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  Un jour peut être, une autre histoire du rap français 0 
Pour ce post annuel de 2016 (juste à temps), nous allons parler de bilan.

Car le temps file chers lecteurs... et, à l'instar des Neg Marrons qui tiraient leur bilan il y a déjà bien longtemps, nous aspirons tous à saisir le temps en revenant sur le chemin parcouru. A la recherche du temps perdu, aurait dit un ami philosophe (un certain Marcel).

En vertu d'une logique plus ou moins discutable, il se trouve que les bilans sont souvent faits en fin d'année (n'est ce pas un prétexte pour vite les oublier l'année qui suit ?). On le voit en politique par exemple où un certain François H. a fait son bilan et en a tiré les conclusions qui s'imposaient (et où l'on voit que le bilan est un exercice qu'il est compliqué de faire honnêtement), mais aussi dans le show biz où de nombreuses icônes de la pop culture ont littéralement tiré le bilan de leur vie (bye bye princesse Leïa).

Alors aussi ici, bilan de fin d'année. Mais c'est d'un bilan atypique dont nous allons parler, celui du rap alternatif français qui a émergé dans les années 2000, ce mouvement qui fut suffisamment exceptionnel pour qu'on y revienne maintenant. Quelques journalistes aussi de cet avis en ont fait un documentaire. Diffusé sur Youtube fin 2015 et disposant de sa page facebook, il s'intitule sobrement "Un jour peut être". Ce titre n'est pas une référence au morceau éponyme du rappeur Mac Tyer en plein délire psychotrope après une overdose d'autotune. Ce n'est pas non plus un hommage à Ryan Reynolds qui ne sait pas quelle fille choisir (Elizabeth Banks, mec, sérieux). C'est en fait un clin d'oeil à une mixtape de Mouloud Achour, ce même Mouloud qu'on entrevoit dans un des clips de TTC habillé de façon très classieuse en requin des mers.

Le clin d'oeil à Mouloud se veut comme un symbole des groupes abordés dans le docu : de TTC à La Caution, en passant par les Svinkels, James Delleck, ATK, le Klub des Loosers (donc Fuzati), Le Jouage, Grems... Il y a même les gentils de Triptik (et ça fait plaisir). Le docu retrace les différents parcours de ces artistes et il le fait de façon plutôt bien, assez intéressante pour le novice (que tu es peut être lecteur, alors vas y profite). Le connaisseur pourra, lui, rester un peu sur sa faim car le docu rapporte certes des interviews inédites des leaders emblématiques de la mouvance, mais reste assez avare sur ce qu'il s'est passé autour d'eux pour qu'on comprenne mieux les ressorts de ce petit monde là.

Mais trêve de bavardages, place au docu (on débriefe après) :



Il faut reconnaître un mérite à ce docu : il fait une belle synthèse. On retrouve bien les belles épopées des TTC, La Caution, Svinkels, Klub des Loosers et Klub des 7... (dont certaines que nous avons évoquées ici comme celle du KdL ou TTC). Défilent pour nos oreilles pêle mêle De Pauvres Riches, Sous le Signe du V, Thé à la Menthe, Je n'arrive pas à Danser, Dans le Club, La Réunion Secrète... La magnifique prod de l'Atelier est malheureusement un peu zappée même si on retrouve le morceau hautement fédérateur Le Hip Hop c'est mon pote.

Outre la musique, il y a une dichotomie amusante : parmi les interviewés, il y a d'un côté les rappeurs qui ont une vision plutôt positive (La Caution, Cyanure, Triptik...), de l'autre ceux qui ont une vision plutôt négative voire carrément aigrie (Tekilatex, James Delleck, Gérard Baste et bien sûr Fuzati en chef de file). Mais le trait est si marqué qu'on se demande vite s'il n'y a pas une déformation des propos qui a été orchestré avec le montage du docu. Il suffit de voir les transitions entre les séquences à la limite de la malhonnêteté intellectuelle : transition entre James Delleck et Fuzati à propos de Versailles, transition entre Grems et Tekilatex sur le virage pop, transition entre Fuzati et Orelsan concernant "le vol".... à chaque fois on a l'impression que ces transitions visent volontairement à opposer les artistes entre eux.

