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  The Office VS The Office 9 
ou comment appréhender différentes cultures d'entreprise à travers une adaptation télévisuelle

Attention - Post avec des spoilers à tous les étages

Sur la planète, de nombreux gens sont des "actifs". En France par exemple, il y a grosso modo 28 millions d'actifs. Ça fait du monde, mine de rien. Ça en fait des gens qui remuent. Mais qu'est ce qu'ils font au juste ? On ne sait pas trop mais ils sont "actifs". Ils font des trucs. Ils se meuvent, bougent dans un sens ou dans un autre, ils s'agitent et on leur donne des sous pour ça. Possiblement vous en êtes un (ou alors vous êtes un "inactif"... bref une grosse loque... un peu comme mondedemerde.net ces derniers temps).

Le pire dans tout ça, c'est qu'un actif peut le rester trèèèèèès longtemps. Il commence à bouger et il n'en finit plus de gesticuler. Il y a quelque temps, on avait un concept qui permettait aux gens qui ne s'arrêtaient plus d'être actif de stopper tout ce foin. Ça s'appelait la retraite. Mais un petit nerveux drogué à l'hyperactivité a fait appel à un grand mytho à lunettes pour en finir avec cette drôle d'invention. Maintenant, les actifs, ils vont le rester à vie. Comme ça, les actifs, en collectant toujours plus de slips et en faisant ainsi toujours plus de profits, évitent que les inactifs qui ont des sous donnent des sous aux inactifs qui n'en ont pas. Parce que les inactifs qui ont des sous deviendraient actifs pour le coup, et ça leur foutrait bien les boules.

Bref, tout ça pour dire qu'il y a beaucoup de gens actifs, que cela ne risque pas de changer et que tant de gens actifs, ça interroge. On se demande bien ce que ça peut leur faire d'être actif à tous ces gens-là. Pour cela, les anglais - qui sont pas les derniers pour la déconne quand ils veulent bien s'y mettre - ont créé une série dans les années 2000 : The Office. En un comme en cent, l'Entreprise. Les auteurs Ricky Gervais et Stephen Merchant (ce dernier mêle le stéréotype anglais et le cliché de l'auteur branché de façon assez stupéfiante) ont fait appel aux procédés de la télé-réalité et à un humour cruel saupoudré d'une touche de Monty Python pour illustrer le monde du travail. Le résultat est tout simplement brillant.... et les américains se sont forcément jetés dessus comme les gros voraces qu'ils sont pour en faire leur propre version sous l'oeil avisé des auteurs d'origine. Une fois n'est pas coutume, ils en ont fait une recette à succès car la production américaine vient d'achever tranquillou sa 7ème saison.

Nous avons donc The Office (UK) vs The Office (US). La subtilité so british contre les gros sabots de la cavalerie USA. Le docu-fiction humoristique contre la comédie de bureau bon enfant. Dans les deux séries, les fondamentaux sont les mêmes (avec des histoires qui frôlent le copier coller au départ de la série US) et pourtant le sens de l'interprétation diffère radicalement. C'est révélateur d'un choc de cultures même s'il ne faut pas oublier qu'il y a plusieurs années d'écart entre les deux séries (les écrans CRT affichant "It is now safe to turn off your computer" dans la production UK, c'est émouvant). Toutes les différences ne sont donc pas à mettre au grief de la seule question spatiale (Europe / USA) mais à mettre aussi au compte de la question temporelle (Britney Spears / Justin Bieber) comme en témoigne dans la version US les références aux réseaux sociaux chers à notre ami Louis-Serge Real del Sarte.

Cela étant, j'en viens à mon but final : révéler au grand jour les différences entre les deux productions à travers la revue les troupes de chacune des déclinaisons. Non pas pour voir qui c'est le plus fort de l'éléphant ou du rhinocéros, mais parce que chaque personnage nous en apprend un peu plus sur les spécificités des mœurs de la société qu'il représente et que la comparaison rend la chose encore plus évidente. C'est encore sans compter que cette galerie d'employés de bureau parlera sans aucun doute au petit actif surexcité qui est en chacun d'entre nous.

