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  Un bouquin passé au scanner 10 
Les adaptations de bouquin au ciné, c’est toujours des grands moments de discussion qui débouchent inévitablement sur « ah ouais mais stu veux ça sera jamais aussi bien que lire le livre quoi ». Tout le monde sera d’accord là dessus et pourtant personne ne l’aura lu, le livre. Un seul obscur individu l’aura réellement lu (ce qu'il n'oubliera pas de mentionner), l’autre rigolo en prétendant autant n’aura en fait lu que le 4ème de couverture (ce qui ne l’empêchera pas d’insister sur ce fait).

C’est pas qu’on a pas envie de lire les bouquins, c’est juste qu’on pas le temps. On a tellement de choses importantes à faire. Un acte politique courageux et d’utilité publique serait de réduire les bouquins à leur 4ème de couverture. Hé oui n’est ce pas une idée de génie, pourquoi personne n’y a pensé avant.

Bien, maintenant que nous avons bien tourné autour du pot et avons découragé tous les aficionados de l’efficacité textuelle, parlons du sujet de la news : A Scanner Darkly, l’adaptation impressionnante de Substance Mort de Philip K. Dick. Si vous avez la chance d’être à moins de 300 km d’une des deux salles diffusant le film en France, faites vous plaisir, allez le voir. Non vraiment, c’est dans votre intérêt.

A Scanner Darkly est présenté comme un film d’animation car usant d’un procédé bien trouvé pour le coup : le « rotoscoping ». Cette technique consiste, après avoir tourné le film dans les conditions classiques, à entièrement revisiter son aspect visuel pour donner une dimension mi-bd mi-réel à l’image. Dans les faits, cela se traduit par une impression bizarre dans l’interprétation de l’image. Malgré soi, on a parfois la sensation de percevoir une photographie du réel alors même qu’on baignait dans une imagerie clairement surréaliste dans le plan précédant. Ce doute visuel permanent colle diablement bien à l’ambiance. Si vous pensez que c’est de la connerie de journaliste tout ça, détrompez vous, je croyais ça aussi.

Quant à l’adaptation, elle est très précise. Toutes les scènes clefs sont là et le parti pris est incroyablement proche de celui de K. dick. S’il y a une approche esthétique personnelle claire du réalisateur, sa vision se fond complètement avec celle de l’auteur. Ainsi, on retrouve dans A Scanner Darkly les grands traits récurrents de K. Dick présents dans Substance Mort : la perte de prise avec le réel, la paranoïa exacerbée mais aussi la délicieuse dérision à travers les tribulations des junkies.

Il s’agit ici de suivre les déboires d’un agent des stups en infiltration et cela, dans la dimension « psychique » chère à K. Dick. L’idée n’est pas, comme bien souvent on le montre, de voir un type qui se sent perdu parce que, voilà, toutes les 30 minutes il prend une pilule alors, voilà, cet acte serait bien suffisant pour expliquer tout le désarroi de l’individu. Là, au contraire, la drogue en elle-même n’est pas si présente alors pourtant même qu’elle est dans le cœur du sujet.

A ce niveau comme à tous les autres, le film respecte avec une justesse hallucinante le bouquin. Si vous l’avez lu, je vais vous faire une révélation : c’est ballot mais vous ne serez jamais surpris par l’histoire. J’irai même plus loin (au moins jusque là) : l’adaptation est si bien faite qu’il se pourrait bien que vous vous trouviez face aux scènes exactement comme vous les aviez imaginé. Je dois dire que j’étais pour ma part sur le cul. Exemple : le personnage facétieux qu’est Barris était incroyablement ressemblant avec ce que j’en avais projeté. C’était stupéfiant. C’est l’occasion de souligner que les acteurs sont balaises : Robert Downey Jr est ultime dans le rôle de Barris, mais Winona Ryder n’est pas mal non plus dans celui de Donna Hawthorne (et n’est pas brune ! c’est sans doute la plus grande largesse prise avec le scénario original).

C’est à ce moment là que dans le rôle principal on retrouve... Keanu Reeves. C’est dingue ça. Comment fait il. Bon, il n’est pas mauvais. Heureusement, sinon j’aurais du mettre un contrat sur sa tête et j’aime pas avoir à employer ce genre de moyen. La violence, c’est comme le racisme, c’est vraiment pas bien. Mais pourquoi être allé chercher ce grand type carré pour incarner un homme dont les repères partent en vrille ? C’est un peu embêtant car parfois il joue Neo alors que, hého, t’as changé de film coco. Bon bah c’est ce qu’on mettra dans notre petite liste des pas super top bien.

Enfin... cela n’empêche pas de replonger dans l’univers de Substance Mort sans l’impression d’avoir été dupé. Jamais je n’aurais pensé qu’on puisse donner aussi bien corps aux combinaisons de camouflage d’identité décrites par K. Dick (j’avoue y avoir même plus cru dans le film que dans le bouquin). Jamais je n’aurais pensé que cette adaptation allait garder la démarche de K. Dick à savoir celle susceptible de perturber le spectateur routinier : le film n’en rajoute jamais dans la forme, comme le livre. Il laisse l’entière liberté au spectateur de mesurer la valeur de ce qui se passe à l’écran. C’est un des grands plaisirs lorsqu’on lit du K. Dick. Et là, on le retrouve ce plaisir, ce déroutement qui peut aussi parfois faire perdre le fil.

