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  Scarlett Johansson l'introvertie 2 

Under The Skin est de ces films qui sont bien notés sur allociné par la presse mais qui le sont moins par les spectacteurs. Autant dire que c'est suspect. Non, je ne suis pas un aficionado de la théorie du complot politico-médiatique des illuminati qui cherche à nous manipuler à l'inverse de l'honnête peuple qui mange du pop-corn comme un cochon dans les salles. Mais il ne faut pas oublier la tendance de fond des critiques de cinéma qui, à force d'ingurgiter des films qui se ressemblent les uns les autres, fantasment sur le moindre d'entre eux avec un peu d'originalité. Or, souvent, il n'y a pas de quoi pavoiser. Rappelez-vous le traumatisme Tree of Life. Celui-ci était déjà mieux noté par la presse que par les spectateurs sur allociné mais, encore bien plus fort, il a reçu une palme d'or à Cannes. Sisi. Des gens très sérieux se sont dits qu'il fallait récompenser cette production cinématographique alors qu'en vrai, toi comme moi lecteur, nous savons que c'est une belle arnaque. Comme le disait un auteur qui m'est cher : "Tree of Life, c'est comme si une pub pour le parfum avait baisé avec un documentaire sur le Big Bang" (@ackboo sur twitter, 27/01/12).

Mais pas de panique, si l'écart de note entre presse et spectateurs est avéré pour Under The Skin, la note spectateurs n'est en l'occurence pas si mauvaise. Ce n'est pas comme Tree Of Life. Autrement dit, la plupart des spectateurs un tant soi peu exigeants ont apprécié tandis que quelques autres, ceux qui voulaient voir Scarlett faire des galipettes comme chez Marvel, ont quitté la salle avant la fin, énervés. Bref, Under the Skin était clairement un défi pour le journaliste toto que je suis. Au pire, me disais-je, même si le film est mauvais, cela restera l'occasion de revoir Scarlett Johansson (d'aucunes auraient pu dire la même chose pour Brad Pitt sur Tree Of Life... le piège de ce film était décidément terrible). Ni une ni deux j'y suis allé, et je vais maintenant vous conter mon expérience...avec quelques spoilers mais légers. Bande-annonce :



Dès le départ, on a droit à un plan fixe cosmique de plusieurs minutes. Malgré l'inquiétude précédemment écartée d'avoir affaire au syndrome Tree Of Life, il y a de quoi avoir peur qu'il surgisse. Mais non, tout va bien, fausse alerte. On retrouve d'ailleurs assez rapidement Scarlett. Mais pas comme d'habitude. Ce n'est pas la Scarlett rayonnante, la Scarlett femme fatale, la Scarlett espiègle qu'on avait pu connaitre. Là, Scarlett est un peu paf. Elle est même vraiment pâlotte et au fur et à mesure de l'histoire, on finira par comprendre que Scarlett est en train de faire une partie du jeu de rôles Vampire Bloodlines (mais sans les dents). Non pas une simple partie normale, mais carrément une représentation grandeur nature avec un maître du jeu - Jonathan Glazer - complètement bourré. Je ne décrie pas le résultat mais il faut bien concéder que certaines séquences sont vraiment surréalistes (celle de la plage notamment). C'est à tel point qu'on se dit que cela n'a été possible que grâce aux bienfaits de l'alcool. Je spéculerai allègrement en affirmant que Jonathan Glazer, finissant par dessoûler, n'ait pas totalement tout assumé. La preuve en est ce drôle de mec en moto qui vient parfois récupérer le matériel laissé en bazar sur certaines scènes du film.

Alors soit, certaines mauvaises langues évoqueront ces scènes pour dire que ce film est le film de trop de Scarlett. Que ce film n'est qu'un sombre prétexte à Scarlett pour s'initier à la danse contemporaine. Que ce film révèle que Scarlett s'est perdue en route dans le brouillard à force de jouer partout à tort et à travers. Mais attendez ! Justement ! Ce film montre tout cela : il montre littéralement Scarlett en train de chercher sa route. Il montre littéralement Scarlett dans le brouillard. Ceci démontre le symbolisme omniprésent du film qui déborde en permanence au delà de l'histoire. Comme Bruce Willis dans Looper, Scarlett Johansson subit une véritable mise en abime de sa propre trajectoire cinématographique. Mais au delà de Scarlett, c'est du cinéma dont il s'agit, du cinéma en tant que média qui cherche la nature du message qu'il doit communiquer, qui pose la question de ce qu'il doit retransmettre au public, du désir qu'il doit susciter, du degré de manipulation qu'il peut s'autoriser.