Le directeur régional

===> David Brent vs Michael Scott <===
Le manager responsable de la succursale du groupe de papier mise en scène est en quelque sorte le fil rouge de la série. Ses frasques, entre gestion calamiteuse des équipes et égocentrisme maladif, impulsent le rythme de chaque épisode. D'emblée, sur ce personnage fondamental, les américains impriment leur marque : si David Brent (incarné par Ricky Gervais) et Michael Scott (interprété par Steve Carell) élèvent tous deux la bêtise à un niveau extraordinaire, le manager américain se distingue par un narcissisme encore plus marqué que son homologue anglais. Chez l'américain, l'exubérance de ce trait va jusqu'à l'outrance auquel s'ajoute un potache bien gras avec les innombrables blagues à la con qui vont avec ("That's what she said"). D'accord, David Brent se défend bien aussi mais lui se retient parfois même si c'est clair que ça l'emmerde (et cela grâce à une interprétation de la frustration de Ricky Gervais tout à fait remarquable). Tout cela illustre bien la retenue européenne face à un Michael Scott prêt à tout et presque sans limite. Il faut dire que le manager version UK est plus partagé car il est animé un peu plus par la volonté de se faire passer pour un maitre à penser (comme en témoigne son illustre conférence sur du Tina Turner ou ses lectures de la figure culturelle locale). Autre différence : réalisme oblige, David Brent est bien plus perfide et suscite moins la compassion que son équivalent américain qui, même s'il tente des saloperies, est tellement prévisible et à côté de ses pompes qu'il en est absolument pathétique. Les deux compères se réunissent de toute façon complètement quand il s'agit d'illustrer fort bien ces valeurs universelles que sont les instincts naturels du petit chef (comme ne rien faire à part plomber les équipes ou monter les uns contre les autres). Ils valident ainsi ce principe ancestral des organisations dans les entreprises : « Les gens les moins compétents sont systématiquement affectés aux postes où ils risquent de causer le moins de dégâts : l’encadrement. ». Encore qu'en l'occurrence, les dégâts restent dévastateurs.


La déléguée du siège

===> Jennifer Taylor Clarke vs Jan Levinson <===
Alors là c'est clair et net : les américains ont fait partir ce personnage complètement en vrille. Pour résumer, la déléguée du siège est la boss du directeur régional et lui transmets les directives des hautes autorités du groupe. Allure stricte et ultra professionnelle de rigueur. Si Jennifer l'anglaise, bien que foncièrement affriolante et pourtant sans rapport aucun avec la sérieuse Jennifer Ayache, affiche une sévérité sans faille, la distance glaciale de Jan Levison n'est en vérité qu'une carapace qui va rapidement craqueler pour révéler une personnalité instable (ainsi que des seins énormes, notez). Alors bon, je voudrais pas voir le mal partout mais quand même : n'est ce pas du sexisme de la part des auteurs américains que d'avoir amené le seul personnage féminin avec des hautes responsabilités à devenir émotionnellement très perturbée voire carrément psychotique ? Le statut d'autorité dans le groupe sera ainsi très vite ramené à une figure masculine en la personne posée de David Wallace, CFO du groupe (Chief Financial Officer, 'oyez).



