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  Bernard Werber ou l'art de susciter 1 
Oui, Bernard Werber, ce mégalo en puissance, suscite. Pas de mauvais jeu de mots je vous prie, c'est un site de grand standing ici. Evitons grossièretés et vulgarités, c'est pas le genre de la maison.

Bernard Werber, donc, suscite la curiosité. C'est un fait.
Il est de ces écrivains qui trouvent leur salut dans le caractère élitiste latent de la culture en France. A savoir qu'à lecture, on associe bien souvent "il va falloir que tu te fasses chier à lire plein de trucs emmerdants au possible, c'est ça la lecture mon coco". Etonnant après coup de constater comme il y a un rejet de tout ce qui s'apparente à de la lecture, certes assez crétin puisque s'accordant à tout mettre dans le même sac.

Ces lieux communs étant dits, nous pouvons dire que Bernard Werber, avec une écriture très spontanée mais aussi une façon d'aborder tout un tas de sujets très variés au feeling, a su, à partir de là, récolter un succès populaire assez ouf (et bizarrement il n'a su susciter qu'un amour mitigé de la critique). D'autant plus qu'il s'attache à parler de ce qui bizarrement fait écho : l'espèce humaine avec ce gentil recul qui lui est propre, plein de candeur et de compassion (voire, certes, de naïveté).

Une des autres qualités de Bernard Werber, c'est aussi de susciter le plaisir. Celui qui transpire son écriture est assez communicatif ; ce qui rend la lecture d'autant plus agréable. C'est simple, quand on le lit, on le sent kiffer. Mais ce qui fait sa force, son écriture légère, son survol des thèmes en fait aussi sa faiblesse. Les personnages, servant de prétexte, manquent de complexité et souvent on ne s'y attache guère. On a du mal à les sentir concernés par une histoire que nous-même sommes invités à survoler.

Bernard Werber dans sa grande stratégie de diversification des activités, s'est depuis peu attaqué à la BD, en tant que scénariste évidemment. Il s'est ainsi adjoint les services d'un dessinateur, Eric Puech, dont nous pouvons sans crainte affirmer que ce n'est pas un manchot (avec un certain talent qu'on pourra juger insuffisamment inexploité pour « ambiancer » les scènes). Les enfants d'Eve, telle est la dernière production en date de ce duo. Alors à nouveau, nous voilà dans une histoire qui prend à parti un héros (en l'occurrence une héroïne) pour la confronter au destin de l'humanité. On s'y retrouve. Le postulat de départ quant à lui semble relever d'un fantasme partagé (ou alors d'un cauchemar faut voir) : suite à un foutage sur la gueule mondial et multilatéral, seuls les membres femelles de l'espèce ont survécu. Après l'apocalypse, les amazones qui constituent le reste de l'humanité se retrouvent donc toutes à moitié déshabillées dans des décors idylliques, deux trois indices qui tendent plutôt à nous faire penser qu'il s'agit là d'un fantasme. On se rappellera à ce sujet le clip de Ghinzu (et non pas de Guzo Guzo), « do you read me », qui met en scène le même genre de fiction (sauf que là, trop pas de bol, quatre mecs, les membres du groupe, ont survécu).

Bernard Werber dont on ne cesse de vanter l'imagination ne se fait pas plus chier que ça dans la composition de ses idées. Il ne fait finalement que mettre en application des conneries qui peuvent lui passer par la tête, en tachant de rendre ça crédible (dans le sens qu'on peut y croire, pas vraiment dans le sens que ça puisse être acceptable dans la réalité vraie). Genre ça se passe comme ça au début :
- T'imagines, vieux, t'aurais un monde avec plus que des femmes de partout. Plus un seul mec !
- Arg le cauchemar.
- Mais non délire ! Les hommes se seraient tous bousillés la gueule à l'arme nucléaire, et grâce à un procédé de reproduction révolutionnaire seules les femmes auraient survécu.
- Ah ouais.
- Mais ouais ! Et tiens j'ai une autre idée ! Et si les fourmis c'était une civilisation miniature hyper consciente en passe de devenir les maîtres de l'univers à l'insu des êtres humains.
- Hébé.
- Hey ! Et si on parlait de gens qui partiraient à l'exploration de la mort ! Tu sais un peu comme les explorateurs des amériques ! mais là ça serait le territoire de la mort qui serait à découvrir ! Putain ouais ça serait trop cool (NDLR : Bernard Werber n'est peut être pas aussi grossier que le rédacteur de cet article le laisse penser).
- Bin bon dieu.
Pour l'instant, seul le premier tome des enfants d'Eve est disponible, chose d'autant plus dommageable qu'il ne fait que mettre en place le contexte de l'histoire (d'où son titre, « la genèse », ça se tient pas mal). Chose intéressante, c'est que dans son souci de présenter de nouveaux concepts à chacune de ses productions, Bernard Werber nous évoque ici le dualisme, notion seulement effleurée dans ce premier tome (ne s'agit il que du dualisme sexuel ou bien ?).
Cette problématique semble hanter notre époque moderne puisque, coïncidence, une de mes lectures actuelles est une étude sur le sujet, « XY, de l'identité masculine », qui met en exergue la nature de la différenciation sexuelle, donc, du dualisme (interpellant, nécepa).
Kylord @ 16/08/05
 
 
Kylord

10/10/05
Considérant - et à juste titre - qu'un article dédié aux Enfants d'Eve sur MdM était une consécration en soi, Bernard Werber a décidé de lancer un projet d'adaptation de la bd en série d'épisodes de 52 minutes sur france 2.
Ca peut être marrant (mais on sait pas encore à quel degré).

 
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