L’adaptation est si vraie qu’elle débouche sur le même épilogue que le livre. Dans une salle de cinéma, ça fait bizarre. Surtout dans un UGC. Rien que pour ça, ce film est déjà génial.
Kylord @ 07/10/06
 
 
Mike
page web

07/10/06
J'ai vu le flim récemment dans la seule salle de Paris qui le projette. je n'avais pas lu le livre mais j'ai été comme qui dirait avalé tout cru par l'atmosphère fantasmagorique (tu ne sais pas ce que veux dire fantasmagorique? moi non plus) de cette oeuvre en marge de tout. Vraiment bien (palme de la critique la plus élaborée du monde).

Bravo à MDM pour être une nouvelle fois sur le coup, c'est du journalisme total.


 
funky banana

14/10/06
Ce flim ne passant malheureusement plus par chez moi (les joies de la province), j'ai du me résoudre à aller voir un autre flim, et grand bien l'en a fait car le flim en question était très bien : il s'agit de "Thank You For Smoking". Le (anti-)héros est un lobbyiste de l'industrie du tabac, qui arrive à persuader tous les camarades de classe de son fils à essayer la cigarette et dont les seuls amis sont une lobbyiste de l'alcool, et son alter ego pour les armes à feu. C'est extrement cynique et ça m'a fait beaucoup rire, je vous le conseille.


 
kylord

15/10/06
ah mais y'a une scientologue dans le casting de "thank you for smoking" !


hmmmm......

j'ai comme une sensation de déjà vu... genre comme là : http://monde-de-merde.net/comment.php?id_news=78#c2626

non mais si c'est ça, mdm va finir par envoyer un envoyé spécial dans une salle de thank you for smoking pour faire un état des lieux.


 
funky banana

16/10/06
Ah oui zut... Je mériterais punition pour un tel manquement, ce cruel oubli est difficilement pardonnable. Et il est vrai que katie Holmes est a l'affiche de ce flim, mais je ne sais pas si elle est devenu scientologue, à la reduction de MdM de remonter mon niveau de connaissance en potins ^^


 
kylord

17/10/06
la réduction de Mdm ? hoho mais, c'est ça, marrez vous !
Vous verrez quand des petits Tom cruise (vraiment très petits du coup) viendront vous harceler jour et nuit pour vous ordonner de vous plier au grand tout scientologue. Là vous direz "ptain à MdM, ils savaient". Et nous on était là, insousciant, en train de regarder des vidéos de mario. Je pense pas qu'on puisse parler de "potins" quand l'avenir du monde est en jeu. Méfiez vous des fanachistes ! Ouvrez les yeux !


 
funky banana

17/10/06
Quand on voit les flim des scientologue (battlefield earth tiré du livre du grand gourou avec John Travolta par exemple), c'est vrai qu'il y a de quoi avoir peur. Au moins on est sur qu'ils n'aurons pas le prix Goncourt...


 
kylord

19/10/06
et pour tout savoir sur la scientologie, je ne saurais que trop vous conseiller l'épisode "Piégé dans le placard" de la saison 9 de South Park. J'en profite pour glisser un potin de scientologue : Isaac Hayes (l'interpréte de chef dans la VO, c'est à dire la voix de la soul, oh yeah) aurait quitté la série suite à cet épisode parce que "tin merde quoi, pas cool avec les scientologues ça" . Méfiez vous des fanachistes ! Ouvrez les yeux !

Je profite aussi de ce commentaire (d'aucuns pourraient me trouver opportuniste) pour me faire le porte parole de MdM au sujet de South Park : nous ne nous arrètons évidement pas au buzz particulier qu'a généré cet épisode. Un jour, nous ferons l'analyse de cette série inqualifiable au travers d'un dossier de 23 pages (et demi). Nous pourrons notamment mettre en exergue toute la profondeur et l'ambiguité des rapports existants entre monsieur Croa et le personnage récurrent Eric Cartman.


 
Mike
page web

20/10/06
Les auteurs de South Park ont d'ailleurs réagit assez violement au propos d'Isaac Hayes sur cet épisode qu'il considérait intolérant et scandaleux:

"South Park" co-creator Matt Stone responded sharply in an interview with The Associated Press Monday, saying, "This is 100 percent having to do with his faith of Scientology... He has no problem -- and he's cashed plenty of checks -- with our show making fun of Christians."

Stone told The AP he and co-creator Trey Parker "never heard a peep out of Isaac in any way until we did Scientology. He wants a different standard for religions other than his own, and to me, that is where intolerance and bigotry begin."


 
kylord

20/10/06
je me permets de donner la traduction de ces propos (c'est mon côté service public) :

Matt Stone, le co créateur de South Park a répondu avec véhémence dans un interview donné aux Journalistes Associés du Lundi, en disant : "C'est complètement lié à sa foi dans la scientologie ces conneries.... Il n'avait pas de problème avec la série (notamment au passage il a tiré un max de tunes) quand elle se foutait copieusement de la gueule des chrétiens."

Stone a dit aussi aux Journalistes Associés que lui et son pote Trey Parker "n'avaient jamais entendu ce con d'isacc jusqu'à ce qu'on cause de scientologie. Il veut qu'on traite différement sa religion de merde des autres religion, et pour ma part, je trouve que c'est super pas tolérant. Et c'est pas bien d'être intolérant."


 
funky banana

21/10/06
C'est de la traduction de service public en effet ^^ Il était un peu moins vulgaire en vrai tout de même, même si l'idée y est. Enfin jsuis assez mal placé pour donner des cours d'anglais donc je vais m'abstenir dorenavant.

 
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