Le vendeur cool

===> Tim Canterburry vs Jim Halpert <===
Voici un personnage essentiel à la série : le vendeur décontracté et facétieux. Que ce soit Tim d'un côté ou Jim de l'autre, ils servent à mettre en relief les exactions du directeur régional par leurs réactions ou mimiques. En un sens, c'est un peu comme si les auteurs de la série intégraient l'avis critique de leur propre récit dans l'histoire, du genre : "vous avez vu ce qu'on a fait faire au chef dans notre scénar ? ben ouais c'est vraiment débile, et Jim le fera remarquer pour nous". Mais si ce rôle est identique dans les deux séries, l'interprétation diffère. L'américain apportera ainsi sa cool attitude à base de vannes typiques façon Bruce Willis après avoir abattu 200 terroristes ("Dire que j'avais vraiment pas envie d'aller au boulot ce matin"). Tim accentuera le comique des situations bien plus en subtilité avec parfois simplement un comportement de distanciation ironique avec ce flegme si typiquement britannique. Mais il y a une autre différence très marquée dans le développement de chacun des personnages : si Jim est peu motivé dans son taff, cela n'est pas aussi marqué que chez Tim qui est sans aucune espèce d'ambition, préfère vivre chez ses parents par confort financier et va jusqu'à proposer de lui-même son pire ennemi pour devenir le nouveau manager de la succursale à sa place (si ça, c'est pas du sabordage...). Aux Etats-Unis, au pays du culte du développement personnel, raconter une telle façon de gérer sa carrière était inconcevable. Pour commencer, Jim ne vit donc pas chez ses parents mais en coloc'. Ensuite, il ne sera pas contre l'idée de titiller quelques responsabilités à l'occasion voire même progresser dans la hiérarchie en osant même pointer des dysfonctionnement auprès de la direction (le con). La différence de psychologie entre Jim et Tim est ici très révélatrice en cela qu'elle montre l'importance de l'accomplissement par le job dans la société américaine à l'inverse des européens plus critiques. Enfin, Tim et Jim ne s'illustrent pas seulement au travers de leur profession mais aussi à travers leurs sentiments pour la réceptionniste. Là encore, le pauvre Jim a beau se languir amèrement pendant moults saisons (parce que les ricains adorent les soap-opera), il se distingue puisque le positivisme forcené inhérent à la culture US rendra la romance entre Jim et Pam bien moins sentimentalo-tragique que celle entre Tim et Dawn. D'ailleurs, c'est bien Jim, symbole d'une amérique battante et toujours prête à rebondir, qui finira par se barrer face à un Tim à jamais embourbé et hésitant.



La réceptionniste

===> Dawn Tinsley vs Pam Beesly <===
Si les récits amoureux de Dawn et Pam prennent des chemins qui divergent (...et c'est énorme), c'est aussi parce que Pam est bien moins fataliste que Dawn. Au fil des saisons, elle apparaitra de plus en plus pugnace et moins prompt à subir les fantaisies de son patron contrairement à Dawn qui ne cesse de les accepter bon gré mal gré. Il y a sans doute une explication à ce caractère plus trempé : si Dawn est plutôt laissée pour compte et passe plutôt inaperçue dans l'entreprise (une collègue le lui fera gentiment remarquer dans l'épisode finale), ce n'est pas le cas de Pam qui fait l'objet de nombreuses attentions (flattée par son patron, jalousée par ses collègues...). Certes, la production anglaise est plus réaliste... mais il ne faut pas oublier pour autant qu'il existe une représentation particulière du travail aux USA qu'on pourrait juger plutôt positive en l'occurrence : le poste occupé par un individu n'est pas un statut comme c'est bien (trop) souvent le cas en Europe mais il est considéré comme un moyen. Il n'y a ainsi pas de petit métier et Pam n'est pas réduite à ses fonctions de réceptionniste.... mais c'est aussi parce que sa vie personnelle est mise en scène bien plus largement que dans la série anglaise. Chez Office version US, on a droit aux mariages, aux diners entre collègues. Les frontières entre monde professionnel et vie privée sont bien moins marquées et cela révèle à quel point les américains se représentent l'entreprise comme un véritable lieu de vie à occuper comme un autre. Michael Scott pousse ce principe à l'extrême en s'employant à perpétrer des incursions dans la vie privée de ses employés et cela à tout bout de champ. A leur grand désespoir... et tout particulièrement celui de Pam.


