morceaux à la sauce dancefloor aux sonorités étrangement proches.
Alors oui, derrière ces deux morceaux se cache le même producteur : Laurent Konrad.
Alors oui, les deux morceaux utilisent le principe du personnage excentrique
Alors oui, les deux morceaux sont servis pas des textes en même temps bidons et satyriques.

Bref, on sent qu'il y a un ou deux coco qui ont repéré une sauce qui gagne. Et pourtant, tout n'est pas si simple. Alors que Discobitch s'est contenté d'un succès certes notable mais escompté, Helmut Fritz a tout raflé et s'est payé même le luxe de surfer sur le grand public.

Comment expliquer cette différence ? Quelles sont les raisons qui font que l'allemand dégénéré a primé sur la pétasse bourgeoise ? Pourquoi pourquoi pourquoi ?

C'est la réponse à cette question qui fait tout l'intérêt de ce Versus. Etude sociologique à l'appui, voici ma thèse :


1 - Le sexe
Helmut Fritz est un homme, et Discobitch est... une femme. Oui je sais, j'ai un sens de l'observation sensationnel. Je me sentais obligé de commencer ma thèse par ce point car, on a beau se la jouer post soixante huitard patati patata, une femme qui fait de l'humour, ça fait peur. Cela dit, dans certains cas, on peut avoir raison d'avoir peur comme avec cette nana qui a tenté de parodier Helmut Fritz de façon assez risible (parodier une parodie revient souvent à se prendre un mur, mais c'est mon opinion personnelle). Un mec qui fait de l'humour, ça fait rigoler. Helmut partait donc avec un avantage certain. L'humour, c'est pas pour les filles.


2 - La langue
Autre point commun du succès à l'un comme à l'autre, c'est la langue étrangère qu'ils utilisent. Helmut Fritz se la joue culture teutonne alors que Discobitch fait dans la culture anglo-saxonne. Mais voilà, l'un arbore seulement un accent ridicule (tout au plus s'essaie-t-il à un "scheize" universellement reconnu) tandis que l'autre parle carrément anglais sans nous traduire quoi que ce soit. Bref, l'un se veut accessible quitte à paraitre encore plus bidon alors que l'autre joue un jeu plus distant. Discobitch rétrécit donc son spectre de marché tandis qu'Helmut évite soigneusement cet écueil. Bien joué Helmut.


3 - Le snobisme
Les deux interprètes sont amplement évocateurs du snobisme, aspect révélateur de la déliquescence d'une société s'il en est. Mais, comme on le voyait venir avec leur usage différent de la langue, Discobitch est plus snob que Helmut. Toute la perversion de Helmut est de dénoncer le snobisme tout au long du titre en faisant du name-dropping à gogo et en ne citant que des marques qu'on connait bien peu quand on n'a pas la chance inestimable de vivre à Paris. Mais quoiqu'il en soit, malgré cette hypocrisie, il se place tel notre complice et conspue notamment toutes les marques en question. De son côté, Discobitch s'affiche plutôt en tant que IN et nous place en tant que OUT. Helmut continue de la devancer en chiffre d'affaires.


4 - La rebellitude
Helmut Fritz est celui qui ose vomir dans les carrés des boites branchés. En ces temps d'indignation générale envers les élites financières du monde, c'est un signe fort de révolte qui est envoyé à travers la planète dans un élan de fraternité des peuples. Discobitch, elle, s'accomode de son milieu privilégié. Tout au plus fait elle preuve de cynisme mais ma foi ça reste une sacrée pétasse qui veut boire du champagne.


5 - L'opportunisme
Discobitch chante français pour profiter des quotas à la radio et s'adresse à des "biatches", qu'elle méprise certes, mais dont la compagnie lui est certainement bien plus profitable qu'une autre. A l'opposé, Helmut Fritz se fait refouler à l'entrée des boites sur son Vespa et n'arrive même pas à choper un taxi. Voilà deux attitudes dans la vie bien différentes qui, une fois de plus, rendent Helmut plus sympathique que son homologue disco.


En un mot comme en cent, Helmut est beaucoup plus en phase avec l'inconscient du peuple français bien connu pour sa suspicion ancestrale envers les puissants (joliment décrit dans Un Jour En France). Cela vaut à Helmut Fritz, malgré une recette musicale assez proche de Discobitch, de ravager les charts bien plus que sa copine la petite bourgeoise décadente.

Après, on peut toujours se poser la question de savoir si cela peut aller encore plus loin et durer dans le temps (question qui ne s'est pas posée pour Discobitch). Mais là rien n'est évident, d'autant plus qu'Helmut veut varier son son et même aller sur des terrains moins accessibles. Oh malheureux.

Kylord @ 22/08/09
 
  page web

22/08/09
L'album d'Helmut a aussi pour lui que ce n'est pas un package de 2 singles un peu bien produits accompagnés d'une chiadée de titres foireux, mais bien un vrai album de qualité (quand on aime).


  page web

23/08/09
Comme quoi, le top 50 n'est pas condamné à être désespérant... Ça j'aime.


 
oli57

28/10/09
Il a pas un accent ridicule il est de mosellan lorraine et on l'accent comme ca dans lenord du departement !!!!
Personne trouve mtn l'accent des chtis ridicules !!


 
un gars en Erasmus.

04/03/10
C'est peut être vrai en France, mais dans le reste de l'Europe, Discobitch est beaucoup beaucoup plus connue (hélas. Je préfère aussi Helmut)


  page web

05/03/10
Ce qui fait l'avantage d'Helmut en France est sa faiblesse à l'international... "I'm a bitch" est un message qui passe étrangement mieux à travers le monde.

 
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