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The Reader est à la fois un film pour lectrices de Elle (on s'étiole au son des violons devant des personnages qui cultivent leur désespoir) et une tragédie pour Oscars (la WW2 et ses affres, ça le fait toujours, cf La Vie Est Belle (et non pas Plus belle la vie), cf La Vie des Autres... à quand Il était une fois la vie adaptée à la WW2 (mais je m'égare dans toutes ces parenthèses)). Bref, The Reader se positionne adroitement pour recueillir le suffrage du public et des critiques avec ce qu'il faut de polémique. Ajoutez à cela une Kate Winslet assez douée dans son genre et vous partez sur de bonnes bases.

Parler de comédie romantique est un peu délicat vu le contexte mais c'est bien de cela dont il s'agit. Kate Winslet confirme son talent d'actrice tant elle incarne fort bien un personnage pourtant aux antipodes du sujet d'amour qu'elle interprète dans Eternal Sunshine of The Spotless Mind. Dans ce dernier, elle était espiègle et extravertie. Dans The Reader, elle est rude et renfermée. Ce qui ne va pas empêcher un jeune homme de s'amouracher d'elle.

Là où le film est bon, c'est qu'il agace. La fierté des uns, la passivité des autres, le tout dominé par des égotismes terriblement humains donnent corps à la réalité dépeinte. Mais au final... que de bêtises ! La bêtise du silence, la bêtise de l'orgueil, la bêtise de la jalousie... on a droit à la totale. Cela aboutit à ce qu'on n'explique pas : pourquoi l'héroïne (si je puis dire) s'attache autant obstinément à des univers factices en croyant s'échapper du monde par la lecture ? C'est bien vite oublier que les univers romancés en question s'inspirent de vérités bien réelles. Encore qu'on pourrait la comprendre si cela lui permettait d'accéder à une sorte de félicité par l'évasion spirituelle. Mais c'est tout le contraire : cette obstination à vouloir prendre des pilules bleues renforcent sa haine de la réalité au lieu de la rendre plus vivable. Résultat : on aboutit à des extrêmes et, somme toute, le film illustre comment n'importe qui peut finir par incarner le mal absolu.

D'où la question finale : pourquoi pourquoi pourquoi ? Mais c'est aussi ce qu'on se demande bien souvent dans la vraie vie et c'est toute la force du film.

Allez Kate, tu repars avec un oscar.
Kylord @ 24/07/09
 
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