Le vendeur complètement secoué

===> Gareth Keenan vs Dwight Schrute <===
Ce personnage est un ressort comique récurrent et cela pour trois bonnes raisons : il a les dents longues, il est bardé d'obsessions et il prend tout au premier degré. Bref quasi l'inverse du vendeur cool plutôt dilletant. A partir de là, c'est un régal pour les auteurs de l'utiliser voire même une valeur refuge quand l'épisode est un peu faiblard. Une particularité est à mettre au compte de la production anglaise avec un Gareth Keenan qui est totalement à contre emploi de ce qu'il prétend : passionné de la chose militaire, son physique peu imposant couplé à une élocution craintive le discréditent d'office et le ridicule le suit d'autant plus qu'il veut régulièrement soumettre autrui à ses lubies. Il est intéressant de remarquer que les américains ont choisi de coller un background plus "fermier" à ce personnage même si le dénommé Dwight Schrute se vante aussi à tort et à travers de son titre de shériff volontaire. J'aurais plus de mal à extrapoler vis-à-vis de ce choix mais je pense que les auteurs US ont voulu mettre de côté le débat politique qu'aurait suscité des références à l'armée tournées en dérision, surtout dans un pays où la question militaire relève quasiment du sacré. Pas couillus les scénaristes pour le coup.


La décomplexée

===> Trudy vs Meredith <===
Voilà un personnage très secondaire et pourtant lourd de sens tant il prend une direction bien différente selon le côté de l'atlantique duquel on se place. Le socle est commun : disons que Trudy comme Meredith n'ont pas de scrupules à profiter pleinement de tous les plaisirs de la vie. Mais si l'une, Trudy, s'éclate avant tout et n'est pas méjugée (ses collègues se feront une joie de lui offrir de quoi s'amuser à son anniversaire), Meredith accumule les tares socialement dévalorisantes : alcoolique, mère indigne, pique-assiettes... Et pourquoi les auteurs US l'ont ils accablé de la sorte ? Hé bien pour parler au téléspectateur : dans un pays où le puritanisme fait toujours loi, une femme libérée - et tu sais c'est pas si facile - ne peut pas être très équilibrée. Bon, c'est vrai qu'en déclarant coucher avec des terroristes, elle ne mets clairement pas toutes les chances de son côté. Elle offusquera ainsi à maintes reprises les représentantes du puritanisme à l'américaine que sont Phyllis, la puritaine traditionaliste, et Angela, la puritaine psychorigide tendance schizophrène (sorte d'incarnation sous forme de comptable de l'autre cinglé de Sarah Palin). Constat très symbolique : des personnages comme Phyllis et Angela n'existaient pas dans la version originale et l'une comme l'autre ne manquent pas de faire valoir leur pruderie. C'est particulièrement le cas dans l'épisode de l'exhibitionniste où Phyllis est toute retournée d'avoir vu le loup par inadvertance. De l'autre côté de l'océan, en terre anglaise, quand Trudy baise sur le parking de la boite, on n'en fait pas tout un fromage. En conclusion : quelle bande d'hypocrites ces amerloques.


L'intérimaire

===> Ricky Howard vs Ryan Howard <===
Un panel type d'employés ne serait pas complet sans l'éternel stagiaire qu'on appellera ici l'intérimaire car on est pas chien, on le fait pas bosser 10h par jour gratuitement. Mais intérimaire ou stagiaire, le jeune homme en question est la proie idéale du manager. Profitant de la soumission du débutant qui, par nécessité de se faire une première expérience professionnelle, ne souhaite pas contrarier les autochtones vivant au sein de l'entreprise, David Brent et Michael Scott, en l'absence de contradiction, vont glorifier leur personne encore plus qu'à l'accoutumée. Comme d'hab, côté américain, les scénaristes envoient lourd et Michael Scott va vouloir carrément le prendre sous son aile. Il va essayer de le contrôler à tout point de vue et à tel point que cela va même susciter en lui des envies pour le moins ambiguës... Mais si cette phase d'intégration de l'intérimaire dans l'entreprise est un phénomène intéressant en soi, son parcours par la suite mérite aussi l'attention. Côté UK, on a affaire à un grand dadet qui, même s'il vient là pour faire le taff, n'est pas spécialement emballé et concerné. Quant à Ryan, l'intérimaire américain, c'est une autre affaire et, bon dieu, je vais encore vous dire que c'est très révélateur de la mentalité américaine. D'abord, dans les premières saisons, il fait part régulièrement de son exaspération. A travers son sujet d'études à l'université, il va alors finir par exposer tout ce qui cloche selon lui. Conquérant, tel un féroce winner, il va s'appuyer là dessus pour décrocher un poste à un haut niveau dans la hiérarchie du groupe. Et hop, voili voilou, c'est la magie de l'ascenceur social à l'américaine. C'est t'y pas beau. Mais un ascenceur, ça monte et ça descends. Après moults épisodes cocainés, il va donc repartir vers le bas en 4ème vitesse tel un symbole de la récente crise financière largement produite par une économie américaine carrément surchauffée. L'intérimaire : précaire était son emploi, précaire fut sa réussite.