On pourrait extrapoler à l'infini sur le symbolisme du film, mais n'oublions pas l'histoire. Son récit est spatial, presque discret, néanmoins hypnotisant. Il raconte une Scarlett qui est froide certes, mais qui n'en demeure pas moins séductrice. Les hommes vont souffrir et elle va les mener droit à leur perte. Elle n'est pas véritablement agressive mais le seul fait de sa présence attise les regards ; ce qui déclenche alors un processus inexorable vers la déchéance. A travers cet état de fait, on perçoit bien le propos du film avec deux dimensions qui s'imbriquent : d'abord le culte de l'apparence, ensuite le piège du désir.

Primo, pour l'apparence, c’est évident. Scarlett se pose là et pour cette seule raison - c’est parti mon kiki - elle devient le centre de l’attention. Quand bien même elle cherche à l’éviter. Bien sûr, le titre du film, "Under the skin", est une allusion directe au phénomène. Le film va essayer de nous montrer à nous spectateurs ce qu’il y a "sous la peau" alors que tous les protagonistes ne le verront pas et ne chercheront même pas à le savoir. Dans Under the Skin, les gens sont assez paumés et plutôt obnubilés par leur seule personne (ah oui tiens comme dans la réalité ?... monde de merde). Under the Skin n'est clairement pas le "Under My Skin" de Madonna qui veut nous faire croire à de la profusion de love à tout bout de champ. Frank Sinatra aura beau s'y mettre aussi et même prétendre qu'il avait été le premier à le dire avant Madonna, il n'en restera pas moins hors sujet.

Secundo, le désir, celui guidé justement par l'apparence. Je ne m'appesentirai pas sur le choix de Scarlett Johansson. Son statut de muse pour réalisateur a déjà été prouvé (Woody Allen si tu nous regardes). Elle est une égérie du désir fort bien trouvée. Non seulement elle va représenter la force du désir qui aveugle à travers le film, mais elle va aller plus loin. Son parcours est une allégorie du désir chez "la jeune fille en fleurs". D'abord distante, elle cherchera à susciter le désir sans aucune implication. Lasse, elle se risquera à la découverte de sa propre sensualité. Rendue vulnérable, elle sera confrontée à ressentir son propre désir jusqu'à la rencontre d'un prince charmant de fortune. L'appel du prince charmant n'est pas explicitement présenté en tant que tel mais il y a une séquence avec un plan qui ne laisse aucun doute possible. On se croirait dans un clip d'Alanis Morissette. Mais comme le disait Telephone à l'époque, le prince charmant aura bien vite foutu le camp.

Malgré la froideur formel, le flim revêt ainsi une parure romantique (au sens littéraire). Outre les pérégrinations de Scarlett, le décor écossais y contribue, autant par les paysages brumeux que par les faubourgs industriels (mais à l'exception des centres commerciaux qui sont décidément tous pareils). L'atmosphère âpre du pays renforce le tout. En écosse, c'est pas la fête tout les jours (mais ça on le savait depuis Trainspotting). Le point culminant est atteint avec un plan de motard qui apparait comme une transposition moderne de la peinture de Caspar David Friedrich, celle illustrant ce vieux mec à la canne sur sa montagne dans un style so "no futur" dans les nuages.

Doit on conseiller ce film ? D'un côté, si l'on en croit Ali Smachi, commentateur émérite sur youtube, on serait plutôt réservé :


Mais ce jeune homme ne serait-il pas lui-même enfermé dans le jeu des apparences ? N'est-il pas voué à l'égarement et à se faire promener par les blondes décolorées rassemblées désormais derrière Alizée ?

D'un autre côté, on peut aller plus loin et se rendre compte que Under the Skin mérite le détour (et trouver que Scarlett Johansson peut être bonne sans être blonde). Under the Skin sera amené à être une pure merveille pour tous les insomniaques qui tomberont dessus par inadvertance et se feront happés par ce songe délicieux. Mais sans aller jusque là, il reste une parenthèse céleste à tous ceux qui voudront bien se l'offrir. Alors un conseil tout de même : ne cherchez pas à voir Under The Skin après un shoot à la caféine. Vous pourriez avoir du mal à vivre le truc et vous retrouvez tels ces motards dans le film qui courent furieusement après le sens du scénario et s'y perdent (il n'y a hélas pas de motarde dans le délire alors que c'est chic les motardes... surtout lorsqu'elles viennent de Dijon).

Le film a des longueurs et il faut pouvoir les apprécier.

Prenons notre temps.
Kylord @ 30/06/14
 
  page web

01/07/14
Wow un article ! c'est foufou (et c'était intéressant sisi)


  page web

01/07/14
Je sais pas ce qui m'a pris, c'est venu comme ça.

 
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