Cela se confirme au delà du docu, sur le web, lorsqu'on tombe sur des articles qui racontent le clash entre Fuzati et les journalistes. On pourra se dire que Fuzati a décidément à coeur de jouer son rôle de poète maudit mais on reconnait vite la crédibilité de ses arguments. Si les journalistes ont fait un travail intéressant, il est évident qu'ils ont cherché à produire des effets déconnectés de la vérité des faits. Il peut y avoir de quoi être faché.

Après le visionnage du docu, on peut donc se poser des questions :
  • est ce que le crétin de service de Skyrock est aussi crétin dans la vie de tous les jours ? est ce qu'il ne commente qu'à travers le prisme du nombre de ventes et du nombre d’auditeurs ?

  • Y'a t il d'autres critiques envisageables que celle d'Olivier Cachin ? L'absence de regards croisés est dommageable. Prétendre avoir été peu convaincu, comme il le dit lui même, révèle un manque de clairvoyance quand on voit la qualité des samples de Fuzati et l'inventivité de TTC grâce notamment à ParaOne et Tacteel. Il souligne aussi que Fuzati n'est pas écoutable sur un CD entier alors que c'est justement tout l'intérêt (ses albums sont conçus pour ça).

  • Fuzati est-il vraiment si nihiliste ? Il insiste gravement pour dire que toute la mouvance est plutôt artificielle sans vraiment collectif et liens d'amitié alors qu'il a lui même fondé le Klub des 7 qui est sans doute une des plus belles aventures collectives de rap. Ne manque-t-il pas de lucidité ? ... à moins que ses exigences soient si élevées qu'il a été fatalement déçu (cf. extrait de live révélateur)

  • Quelle vérité derrière la tragédie vécue par le Klub des 7 ? il en est tout de même sorti un album exceptionnel, la classe de musique, qui se joue du drame qui a sévi, en particulier avec L'Ecole est finie. Cet album est honteusement introuvable dans le commerce mais reste dispo sur le net.

  • James Delleck est-il si obsédé par la reconnaissance ? est-il si gêné qu'on le trouve bizarre ? Il revient beaucoup sur cette préoccupation sans qu'on comprenne trop pourquoi, d'autant qu'il est l'acteur d'une séquence d'une poésie absolue, seul en scène invitant les quelques rares personnes du public à venir exalter avec lui sur scène. Cette bizarrerie t'honore James.

  • Pourquoi Gérard Baste est il si dur avec lui même et le mouvement ? Pourquoi trouver un problème à faire parler de soi dans un encart de magazine de rock ? Mais c'est génial mec, tu dépasses les étiquettes (réveille le punk mec).

  • le groupe DSL est-il si désolé que ça ?

Toujours est-il que, sans doute en raison de l'opposition de Fuzati, la distribution du docu "Un jour peut être" a été limité au web. Cela en fait un objet atypique, une perle d'internet introuvable dans les circuits de distribution classiques, à l'instar de "La Classe Américaine" de Dominique Mezerette et Michel Hazanivicius (vous savez, ce long métrage auquel notre site web fait vaguement référence). Ce n'est pas plus mal.

Au final, malgré ces interrogations sur le montage, ces clashs divers, cette rétrospection un peu sévère... peut-être qu'il reste des perspectives, de nouvelles choses à venir... sur une musique que je trouve très bien choisie, le docu conclut lui-même en précisant que "tous les acteurs poursuivent leur carrière". Par exemple, Fuzati s'est lancé de son côté dans des reprises jazzy tout à fait excellentes de ses propres morceaux. Gérard Baste continue son chemin à la sortie des écoles avec son rap de Papa... étonnant.

Pour citer le philosophe et néanmoins rappeur Sami Naceri, peut être qu'il y aurait une seconde chance ? ... Un jour peut être.
Kylord @ 30/12/16
 
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