Les autres

===> ??? vs United Colors of Benetton <===
Il reste bien quelques personnages en équivalence entre série UK et série US mais, à quelques choses près, il n'y a rien d'extraordinaire à noter. Entre autres, Chris Finch le lourdingue est repris par Todd Paker, bien lourd aussi. Je vous le donne en mille, Todd Paker l'américain est le plus lourd des deux. Keith Bishop est repris quant à lui par Kevin Malone. Le personnage original est plutôt respecté hormis que le côté pince-sans-rire du bonhomme est passé aux oubliettes chez les américains (trop subtil sans doute). Il en viendra à faire lui aussi de la grosse vanne et du give me five à la moindre occasion. Pour le reste, la série US, ambitieuse et avide d'un potentiel d'interactions toujours plus important, mets en scène de nombreux autres personnages qu'elle a totalement créés. Il y a bien Phyllis et Angela déjà mentionnées mais il y a surtout tout une ribambelle d'autres salariés qui ont comme particularité d'être issus des minorités visibles. Darryl Philbin pour les afro-américains, Oscar Martinez pour les mexicanos, Kelly Kapoor pour les indiens, c'est un vrai festival. Oscar se payera même le luxe d'être marqué par le sceau d'une deuxième communauté : les homosexuels. J'annonce cela telle une malédiction car c'est effectivement ce qui va les frapper par l'intermédiaire de Michael Scott. Bien inspiré par un David Brent qui ne se ratait pas non plus dans le genre, il va leur balancer à la figure toute la collection des préjugés associés à leur communauté d'appartenance. Tous ces personnages ainsi ciblés sont plus développés dans la comédie US que dans la comédie UK où ils s'en tenaient à des rôles de figurant. Dans cette dernière, on voyait même David Brent se mélanger les pinceaux en confondant un Pakistanais avec un autre (alors tout le monde sait qu'il faut faire super gaffe, ce sont tous des terroristes en puissance !!!!) ; ce qui illustre là une vie sociale professionnelle plus réaliste et cruelle où les employés ne se connaissent pas tous entre eux. A l'inverse, l'importance donnée aux minorités visibles par l'office américaine indique la considération si chère à Hollywood à leur endroit. Mais il faut dire que c'est l'occasion aussi pour les auteurs de réfleter cet aspect si spécifique aux Etats-Unis : la judiciarisation à outrance de la société (mis en évidence par ailleurs avec Roy qui se fait virer direct pour sa tentative d'agression alors que les anglais ont vachement plus de tolérance avec les gnons dans la gueule). Les discriminations raciales ou sexuelles sont un terrain de rêve pour en montrer les délires. Bon c'est pas tout ça mais faut bien se détendre un peu alors il y aura un deuxième noir, Stanley Hudson, une sorte de Danny Glover échappé de l'Arme Fatale, qui ne sera là que pour faire des mots croisés en attendant la retraite.


Si vous avez déjà osé vous aventurer dans le monde du travail, je veux bien mettre ma main à couper si, parmi tout ce beau monde, il n'y a pas un personnage qui vous ait rappelé une expérience vécue (hmm je vais peut être mettre juste un doigt, sait-on jamais).

Bien sûr, tout cela est de l'entertainment (particulièrement côté US) et s'il y avait tant d'animation dans tous les taffs de la vraie vie, la valeur travail, cette valeur qui devient si chère aux politiques quand il s'agit faire passer des réformes dans la douleur, serait sans doute mieux considérée. Les passages où on se fait chier au boulot, à quelques exceptions près (comme Dwight s'occupant à broyer du papier pendant que les collègues errent sur le net sans but), sont quand même pas mal occultés.

Je terminerai cette étude par une considération d'ordre général qui, comme dirait le philosophe Eric Cartman, fait giga réfléchir. N'avez vous pas remarqué que dès qu'on sort du cadre de l'entreprise les personnages n'existent plus dans la production américaine ? Jan par exemple va être petit à petit écartée. Tout se passe comme si l'entreprise était LE sujet et cette sacralisation est totalement confirmée par cet épisode où Michael Scott se couche devant la société mère et cela même au dépend de sa propre compagne. On le qualifiera de "brave type" à cette occasion (ce n'est même pas ironique). Je sais pas pourquoi mais j'imagine trop pas ça chez nous. D'ailleurs, les anglais, à l'inverse de leurs confrères américains, ne délimitent pas exactement le périmètre à l'entreprise. Même lorsque les personnages la quittent dans l'épisode finale (David Brent qui se lance dans la chanson ou Dawn Tinsley en périple aux Etats-Unis), on les suit encore. L'entreprise est ici plus une affaire de contexte que de sujet.

De toute façon, que cela soit la série britannique ou américaine (la première est plus pertinente, la seconde plus moderne), elles sont hautement recommandables d'autant plus en cas d'entrée imminente dans le monde du travail (mais garde, version originale absolument obligatoire sinon c'est le massacre). The Office vous permets d'appréhender toutes les ficelles de l'entreprise très rapidement et cela est grandement plus efficace que de se faire exploiter dans moults stages. Bon, je ne suis pas sûr que ça soit aussi payant dans le CV...
Kylord @ 21/04/11
 
 
Leah
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23/04/11
Très intéressant cet article !
Par contre je suis un peu déçue, tu aurais pu inclure la très française "Le Bureau" dans la comparaison ;)


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24/04/11
Mais c'eut été une idée : j'aurais pu conclure chaque comparaison avec "et voilà comment les français ont planté le truc". Encore y aurait-il fallu que je me farcisse la série car je n'ai pas osé y retourner depuis la première diffusion. Remarque apparemment il n'y avait eu que 6 épisodes...


 
Leah
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24/04/11
Oui, il n'y a qu'une saison, tu aurais pu la revoir au nom du journalisme total !


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24/04/11
C'est vrai que j'ai déconné mais bon j'étais charette.


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15/09/11
Putain, comment j'ai lâché le billet. Non sans déconner, j'ai vraiment honte, mais j'ai pas tout relu le billet avant de commenter.

En même ,temps, je l'ai lu il y a six mois et je me voyais pas de le refaire.

Donc, je vais te filer pas une mais trois bonnes raisons de préférer la version US :

1. J'AI VU QUE LA VERSION US
Ouais, c'est pas glorieux, mais c'est comme ça. Après avoir vu tous les épisodes US, se taper la version UK c'est pas pareil. Y'a pas le même grain de folie dans la version UK, on retrouve pas la patte Michael Scott.

2. LES AMERICAINS SAVENT FAIRE CHIALER (sniff)
J'ai pas eu envie de continuer avec la version UK, pourquoi ?
Parce que j'en ai rien à foutre de ce qui peut arriver aux personnages. Chez les rosbeefs, David Brent est un trou du cul. C'est un fait acquis. Chez les ricains, Michael Scott est aussi un trou du cul mais c'est un trou du cul pathétique, il est touchant, émouvant même. Les Anglais font dans la pure parodie, les Ricains donnent un peu plus d'épaisseur à leurs personnages. On peut les comprendre, s'y identifier ; ils sont humains.

3. JENNA FISCHER.
Jenna Fischer, merde. Dans le genre Girl next door, elle est au moins à 11 sur 10. À elle seule, elle écrase toute la sélection anglaise réunie.


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16/09/11
Haha elle fait pale figure finalement, ta déontologie du commentateur qui parle en connaissance de cause.

Hé ben moi je vais te donner 3 raisons qui expliquent pourquoi t'as préféré la version US alors que t'aurais pu tout autant préférer la version UK quand même :

1. AVOIR COMMENCE PAR LA TOTALE VERSION US
Forcément après 7 saisons, t'as un peu le sentiment de revenir au départ avec la version UK (alors que c'est cette dernière qui a tout inventé). Bref tu te fais avoir par le paradoxe de l'oeuf et de la poule. Dans les premières saisons, Michael Scott n'est qu'une pale copie de David Brent (mais ça tu l'as oublié à la fin de la saison 7). Cet état de fait est avéré du moins avant, effectivement, que les auteurs US finissent par donner une vraie orientation distincte pour le personnage du manager.

2. LES ANGLAIS SAVENT FAIRE CHIALER ENCORE MIEUX MAIS AVEC FLEGME (SO BRITISH) ET DU COUP T'AS PAS TROP FAIT GAFFE
Comment saisir toute l'imperceptible détresse de Tim après le visionnage de la série US qui t'envoie du Pam & Jim par wagons ? Forcément, ouais, t'as fait une indigestion et au final, t'en as plus rien à foutre, surtout que t'avais tourné la page (cf point 1, rapport aux 7 saisons). Comparer l'épaisseur des personnages développée en 7 saisons par la série US et celle développée en 2 par la version UK est un peu vache de ta part si tu veux mon avis, d'autant plus que les english articulaient la série en de nombreux mini-épisodes. Quant au point de vue sur l'attachement aux personnages, je le comprends mais j'ose penser qu'il est forcément biaisé (rapport à l'indigestion). Je trouve pour ma part que c'est la cruauté propre à la série UK qui rend justement le tout bien plus humain. Aux USA, c'est toujours un peu Disney (tu vas voir ils vont finir par faire un épisode avec Mickey). Les écarts vraiment surréalistes sont fréquents (même s'il est vrai que cet aspect des choses est intéressant pour faire de l'hyperbole sur les travers de la vie en entreprise), et du coup c'est beaucoup plus compliqué d'activer efficacement la suspension consentie de l'incrédulité.

3. JENNA FISCHER VOUII OK MAIS T'AS MAL REGARDE LA VERSION UK, Y'A JENNIFER
Oui parce que dans la version uk, on la voit 3s (faut être vigilant) mais merde y'a quand meme Stirling Gallacher (omg). Ok, hardcore le nom, on peut éventuellement rester sur le nom du perso Jennifer (je suis définitivement branché autour des jenn'...hum Jenna c'en est un peu une finalement...bon..... soit, allez, vendu, mais je ferai pas une seule autre concession !)


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20/09/11
N'ayant pas été officiellement notifié par mail de ce commentaire, je me refuse catégoriquement à y répondre.

Monsieur, la gestion de votre site va à vau-l'eau, permettez-moi de vous le dire.


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20/09/11
C'est tout ce spam, j'ai du tant lutter. Regarde mes mains, je me suis niqué les mains moi à effacer tous ces spams cet été. Et du coup, j'ai viré des fonctionnalités du site au passage.

Rassurez-vous cependant, nos équipes sont sur la brèche et tout est mis en oeuvre pour rétablir la situation dans les plus brefs délais.


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21/09/11
Bin voyons, c'est à cause du spam, ou des fans de Superbus, ou que ne sais-je encore...

Je ne vous tire pas mon chapeau, monsieur.

 
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